Le Brésil se lance dans le forage pétrolier en eaux profondes - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 02/09/2009 à 13h15 par Tanka.


LE BRÉSIL SE LANCE DANS LE FORAGE PÉTROLIER EN EAUX PROFONDES

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Le Brésil se lance dans le forage pétrolier en eaux profondes

Information sélectionnée par Tanka.

Le président Lula va créer ­un «Fonds social» pour recueillir les dividendes des gigantesques gisements qui seront exploités par Petrobras au large des côtes brésiliennes.

Après quatorze mois de débats, le gouvernement brésilien vient de faire connaître la nouvelle réglementation concernant l'exploration de pétrole, réaffirmant le rôle de l'État au détriment des multinationales étrangères. Une décision saluée avec emphase par le président Luiz Ignacio Lula da Silva, pour lequel cette décision, prise lundi, marque «le nouveau jour de l'indépendance brésilienne».

C'est la découverte, fin 2007, de gigantesques gisements au large des côtes sud-est du pays, qui a poussé le gouvernement à changer les règles. Jusqu'alors, le régime était celui de la concession, distribuée aux termes d'appels d'offres. Les entreprises prenaient le risque d'explorer, et lorsqu'elles trouvaient du pétrole, elles en étaient propriétaires et le vendaient à leur guise.

«Il aurait été totalement scandaleux de garder ce système, cela reviendrait à faire cadeau aux multinationales des richesses brésiliennes, alors même que c'est Petrobras qui a tout découvert», estime Paulo Metri, chercheur spécialiste des questions pétrolières à la Fédération brésilienne des ingénieurs. C'est en effet la compagnie brésilienne, contrôlée par l'État (bien qu'ayant ouvert son capital au public), qui a mis au point un savoir-faire capable d'extraire du pétrole des entrailles de la terre. Les nouveaux gisements, qui s'étalent sur 800 kilomètres, se trouvent à plus de 200 kilomètres de la côte. Enfoui entre 5 000 et 7 000 mètres sous la mer, le pétrole est retenu par une couche de sel dont l'épaisseur atteint 2 000 mètres, d'où le nom de pétrole «pré-sel». Un «cadeau» aux autres compagnies était d'autant moins envisageable aux yeux du gouvernement qu'il n'y a plus aucun risque : pratiquement 100 % des perforations dans cette zone ont été couronnées de succès. Selon les spécialistes, les gisements devraient receler entre 60 et 100 milliards de barils de pétrole et de gaz naturel, projetant le Brésil, aujourd'hui à la tête de réserves prouvées d'environ 14,4 milliards de barils, parmi les principaux producteurs mondiaux d'or noir.

Le plan de Lula se divise en trois étapes. Tout d'abord, le système de concessions est éliminé. Le gouvernement reste seul propriétaire du pétrole en eaux profondes avec Petrobras comme opérateur privilégié. L'entreprise pourra se voir confier par l'État l'exploitation de blocs sans appels d'offres, ou s'associer à des compagnies étrangères, en gardant toujours au moins 30 % des parts. Le plan prévoit également l'injection de quelque 50 milliards de dollars dans la compagnie, pour consolider son contrôle par l'État qui possède aujourd'hui 55 % de son capital. Deuxième décision : une nouvelle entreprise publique, Petrosal, sera créée pour gérer ces réserves. Enfin, un «Fonds social» sera lancé, dans lequel seront placés les bénéfices qui reviennent à l'État fédéral. Estimant que ce pétrole constitue un «passeport pour l'avenir», Lula a fait savoir que cet argent sera destiné en priorité à l'éducation, l'innovation scientifique et la lutte contre la pauvreté. Une nécessité, selon Lula, pour que ces découvertes ne se transforment pas en «héritage maudit».

Un partage équitable

Le texte de loi vient d'être envoyé au Congrès en urgence et soumis à son approbation dans un délai de 90 jours. Elles ont suscité des réactions irritées des multinationales étrangères qui s'estiment lésées ainsi que des inquiétudes sur les capacités financières de Petrobras à faire face à un tel défi. L'action du groupe pétrolier a d'ailleurs chuté de 4,5 % mardi.

Soucieux de faire passer la loi au plus vite, le chef de l'État a décidé de laisser de côté un autre aspect polémique de la réforme, celui de la distribution des dividendes du pétrole, qui pour l'heure profite aux trois États pétroliers (Rio de Janeiro, Sao Paulo et Espirito Santo). Lula était en faveur d'un partage équitable, les gouverneurs des trois États n'ont rien voulu savoir.