Le Brésil affiche une politique volontariste sur le climat - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 27/11/2009 à 17h34 par Jacques.


LE BRÉSIL AFFICHE UNE POLITIQUE VOLONTARISTE SUR LE CLIMAT

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Le Brésil affiche une politique volontariste sur le climat

Information sélectionnée par Jacques

Le Brésil se place résolument en pointe dans la lutte contre le réchauffement climatique. Assumant désormais avec fierté un rôle de leader parmi les pays du Sud, le président Lula veut arriver à Copenhague avec en poche un texte ayant force de loi, gage de sa volonté politique.

Il y a un an, le Brésil avait annoncé un "Plan national sur les changements climatiques" où il s'engageait à réduire "de manière soutenue" la déforestation. Cette promesse n'était assortie d'aucune date. Cette relative timidité avait plusieurs causes. Le lobby de l'agrobusiness, influent à Brasilia et amplement soutenu par le ministère de l'agriculture, exerçait des pressions hostiles à toute mesure trop contraignante pour les producteurs agricoles et les éleveurs.

Dilma Rousseff, chef de la maison civile - sorte de premier ministre officieux - et future candidate du parti de Lula, craignait que des objectifs environnementaux chiffrés et datés n'entravent, en pleine crise, le plan pluriannuel "d'accélération de la croissance", un ensemble de grands travaux d'infrastructure, dotés de 290 milliards de dollars (194,2 milliards d'euros), dont elle a la charge.

Au fil de l'année 2009, les esprits ont évolué. Après six mois de récession, le Brésil est sorti de la crise, indemne et le moral au beau fixe. L'approche de Copenhague a hâté la réflexion. En juillet 2009, lors d'une réunion des pays émergents en marge du G8 de L'Aquila, le Brésil avait semblé cautionner la position chinoise qui consiste à renvoyer le blâme sur les pays industrialisés du Nord, pollueurs historiques, et à refuser, de ce fait, de s'associer à leurs efforts pour réduire les effets du réchauffement.

La nouvelle politique brésilienne en matière d'environnement, annoncée le 13 novembre, marque une vraie rupture.

Le Brésil promet ce que ni la Chine, ni l'Inde ni la Russie - les autres BRIC - ne semblent prêts à faire. Il prend "l'engagement volontaire" de réduire jusqu'à 39 % ses émissions de gaz à effet de serre par rapport aux prévisions de 2020. Il les limitera à 1,6 milliard de tonnes, au lieu des 2,7 milliards prévus si rien n'est fait, soit moins que les 2,1 milliards émis en 2005 - l'année record - et à peine plus que le 1,5 milliard rejeté en 1994. Le Brésil est considéré, selon les calculs, comme le quatrième ou le cinquième émetteur mondial de gaz à effet de serre en raison surtout des brûlis qui accompagnent la déforestation en Amazonie et provoquent, à eux seuls, quelque 60 % des rejets.

Le gros de l'effort brésilien portera sur la forêt, avec une réduction du déboisement de l'Amazonie de 80 % d'ici à 2020. Mais il concernera aussi les arbres de la savane, l'élevage, notamment dans les pâturages dégradés, l'usage des engrais, le recours aux biocarburants, le développement de l'hydroélectricité et des sources alternatives d'énergie, une sidérurgie plus propre.

Autre succès

Ces objectifs chiffrés ont été intégrés dans le "plan climat" que Lula souhaite voir adopté par le Congrès de Brasilia avant Copenhague. Il a demandé à cet effet que la procédure législative de navette entre les deux Chambres soit accélérée. La sénatrice Ideli Salvatti, rapporteur du projet, a promis de dire aux délégués américains à Copenhague : "Non seulement nous pouvons, mais nous avons fait", allusion au fameux "Yes, we can !" de Barack Obama.

A Copenhague, Lula pourra faire état d'un autre succès. Entre août 2008 et juillet 2009, le Brésil a enregistré la plus faible déforestation annuelle depuis la mise en place en 1988 d'un système de contrôle par satellite. La surface déboisée a baissé de 45 % par rapport à l'année précédente.

Chose rarissime, les engagements pris par Lula ont recueilli les louanges unanimes des politiques et des militants écologistes, de Greenpeace à l'ex-ministre de l'environnement, Marina Silva, elle aussi probable future candidate présidentielle sous la bannière du Parti vert. L'ambition proclamée par Lula reflète une prise de conscience des dangers du réchauffement, notamment pour le Brésil lui-même - que la presse évoque presque quotidiennement - et du fait que la protection de l'écosystème peut aller de pair avec le maintien d'une forte croissance.

La population évolue au diapason. Selon un récent sondage, les Brésiliens placent l'environnement au troisième rang de leurs préoccupations, derrière la criminalité et l'éducation.

Jean-Pierre Langellier

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

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