Le blé va-t-il chasser les animaux ? - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 29/01/2011 à 11h43 par Tanka.


LE BLÉ VA-T-IL CHASSER LES ANIMAUX ?

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
Le blé va-t-il chasser les animaux ?

Question soulevée à la conférence sur l'avenir de l'agriculture, à Ploufragan (1). Les céréales sont très chères et la viande est payée au ras des pâquerettes.

« À cause de la flambée des prix des céréales, les plus grandes exploitations se posent la question du maintien de leur activité d'élevage », s'inquiète René Louail, élu Europe Écologie ¯ Les Verts --¯ à la Région.

Avec 60 autres personnes, il a participé, jeudi, à la 6e et dernière conférence sur l'avenir de l'agriculture en Bretagne organisée par le Forum des savoirs au zoopôle de Ploufragan.

Olivier Allain, président de la Chambre d'agriculture des Côtes-d'Armor, partage cette crainte. « Le prix du blé a été multiplié par trois et, en plus, les zones de grandes cultures perçoivent des aides Pac pas vraiment utiles. En Bretagne, les élevages n'ont ni les prix, ni les aides publiques, ni la solidité de grandes structures. À un moment donné, on va dans le mur ».

Le recul de l'élevage pourrait satisfaire certains écologistes. Ils oublient que le retournement des prairies relarguerait beaucoup de carbone dans l'atmosphère. Pas la meilleure façon de lutter contre le réchauffement climatique. L'impact serait rude également pour l'emploi en agriculture, les grandes cultures nécessitant beaucoup moins de main-d'oeuvre, et dans les filières d'abattage et de transformation des viandes.

Ce scénario du pire ne sera peut-être pas écrit si les éleveurs arrivent à répercuter les hausses de leurs charges sur le produit final vendu au consommateur. C'est tout l'objet du combat mené actuellement par les éleveurs de porcs face à la grande distribution.

Face à la forte volatilité des prix des céréales, des engrais et des énergies, les agriculteurs doivent davantage anticiper les mouvements erratiques du marché. Pierre Guérin, coordinateur de l'association TerrEthique (1), pointe du doigt « la faiblesse de la veille économique » dans notre région.

Dans les Côtes-d'Armor, à peine 20 % des exploitants participent aux sessions de formation continue. « On fait beaucoup de pub autour et malgré, tout ça ne décolle pas », regrette Olivier Allain.

Protéger des terres

Outre la formation, l'avenir passe par la protection des terres. « L'agriculture française perd 230 ha par jour, rappelle Loïc Cauret, président de Lamballe Communauté. À Paimpol, les agriculteurs interpellent les élus car ils se demandent où ils pourront cultiver leurs légumes, au rythme où vont les constructions de lotissements et de routes ».

Autre sujet : la qualité. La Bretagne produit des denrées de qualité, mais manque de labels. « Il faudrait glisser un peu de la production vers le haut de gamme, estime Gilles Salvat, patron de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation de l'environnement et du travail) de Ploufragan. Mais on aura toujours besoin des volumes. »

(1) On peut retrouver l'intégralité des débats sur www.agriculturededemain.fr

(2) Terrethique.org Sur ce site, de nombreuses réflexions sur la place de l'agriculture et de l'alimentation en ce début de XXIe siècle.

Lance-toi! Deviens vite lanceur d'alerte. Rejoins ceux qui ont la rage!

Le site étrange qui dérange même les anges!





Auteur : Jean-Paul LOUÉDOC

Source : www.ouest-france.fr