Le bio plus cher à l'étal, moins pour la société - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 24/11/2009 à 06h43 par Michel95.

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Le bio plus cher à l'étal, moins pour la société

Information recueillie par Michel95

Le prix de ces produits est souvent supérieur à celui des produits traditionnels.

Sauf si l'on prenden compte le coût global pour la société : santé, environnement...

72 % plus cher en moyenne !

La récente enquête de Linéaires sur les prix des produits bio dans les grandes surfaces, concluant à un surcoût élevé (O.-F. 11 novembre), a fait l'effet, chez les fans du naturel, d'une attaque de pucerons cendrés dans un carré de choux.

Provocation ?

Non, simple constat, réalisé dans les règles de l'art, par l'équipe du magazine spécialisé.

Mais, au-delà du prix payé par le consommateur, il y a le coût global, pour la société, de tel ou tel type de production.

Et donc pour le consommateur, également contribuable.

C'est un sujet qu'a détaillé le Lorientais Lylian Le Goff, un médecin très impliqué dans la prévention sanitaire, dans un livre paru il y a deux ans sous le titre évocateur : « Manger bio, c'est pas du luxe » (1).

Premier constat, dressé également par la Fédération nationale d'agriculture biologique (Fnab), tous les agriculteurs ne sont pas égaux.

Même si les choses évoluent, les adeptes des gros rendements, souvent nourris d'engrais chimiques et soignés aux pesticides, concentrent encore l'essentiel des aides européennes.

Chez nous, 60 000 exploitations se partagent 80 % de la manne, souligne la Fnab.

Qui s'indigne, par exemple, de l'énorme écart de subvention ¯ jusqu'à 400 %, dit-elle ¯ entre le maïs irrigué et l'herbe des prairies naturelles ?

Du bio intensif ?

Et puis, il y a le prix écologique des produits, soulignent les promoteurs de l'alimentation bio.

C'est-à-dire le coût des dégâts collatéraux des nitrates et des pesticides (plus de 70 000 t en France, chaque année).

En matière d'environnement, bien sûr.

Mais aussi de santé : et d'abord celle des agriculteurs, comme vient de le confirmer une étude de la Mutualité sociale agricole (O.-F. du 14 novembre).

Conjuguer bio et économies nécessite de modifier ses habitudes alimentaires, martèle Lylian Le Goff.

Cela passe par les circuits courts, le rééquilibrage des menus (plus de protéines végétales, moins de viande), le retour aux fourneaux pour ne pas abuser des plats préparés, pas toujours terribles pour l'organisme et qui gonflent les dépenses de santé.

Un clou enfoncé par France Guillain, auteur de « Manger bio, c'est pas cher », sur le site Internet terraeco : « Continuer à se gaver de sodas et de chips, mais bio, n'a pas le moindre sens. »

Bref, cela demande des efforts.

Et du temps.

La France agricole, pionnière il y a quelques années, a pris du retard sur ses voisins : les surfaces bio peinent à dépasser les 2 % et à alimenter les grandes surfaces, alléchées par ce marché en développement où leurs marges sont plus confortables.

Un tournant redoutable pour les producteurs.

Certains s'interrogent : faire du bio de manière intensive, est-ce encore faire du bio ?

Des maraîchers des Pays de la Loire viennent de découvrir, estomaqués, une exploitation légumière bio géante en Allemagne : elle s'étend sur 600 ha, presque autant que les 720 ha cultivés en légumes bio dans leur Région !

Hervé BABONNEAU.

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

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