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Cette actualité a été publiée le 17/12/2009 à 09h13 par Tanka.


LE BELLA CENTER SE MUE EN FORTERESSE

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Le Bella Center se mue en forteresse

Information recueillie par Tanka.

Des organisations placées sur liste noire, les autres réduites à peau de chagrin, c'est ce que vivent les ONG réunies à Copenhague pour le sommet international sur le climat.

C'est à l'entrée du Bella Center qu'ils ont connu leur sort : refoulés. En passant le code de leur badge au détecteur, une ligne rouge est venue barrer le visage sur leur photo. Eux, ce sont des membres d'ONG de Via Campesina, un mouvement de paysan, d'Avaaz, une organisation citoyenne, ou encore de Friends of the Earth (les Amis de la Terre, version mondiale).

“Ils ont dit que les badges n'étaient plus valables et pourtant ce sont les mêmes qu'hier. Puis, ils ont dit qu'il y avait trop de monde dans le Bella Center. Avant d'avancer finalement que notre organisation avait reçu trop d'accréditations au départ. Ils n'ont évoqué que des raisons techniques qui ne tiennent pas la route”, rapporte Sébastien Godinot, chargé de campagne pour les Amis de la Terre. La vraie raison selon lui ? La frilosité des organisateurs, soucieux d'éviter les débordements. Or, lundi et mardi, Friends of the Earth avaient organisé des “happenings” dans le coeur du Bella Center sans autorisation des Nations Unies. “C'étaient des actions symboliques, des gens en panchos bleus qui frappaient dans leurs mains. Il y en a eu bien d'autres comme celle-là”, se défend Sébastien Godinot. Même sort pour Avaaz qui décerne depuis une semaine la palme du cancre climatique, organise des défilés d'arbres en révolte ou des lie-ins devant les salles de conférences.

Révoltées les organisations ont improvisé un sit-in dans le hall du Bella Center et provoqué la venue d'Yvo de Boer, le grand patron de l'événement. “Il a proposé 12 places aux 90 personnes présentes. Il y a eu un vote et l'option a été refusée. Tout le monde rentrait ou personne”, rapporte M. Godillot. Les militants ont reflué vers la ville. Mais sont bien déterminés à revenir demain.

Plus que 90 représentants

Sauf que demain, les choses risquent de se compliquer encore. Avec l'arrivée des chefs d'État, les mailles du filet de sécurité se resserrent. Dès ce matin, les ONG avaient vu leur effectif fondre de 70 à 80%. Elles ne devraient plus compter vendredi, au terme de la conférence, que 90 représentants. Bien loin des 22 000 têtes du départ. “C'est habituel dans les COP qu'ils réduisent le nombre de participants mais pas de manière aussi brutale. C'est juste ridicule”, s'énerve Sébastien Godillot. “Ils veulent s'enfermer en huis clos pour faire leurs affaires. C'est une mascarade démocratique”, s'étrangle à son tour Josie Riffaud, de Via Campesina.

Au comptoir de l'ONU réservé aux relations presse, on souligne que le centre n'est pas extensible et que les négociateurs et les observateurs de l'ONU doivent rentrer en priorité. “Les ONG sont importantes mais ce n'est pas elles qui négocient”, souligne-t-on. Quelle est la méthode utilisée pour distribuer les derniers sésames ? Quel en sera le nombre précis ? On attend encore la parution d'un énième document officiel pour en savoir plus, la fameuse “note aux correspondants N°5”. Pendant ce temps, la rumeur circule avec une note d'optimisme : “Les ONG pourraient disposer de 400 représentants”, avance prudemment Karine Gavand de Greenpeace.

Un centre alternatif

Et pour les autres ? Les Nations Unies annonçaient avoir ouvert une salle de conférence alternative pour les ONG à l'ouest du centre ville. Pas question pour certaines ONG de se laisser balader de la sorte. Vers 17h, un groupe d'une trentaine de jeunes militants élisait domicile sous "la verrière, l'immense salle qui traverse le Bella Center. Devant eux, une armée de journalistes, appareils photos et caméras au poing, immortalisaient la scène. “Nous ne bougerons pas d'ici avant d'avoir obtenu un accord ambitieux et juste, affirmait Josh Sobnick, de la délégation des jeunes britanniques. Au départ, nous étions 23, aujourd'hui, nous sommes 4 et demain, nous sommes interdits d'entrée.” A 20h, ils n'étaient plus qu'une quinzaine à brandir des pancartes devant les yeux indifférents des passants.

Karine Le Loët

source

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