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Cette actualité a été publiée le 13/01/2011 à 18h25 par Tanka.


LE BAGUAGE DES MANCHOTS MENACE LEUR SURVIE

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Le baguage des manchots menace leur survie

Une équipe de chercheurs pilotée par Yvon Le Maho, chercheur CNRS à l'Institut pluridisciplinaire Hubert Curien (CNRS / Université de Strasbourg) et membre de l'Académie des Sciences, vient de jeter un pavé dans la mare des expéditions polaires.

Leur étude démontre que, sur dix ans, des manchots bagués à l'aileron ont un taux de survie de 16 % inférieur à leurs congénères non bagués et que cette bague réduit de 39% leur succès reproducteur.

Le baguage cause des blessures et gêne la nage
Ces résultats ont été obtenus grâce au suivi électronique de cent manchots royaux sur l'Ile de la Possession dans les Terres Australes.

L'explication tient au fait que ce baguage cause des blessures à l'aileron ou bien provoque un surcoût énergétique de la nage ou de la pêche, lié à la gêne hydrodynamique engendrée au niveau des ailerons grâce auxquels les manchots se propulsent.

Les manchots bagués sont handicapés quand la météo n'est pas favorable
Autre résultat capital : les manchots bagués ne réagissent pas de la même manière que les manchots non bagués à la variabilité climatique (température de la mer principalement).

« En période favorable, quand la température de la mer est basse et les ressources alimentaires abondantes, il n'y a quasiment pas de différence entre les animaux bagués et non bagués », précise Claire Saraux, premier auteur de cet article.

« En revanche, lorsque la température de la mer est plus élevée, les manchots doivent aller plus loin pour trouver leur nourriture, les oiseaux bagués restent alors plus longtemps en mer. »

Du point de vue éthique, cette étude remet en question les nombreuses campagnes de baguage de manchots qui perdurent.

Par principe de précaution, les chercheurs français ne baguent plus les manchots depuis les années 90.

Le baguage a biaisé les résultats des études précédentes
Par ailleurs, comme les manchots bagués et les manchots non bagués ne réagissent pas de la même manière aux changements de température de la mer, cette étude prouve que le baguage à l'aileron introduit un biais important à l'étude de l'effet du climat sur la dynamique de population des manchots.

Puisque largement basé sur des données obtenues à partir du baguage, l'ensemble de nos connaissances concernant cet effet doit donc être considéré avec prudence, estiment les chercheurs.

Soutenus par l'Institut polaire français Paul-Émile Victor, ces travaux ont été menés en collaboration avec les universités norvégiennes d'Oslo et de Tromsø, la station biologique de la Tour du Valat et le Muséum national d'Histoire naturelle.

Ils sont publiés le 13 janvier dans la revue Nature dont ils font la couverture.

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Auteur : lesinfosvertes.hautetfort.com

Source : lesinfosvertes.hautetfort.com