Langage : des singes plus bavards que rieurs ? - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 15/07/2011 à 20h18 par Kannie.


LANGAGE : DES SINGES PLUS BAVARDS QUE RIEURS ?

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Langage : des singes plus bavards que rieurs ?

 

Une étude menée en Côte d'Ivoire révèle que certains singes cercopithèques, les mones de Campbell, sont capables d'une communication vocale élaborée.

Parole aux primates

Ils sont français, écossais, ivoiriens et ont écouté deux années durant les cris d'une espèce de primates baptisée « mone de Campbell » (Cercopithecus campbelli campbelli) vivant dans le parc national de Taï, à l'ouest de la Côte d'Ivoire. Ce parc couvre 3 500 km2 et renferme l'une des dernières forêts primaires d'Afrique.

«Nous nous sommes tournés vers des espèces pour lesquelles la communication vocale est cruciale, explique Alban Lemasson, maître de conférence à l'université Rennes 1 au sein du Laboratoire d'éthologie animale et humaine (EthoS). Leur habitat, situé dans des zones forestières denses où la visibilité est particulièrement réduite, les oblige à communiquer par la voix.»

Les mones de Campbell

Les singes de l'espèce mone de Campbell (Cercopithecus campbelli campbelli) forment des petits harems d'environ dix primates, composés d'un mâle adulte, de plusieurs femelles adultes et de leurs descendants. Espèce forestière arboricole, ils vivent dans des forêts primaires où la végétation est dense et la visibilité faible.

Six cris pour mieux s'entendre

Installés dans la station de recherche « Taï Monkey project », les scientifiques se sont concentrés sur les cris des mâles confrontés aux aléas de leur vie quotidienne : présence d'un prédateur, de singes voisins compétiteurs, chutes de branches, etc. «Nous avons pu vivre avec eux et évaluer au plus près le contexte d'émission des cris», précise Alban Lemasson.

Au total, six types de cris d'alarme ont été décryptés : Boom, Krak, Hok, Hok-oo, Krak-oo, et Wak-oo. «En les combinant, précise l'éthologue français, les mâles forment des séquences vocales dont l'organisation varie selon l'information à diffuser. Cette faculté à combiner les cris pourrait être apparue pour compenser une flexibilité vocale limitée.»

Feinter le sujet d'étude...

Pour arriver à cette conclusion, il a fallu user d'artifices. L'étude a prouvé que le mâle crie notamment dans un contexte de prédation mais, dans cette région d'Afrique, les prédateurs sont rares.

«En deux ans, nous n'avons croisé que trois léopards et onze aigles, ce qui est trop peu pour établir des statistiques fiables, rappelle le maître de conférence de l'université Rennes 1.

Nous avons donc, en parallèle, utilisé des maquettes comme des léopards empaillés, ou réalisé des expériences de simulation acoustique en diffusant par haut-parleurs le grognement du léopard ou le sifflement de l'aigle. Cette étude enrichie nous a permis de dresser un effectif de réactions plus important.»

... pour tenter de le comprendre

Plus encore, ces recherches contribuent au débat sur l'origine du langage humain. «Certains chercheurs estiment que la communication vocale chez le singe n'est pas un précurseur du langage humain mais peut être le précurseur du rire chez l'homme.

Pour nous, ajoute Alban Lemasson, l'habileté communicative que nous avons observée chez l'espèce mone de Campbell nous ferait plutôt penser qu'il s'agit d'un moyen de communication précurseur du langage humain et notamment de la syntaxe.»
 

Un article de Romain Lejeune, publié par Sciences Actualités

 

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Auteur : Romain Lejeune

Source : www.universcience.fr