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Cette actualité a été publiée le 23/10/2009 à 18h27 par Tanka.


LACQ : LA CHASSE AU C02 A COMMENCÉ

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Lacq : la chasse au C02 a commencé

Information receuillie par Tanka.

Sympa pour les générations futures !

Emprisonner du gaz carbonique dans un ancien réservoir de gaz naturel : tel est le pari ambitieux de Total dans le sud-ouest de la France.

Sans un guide, dans le dédale de couloirs de la tour Coupole, à la Défense, il est tout bonnement impossible de trouver le bureau de Manoelle Lepoutre. Nombreux, pourtant, sont ceux qui cherchent à approcher la directrice du développement durable et de l'environnement de Total. Le groupe pétrolier vient en effet de réussir un joli coup pour réduire l'impact de ses activités sur l'environnement. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : il s'agit d'effacer de la surface de la planète l'équivalent des rejets en gaz carbonique de 40 000 voitures pendant deux ans, soit 120 000 tonnes de ce même gaz.

Ce petit miracle, pour lequel Total a investi 60 millions d'euros, est la réalisation d'une idée qui a germé il y a dix ans. Injecter du CO2 dans les puits pour faciliter l'extraction du pétrole est monnaie courante depuis longtemps. Mais, face au réchauffement climatique, ingénieurs et scientifiques ont pensé adapter cette technique pour stocker définitivement le CO2 sous terre, dans des poches ou des puits vides. Le captage et le stockage géologique du gaz carbonique sont ainsi nés. Ils ont séduit les producteurs d'énergie, montrés du doigt comme de gros pollueurs. Pour le pétrolier Total, l'aubaine était d'autant plus grande qu'il maîtrisait les techniques de réinjection.

Restait à trouver où et comment adapter ce savoir-faire. Face à un tel projet, une usine à gaz était tout indiquée. «Les premières études ont eu lieu fin 2005, explique Manoelle Lepoutre, et, rapidement, le site de l'usine de Lacq a répondu à nos attentes. Depuis plus de cinquante ans, Total exploite là-bas du gaz naturel et nous avons une bonne connaissance des sous-sols.»

Si le site de Lacq est choisi pour lancer l'expérience pilote de Total, c'est aussi parce qu'il arrive en fin de vie et qu'il dispose d'infrastructures existantes, notamment des chaudières modifiables. «Sans être trop technique, il faut comprendre qu'un traitement classique des fumées pour en extraire le CO2 coûte cher et consomme beaucoup d'énergie. C'est un peu le serpent qui se mord la queue, détaille Manoelle Lepoutre.

Avec Air Liquide, qui a développé des brûleurs spécifiques, nous avons converti une chaudière classique en chaudière à oxycombustion. Au lieu d'utiliser de l'air, elle fonctionne à l'oxygène pur. Cela nous permet des concen trations de CO2 beaucoup plus importantes dans les fumées et une réduction des coûts notable.»

Voilà le secret. Le gaz carbo nique est ensuite nettoyé et déshydraté, comprimé pour être expédié par gazoduc jusqu'à un réservoir aujourd'hui vide, celui de Rousse. A 4 500 mètres de profondeur, celui-ci est constitué de roches poreuses qui ont la faculté de piéger le CO2 comme elles le faisaient avant pour le gaz naturel. «Au-dessus de ce réservoir, il y a une formation étanche d'argile qui garantit tout risque de migrations du gaz», rassure encore Manoelle Lepoutre. Malgré tout, un ensemble de capteurs contrôle la bonne tenue du site. Cette expérimentation de la première chaîne complète de captage et de stockage de CO2 industriel au monde vient juste de démarrer, mais elle pourra se décliner sur de nombreux sites industriels.

Beau joueur, Total fonctionne en toute transparence avec les scientifiques qui suivent avec attention l'initiative. Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), les technologies de captage et de stockage géologique de gaz carbonique pourraient concerner un tiers des émissions mon diales de CO2 en 2050. Une sacrée claque au réchauffement climatique.