La violence à l'école, l'UNICEF et la corrida. - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 12/04/2011 à 18h34 par Tanka.


LA VIOLENCE À L'ÉCOLE, L'UNICEF ET LA CORRIDA.

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La violence à l'école, l'UNICEF et la corrida.

 
L'Observatoire international de la violence à l'école, association française, a récemment rendu publique une enquête descriptive nationale sur la violence scolaire dans le cycle 3 de l'école élémentaire (8 - 10 ans) en France.
C'est une enquête particulièrement bienvenue et digne d'intérêt, car, avec la famille, l'école constitue un lieu privilégié où l'on peut repérer les racines de la violence.

L'UNICEF-France publie sur son site les résultats de cette enquête et leur synthèse.

Dans la synthèse, l'UNICEF-France conclut notamment « tout nous conduit à une préconisation massive : centrer la lutte contre la violence à l'école par une action en profondeur sur le harcèlement entre pairs est primordial. »
On ne saurait que souscrire à cette recommandation.

Cependant, on ne peut s'empêcher de garder à l'esprit que l'UNICEF-France participe à la promotion de la corrida en tenant chaque année un stand à la Féria des Enfants, manifestation qui, sous couvert de motifs écologiques et ludiques, accompagne la Féria de la Pentecôte de Nîmes et ses 11 corridas.

Ceci sous la houlette du Centre de Tauromachie Nîmois, l'école taurine de Nîmes, qui reçoit des enfants sans limite inférieure d'âge pour leur apprendre à devenir toreros. L'année dernière, en 2010, la présence de l'UNICEF était même associée au 20ème anniversaire de la signature de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant.

Quel rapport ?

La similitude structurale est évidente : dans le harcèlement à l'école comme dans la corrida, il s'agit de la maltraitance gratuite, pour le plaisir, d'une victime qui n'est pas en mesure de se défendre, par un ou plusieurs agresseurs, souvent avec la complicité de spectateurs.

Les défenseurs de la corrida ont à cet égard une réponse bien connue : « voyons, il n'y a pas de commune mesure entre un animal et un être humain. »
Malheureusement pour cette thèse, plusieurs études, réalisées dans plusieurs pays du monde, montrent précisément une relation entre les violences sur animaux et le harcèlement scolaire.

Une enquête italienne (Baldry, 2005), sur 268 écolières et 264 écoliers italiens âgés de 9 à 12 ans, montre chez les garçons une relation entre le fait d'avoir maltraité des animaux, et le fait d'avoir été soit auteur soit victime de harcèlement direct (physique ou verbal) ou indirect (rumeur ou mise à l'écart).
Une enquête américaine rétrospective (Henry & Sanders, 2007), sur 185 étudiants de sexe masculin, montre une relation entre le fait d'avoir maltraité des animaux à répétition, et le fait d'avoir été soit auteur soit victime de harcèlement physique ou verbal.

Une enquête australienne (Gullone & Robertson, 2008), sur 139 écolières et 102 écoliers australiens âgés de 12 à 16 ans, montre une relation entre le fait d'avoir été soit auteur soit témoin de mauvais traitements sur animaux, et le fait d'avoir été soit auteur soit victime de harcèlement.

Par ailleurs, plusieurs études, notamment de ces mêmes auteurs, mettent en évidence une relation entre le fait d'avoir assisté à des mauvais traitements envers les animaux, et le fait d'être soi-même l'auteur de mauvais traitements sur animaux (Baldry, 2003 ; Baldry, 2005 ; Gullone & Robertson, 2008 ; Henry, 2004a ; Henry, 2004b ; Hensley & Tallichet, 2005 ; Thompson & Gullone, 2006).

Bien entendu, la question de la violence est une question complexe, les liens de causalité sont délicats à établir, et les facteurs sont multiples et intriqués.

Mais ces données incitent à prendre au sérieux, à propos du "harcèlement entre pairs", les violences envers les animaux observées ou exercées par les enfants. Et l'inlassable argument tauromachique de la caution culturelle ne saurait suffire, surtout lorsqu'il s'agit d'un fait culturel aussi largement contesté que la corrida.

On peut donc se poser des questions quant à l'obstination de l'UNICEF-France à cautionner par sa présence la plus grosse féria de France, et son mépris vis à vis des personnes qui tentent d'attirer son attention sur cette question. Certains ont suggéré que cette attitude énigmatique pourrait s'expliquer par l'attribution d'avantages financiers, par le monde de la corrida, à l'antenne française de l'UNICEF, en échange de sa caution.

Je me garderai pour ma part d'avancer des hypothèses, et me contenterai d'observer la suite des événements.

Cette année, durant la Féria de la Pentecôte, à Nîmes, 66 taureaux seront suppliciés entre le 2 et le 13 juin 2011, avec accès gratuits pour les enfants de moins de 6 ans.

L'UNICEF-France tiendra-t-il à nouveau un stand à la Féria des Enfants qui accompagnera cette manifestation ?
 

Un article de Jean-Paul Richier, publié par lepost

 

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Auteur : Jean-Paul Richier

Source : www.lepost.fr