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Cette actualité a été publiée le 23/03/2012 à 11h48 par Tanka.


LA VIE SUR TERRE EST-ELLE VENUE DE L'ESPACE ?

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La vie sur Terre est-elle venue de l'espace ?

 
Personne n'a oublié les expériences historiques de Stanley Miller à Chicago en 1953 qui avait réussi à recréer en laboratoire les conditions de la "soupe primitive", qui existait sur Terre au moment de l'apparition de la vie, et qui avait montré que ces conditions étaient propices à la formation des acides aminés qui constituent les "briques" de base du vivant. Depuis cette date qui coïncidait d'ailleurs avec la découverte de la structure de l'ADN par Watson et Crick, la communauté scientifique n'a cessé de s'interroger sur la question fascinante de l'origine et de la nature de la vie.

La semaine dernière, une équipe franco-allemande regroupant des chercheurs de l'Institut de chimie de Nice (Université Nice Sophia Antipolis/CNRS) et de l'Institut d'astrophysique spatiale (CNRS/Université Paris-Sud) a publié une étude qui montre, dans une remarquable expérience, que les premières molécules constituant les "briques" de la vie peuvent se former spontanément dans les comètes.

Après avoir fabriqué une comète artificielle dans les conditions extrêmes qui règnent dans l'espace (-200°C et sous vide), les chercheurs ont regroupé sur un fragment de fluorure de magnésium (MgF2), des composés présents dans le vide interstellaire (eau, ammoniac (NH3) et méthanol (CH3OH)). Ils ont ensuite irradié cette "soupe" à l'aide d'un rayonnement ultraviolet (Voir le communiqué de presse du CNRS).

Deux semaines plus tard, la matière organique interstellaire ainsi obtenue a été analysée par les chercheurs (l'équipe d'Uwe Meierhenrich et de Cornelia Meinert) en utilisant un chromatographe multidimensionnel en phase gaz, une technologie de pointe dix fois plus sensible que les systèmes de détection traditionnels. Alors que, jusqu'à présent, seuls trois acides aminés avaient été mis en évidence dans ce type d'expérience, ils ont pu identifier vingt-six acides aminés, les éléments qui constituent les protéines, dans la comète artificielle.

Mais surtout, ils ont aussi découvert pour la première fois six acides diaminés, des molécules formées de deux groupes amines (-NH2), au lieu d'un seul pour les acides aminés classiques. Parmi ces molécules figure la N-(2-Aminoethyl) glycine qui est peut-être le composant majeur des premières molécules d'ADN terrestre : les molécules d'acide peptidique nucléique (APN).

Ces résultats confirment donc de manière éclatante que les premières "briques" moléculaires nécessaires à l'apparition de la vie ont bien pu se former dans les comètes et dans le vide interstellaire et "ensemencer" la Terre à l'occasion des chutes permanentes de météorites et de comètes. Ces résultats passionnants justifient largement la pertinence de la mission spatiale européenne « Rosetta » qui vise à faire atterrir en 2015 une sonde sur la comète Tchourioumov-Guerassimenko pour étudier la composition de son noyau.

Cette très belle découverte vient après plusieurs autres qui avaient déjà considérablement élargi et transformé notre approche de la vie. Début 2000, des chercheurs australiens avaient notamment découvert, dans le grès du fond des océans, des organismes vivants d'une taille extraordinairement petite, comprise entre 20 et 150 nanomètres (voir article de la lettre 82, rubrique biologie "Y-a-t-il une vie dans le nanomonde ?").

Fin 1999, une autre découverte réalisée par l'astronome Sun Kwok, de l'Université de Calgary, au Canada (voir article de la lettre 80, rubrique biologie "La chimie de la vie au coeur des étoiles") avait révélé, en mesurant le spectre de nombreuses étoiles à des stades de développement avancés que celles-ci synthétisaient des quantités importantes de molécules organiques en quelques milliers d'années seulement.

Ces molécules organiques qui constituent la base des sucres et des acides aminés étaient ensuite expulsées vers l'espace interstellaire et pouvaient alors entrer dans le processus de constitution de nouvelles planètes, provoquant ou favorisant l'apparition de la vie.

Il faut rappeler que l'idée même de la "soupe primitive" est très ancienne et que le grand Darwin l'avait déjà imaginée dès 1871. Dans les années 1920, deux biologistes, le Britannique John Haldane et le Russe Alexandre Oparine eurent également l'idée, indépendamment l'un de l'autre, que l'atmosphère primitive de la Terre avait pu favoriser l'apparition de molécules organiques qui se seraient ensuite complexifiées jusqu'à produire l'émergence des premiers être vivants monocellulaires. Mais à l'époque, ces chercheurs ne purent étayer leurs hypothèses par l'expérimentation.

C'est cette étape décisive qui fut magistralement franchie en 1953 par Stanley Miller, sous la direction d'Harold Urey (Prix Nobel de chimie 1934), qui avait construit un modèle d'atmosphère primitive basé sur le carbone et le méthane.

D'autres expériences réalisées en partenariat par le laboratoire d'Astrochimie du Ames Research Center de la NASA et le Département de Biochimie de l'Université de Santa Cruz Californie ont également montré que la formation des constituants primordiaux de la vie avait pu se dérouler dans les conditions hostiles de l'espace. Cette équipe de recherche menée par Louis Allamandola du Centre Ames avait réussi à provoquer la formation de composés biochimiques particuliers se présentant sous la forme de petites bulles similaires à des membranes cellulaires et permettant des échanges avec l'extérieur.

Ces résultats montraient donc que la vie avait très bien pu naître dans l'espace avant d'être apportée sur Terre par une météorite ou un astéroïde.
 

(...)

 
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Un article de René TRÉGOUËT, publié par RT flash
 

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Source : www.rtflash.fr