La vie d'un Africain contre un plein d'essence - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 30/07/2011 à 07h08 par Kannie.


LA VIE D'UN AFRICAIN CONTRE UN PLEIN D'ESSENCE

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La vie d'un Africain contre un plein d'essence

 

«Contrôlez le pétrole et vous contrôlerez les nations, contrôlez la nourriture et vous contrôlerez la population.» Ces mots d'Henry Kissinger cités par le professeur Michel Chossudovsky résument, mieux que mille discours, l´état des lieux du monde. En effet, cette devise est mise en oeuvre d´une façon magistrale. Le pétrole est sous contrôle et on dit, souvent : suivez les routes du pétrole pour voir où sont implantées les bases américaines. De plus, à travers la nourriture, on peut tenir en apnée des peuples entiers et les faire basculer, à volonté, dans la famine par bioéthanol interposé. [...]

Les nouvelles ruptures géo-agricoles

Les émeutes de la faim se rappellent d´une façon récurrente à notre bon souvenir, les pays du Sud dépendant, pour leur survie, d´un Nord opulent qui, à bien des égards, est responsable de ces malheurs. Certes, le Nord jette des miettes sous forme d´APD qui, malheureusement, demeure sans lendemain. Si on ajoute à cela l´hypocrisie des promesses du Millénaire (réduire de moitié la faim d´ici 2015), nous avons un tableau complet de la mise en scène des pays industrialisés, qui laissent en 2011, sur le bord de la route, un milliard de personnes menacées par la faim.

Pour éradiquer ce fléau, il suffirait de seulement 30 milliards de dollars par an. En comparaison, le budget militaire de base du Pentagone est de 533,7 milliards de dollars pour l´exercice 2010. Washington prévoit de vendre pour 46,1 milliards d´équipements et de services militaires, soit près de 50% de plus qu´en 2010. Par ailleurs, les institutions financières américaines ont distribué, pour l´année 2010, 144 milliards de dollars en seuls bonus, primes et stock-options à leurs dirigeants.

Parlant de l´instabilité des prix, devenue structurelle, Philippe Chalmin souligne le passage du stable à l´instable avec la fin des prix producteurs pour les métaux et des marchés agricoles organisés. La volatilité de ces marchés a, une fois de plus, participé à la révolte qui a balayé l´autre rive de la Méditerranée. La «mondialisation» s´est, de même, étendue à l´ensemble de la planète.

Mais la conscience du bouleversement n´est pas totale, estime Philippe Chalmin. {...] La situation est inquiétante pour les produits agricoles, avec des stocks de clôture en baisse, particulièrement pour le maïs. Des accidents climatiques majeurs auraient des conséquences catastrophiques, met-il en garde.

Responsables multiples : spéculation, agro-carburant etc.

Cette flambée des prix des matières premières, en général, et des produits alimentaires a connu une accélération ces dernières années. 2010 aura été l´année de toutes les hausses. Faiblesse du dollar, croissance chinoise, spéculation, raréfaction de l´offre, sont autant de facteurs qui tirent vers le haut le prix des matières premières. La part des spéculateurs sur les marchés alimentaires explique, en partie, la hausse continue des prix depuis l´été 2010. Les produits alimentaires sont devenus des actifs financiers comme les autres.

Difficile, également, de ne pas souligner le rôle des agrocarburants, qui ont détourné plus du tiers de la production de maïs des Etats-Unis, l´année dernière. Les Américains ont subventionné, en 2009, la transformation de 144 millions de tonnes de maïs et de centaines de millions de tonnes de blé en biodiesel et bioéthanol.

Les terres, qui y sont donc consacrées, sont autant de terres disponibles en moins pour le soja ou le blé ; ce qui explique la hausse, corrélative, des cours mondiaux, directement liés aux prix américains. De ce fait, la part des spéculateurs, par rapport aux acteurs commerciaux (c´est-à-dire qui échangent réellement des biens agricoles), a explosé. Les produits alimentaires deviennent, ainsi, des actifs financiers comme les autres, dans une stratégie de rentabilité maximale des portefeuilles des investisseurs.

Avec de grands pans de la population mondiale déjà bien en dessous du seuil de pauvreté, la hausse des prix des denrées alimentaires de base, qui se produit sur une courte période, est dévastatrice. Des millions de personnes, dans le monde, sont dans l´incapacité d´acheter de la nourriture pour leur survie. Ces augmentations contribuent, d´une manière très réelle, à «éliminer les pauvres» à travers «la mort par la famine.» (...)

Un système agroalimentaire monopolistique

L´escalade des prix des produits alimentaires est, en grande partie, le résultat d´une manipulation du marché. Elle est pour beaucoup attribuable à la spéculation boursière sur les marchés des matières premières. (...) Grâce à la manipulation concertée, les opérateurs institutionnels et les institutions financières font augmenter les prix. Ils placent alors leurs paris sur la hausse du prix d´un produit en particulier. La spéculation génère la volatilité du marché. À son tour, l´instabilité qui en résulte encourage la poursuite de l´activité spéculative. (...)

[...]

L'astrophysicien bien connu, Hubert Reeves, voit dans l'anomie actuelle les signes d'une apocalypse. Il écrit «le gaspillage des ressources naturelles, les rejets de gaz carboniques et l´écart grandissant entre riches et pauvres sont en train de causer la perte de l´humanité». Il s´en remet à une «volonté communautaire» pour que ce scénario catastrophe soit évité.

D´après lui, la disparition de la race humaine, bien qu´hypothétique, ne peut être écartée à court terme. «On ne touche pas à des milliers d´années, on parle d´une échelle de quelques décennies». Si nous disparaissions, il s´agirait, depuis l´apparition de la vie sur terre, de la sixième extinction, la première depuis le départ des dinosaures, il y a de cela 165 millions d´années.

Reeves nous dit que «la seule différence, c´est que, pour la première fois, une espèce disparaîtra par sa faute». Quand on y pense bien, la science qui devrait être la bouée de sauvetage de l´humanité, et, somme toute, au service de notre bien-être, deviendrait-elle le fruit de notre décadence et de notre disparition ?

Le chauvinisme de la prospérité du Nord, la spéculation atroce, le détournement de la nourriture par bio-nécro-carburant interposés, pour les 4x4, et les changements climatiques de plus en plus récurrents, amènent inexorablement l´humanité au déclin. Cette anomie concerne, en priorité, les millions d´hommes de femmes et d´enfants des Sud épuisés. Ils seront les variables d´ajustements d´un eugénisme accepté tacitement dans ce XXIe siècle de tous les dangers.

Manger, pour rester en vie, ou conduire, d'une façon non indispensable, l'humanité aura à choisir...
 

Pour lire la totalité de l'article du Professeur Chems Eddine Chitour, publié par METAMAG, cliquer sur Source ou Lien utile

 

Le site étrange qui dérange même les anges !

 

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Auteur : Professeur Chems Eddine Chitour

Source : metamag.fr

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