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Cette actualité a été publiée le 03/01/2011 à 15h37 par Terredezomes.


LA VIE ARTIFICIELLE NOUS PEND AU NEZ

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La vie artificielle nous pend au nez

 
Pendant que les écologistes politiques d'Europe Écologie s'absorbent dans leurs petits jeux présidentiels (faut-il choisir comme candidat Eva Joly qui ne connait rien à l'écologie, ou Nicolas Hulot qui ne connait rien à la politique ?), les apprentis sorciers s'en donnent à coeur joie dans leurs labos. Et tout le monde s'en bat l'oeil, ou presque.

Jeudi dernier, 58 groupes et associations écolos du monde entier (mais pas un seul Français) ont envoyé une lettre alarmante à la commission présidentielle américaine, qui vient de plancher sur la biologie synthétique. Ils critiquent ses conclusions. Disent qu'elles piétinent le principe de précaution, qu'elles n'offrent aucune garantie contre l'évasion dans la nature d'organismes synthétiques, qu'elles comptent une fois de plus uniquement sur la prétendue autorégulation des industriels, dont on sait à quoi elle mène...

La biologie synthétique, qu'ès acó ? C'est la nouvelle « révolution » scientifique en cours. Celle qui, d'après ses promoteurs, renvoie clonage et OGM au rang de bricolage d'amateurs. Celle qui va offrir à l'homme un extraordinaire « potentiel pour façonner le monde ».

Celle qui mobilise déjà des dizaines de labos, voit des chercheurs breveter leurs trouvailles à tout-va, et où les investisseurs ont déjà misé 40 millions de dollars.

Grâce à elle, on va lâcher dans la nature des organismes vivants fabriqués en éprouvette qui feront des merveilles. Des bactéries qui nettoieront toutes sortes de pollutions (du coup, on poura continuer à polluer sec). Des nouveaux virus qui serviront d'armes biologiques dernier cri (nos amis militaires étant aux premières loges dans toutes ces recherches, évidemment). Des cyanobactéries artificielles qui produiront à tire-larigot de l'éthanol, et aussi de l'hydrogène par-dessus le marché (et hop, finie la crise du pétrole !). Cette dernière recherche allèche énormément les compagnies pétrolières, qui rêvent d'un nouvel eldorado : ce sont elles qui ont financé Craig Venter, le fameux généticien américain qui, en annonçant le 20 mai dernier la « création d'une bactérie synthétique », a lancé le grand rush sur la biologique synthétique. Et relancé le débat.

Toujours le même, d'ailleurs.

D'un côté ceux qui conseillent de réfléchir avant d' « ouvrir la boîte de Pandore de la biologie synthétique », comme l'universitaire Hervé Le Crosnier ou etc group, l'association canadienne en pointe sur le sujet. De l'autre les généticiens qui, comme Philippe Marlière, directeur d'Isthmus, moque les « flagellants » qui réclament un moratoire. Ah ! Ah ! Nos bardes et druides Bioethix et Déontologix n'en ratent pas une ! Ils ne comprennent rien à cette nouvelle démiurgique !

Puisque nous allons fabriquer de la vie artificielle, nous y glisserons des verrous génétiques qui l'empêcheront d'échapper à tout contrôle : croyez-nous sur parole, et foin de moratoire ! Allons de l'avant ! La biodiversité naturelle s'effondre à cause de l'homme ? Nous allons créer une biodiversité artificielle qui compensera ingénieusement cette perte. Ça promet !

Devenez lanceur d'alertes

Pour en savoir plus sur la situation planétaire





Auteur : Le Canard Enchaîné N° 4704 du 22 décembre 2010

Source : www.altermonde-sans-frontiere.com