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La «vallée de la mort» en Normandie continue de tuer ses habitants et ses ouvriers - Le Vrai d'UFO's ;o)

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Cette actualité a été publiée le 08/01/2013 à 16h36 par kannie.

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La «vallée de la mort» en Normandie continue de tuer ses habitants et ses ouvriers

 

Les usines sont fermées, mais continuent de tuer. Les ouvriers qui y ont travaillé comme les habitants qui vivent à proximité. En cause : l'amiante, utilisé avant son interdiction par les entreprises Valeo, Ferodo ou Honeywell, dans cette vallée industrielle entre Calvados et Orne. Des poussières d'amiante continuent de s'échapper des usines abandonnées, contaminant eau, air et sols. Certaines entreprises refusent pour l'instant de dépolluer. Reportage dans la «Vallée de la mort», où l'amiante n'a pas fini de provoquer des cancers, dans l'indifférence générale.

L'ancienne usine est à l'abandon, au bord d'une petite route. Des pans de murs menacent de tomber, la cheminée s'écroule, le plafond s'effondre : certains jours, les riverains entendent des éboulements. Il suffit d'un peu de vent pour qu'un nuage de poussières s'échappe alors par les vitres cassées. De la poussière d'amiante.

Ancienne filature de coton, cette usine de Caligny, dans l'Orne, est exploitée dans les années 60 par l'entreprise Valéo/Ferodo, pour fabriquer des tissus à partir de fibres d'amiante. 50 ans plus tard, alors que la région est ravagée par les conséquences de la poussière tueuse, l'amiante est toujours présent dans cette usine du «Pont». Et continue de polluer les alentours.

Aux 1ères loges : une dizaine de familles vivent à quelques mètres de l'usine. (...)

De l'amiante dans l'eau potable ?

«Il y a de la poussière partout, collée au plafond», décrit J.-C. Barbé, vice-président de l'Association locale de défense des victimes de l'amiante (Aldeva). Dans un grand classeur, il a rangé les photos de sa visite à l'intérieur de l'usine, en 2006. «Imaginez comment ça doit être, désormais !» Sur le terrain, tout autour, des déchets ont été enterrés ou posés sur le sol. L'eau les charrie, quand les pluies abondantes gonflent la rivière du Noireau, qui contourne l'usine, et le bief, ce canal qui apportait l'eau jusqu'à l'usine avant de se jeter dans la rivière.

En décembre 2011, la zone a été fortement inondée. Jusqu'où ont été emportées les poussières d'amiante ? La station de pompage d'eau potable, à quelques kilomètres de l'usine, a-t-elle été épargnée ? Des analyses montreraient la présence d'amiante dans le Noireau. Mais grâce au traitement, l'eau du robinet est épargnée, assure Y. Goasdoué, député et président de la communauté d'agglomération du Pays de Flers.

45 à 50 décès par an

La situation inquiète. «On connaît des habitants de Caligny qui n'ont jamais travaillé dans une usine avec de l'amiante, et qui développent aujourd'hui un cancer», constate J. Guillemin, présidente de l'association "Pour une vie sans amiante à Caligny". (...)

Des histoires comme il en existe des centaines dans cette région où l'industrie utilisait l'amiante pour fabriquer des équipements automobiles. Chaque famille est touchée. (...)

Confiner l'amiante sur une zone inondable

Comment empêcher l'usine du Pont de continuer à tuer ? Pour les associations, c'est à Valéo, l'ancien propriétaire, de dépolluer le site, qui a été acheté en 1975 par un particulier. «C'est le principe pollueur/payeur, soutient J. Guillemin. Pendant trois ans, Valéo a exploité cet endroit. A eux de prendre en charge sa dépollution.»

Mais Valéo, l'équipementier automobile, fournisseur de Renault, PSA-Peugeot-Citroën, Mercedes ou Volvo, a abandonné l'usine en 1958. C'était il y a plus de 30 ans : l'entreprise n'est plus contrainte par la loi. En avril 2009, un accord a pourtant été signé entre le ministère de l'Ecologie et Valéo. L'entreprise s'est engagée à «mettre en sécurité le site» de Caligny. Sa solution : confiner les déchets sur place. «Valéo veut récupérer l'amiante du bâtiment, la mettre dans des sacs en plastique résistants et l'enfouir sous terre», explique J. Guillemin. Là où passe le bief, ce canal qui se jette dans la rivière...

«Que va-t-il se passer quand le terrain sera inondé ?», s'interroge J. Guillemin. Les sacs pourront-ils résister au courant ? Qui assure que l'amiante n'ira pas se déverser, en grande quantité, dans la rivière ? «Il y a un problème de mémoire, en plus du problème écologique. On ne peut pas laisser les déchets ici, alors qu'ils ont tué et continuent de tuer les habitants de la région. Pour nous, c'est une double peine.»

L'association demande que le site soit désamianté et les déchets évacués pour être retraités. Une solution plus coûteuse que le simple confinement sur place. Valéo ne serait pas prêt à augmenter ses dépenses.

«Combien valent nos vies ?»

(...)

Combien de poussières s'échapperont encore du site avant que le chantier ne débute ? L'usine de Caligny n'est qu'une petite partie du problème. Dans la vallée de la Vère, surnommée la Vallée de la mort, les anciennes usines Ferodo-Valéo s'égrènent le long de cette rivière.

Le Rocray, la Martinique, la Petite Suisse, le Platfond... Une dizaine d'usines ont été construites ici, à partir de 1925, lorsque la société britannique Ferodo décide de s'installer en France pour éviter une nouvelle réglementation trop stricte, en Grande-Bretagne. La population de la région est réputée docile. Les salaires sont bons. Pour beaucoup, une embauche signifie un meilleur niveau de vie. Des cadeaux sont faits aux employés. Des tissus d'amiante, des plaques de carton.

Des déchets sont donnés aux agriculteurs pour combler les trous de leurs champs. Les ouvriers acceptent la poussière... et les 1ers décès. Dans les années 1970, ces usines emploient jusqu'à 2700 personnes. Avant qu'elles ne ferment, que le scandale n'éclate. Aujourd'hui, les sites sont à l'abandon. Une usine a brûlé. Certaines ont des vitres cassées. Ici, pas de riverains pour s'en inquiéter. Mais l'amiante est bien là. «Dans quelques années, il faudra les décontaminer !, s'insurge Jean-Claude Barbé. Tout cela va tomber en ruine !» Pour l'État, sur 17 sites inspectés en 2007, 12 ne nécessitent aucune action.

«La poussière n'a pas fini de tuer»

(...)

«Il n'y a pas une rue, à Condé, sans victime de l'amiante», assure Jean-Claude Barbé. Dans la région, la poussière n'a pas fini de faire des ravages. A Caligny, après avoir tué des centaines d'ouvriers, elle continue de s'échapper des usines abandonnées, et de contaminer l'air, l'eau, et les habitants.

 

Pour lire la totalité de l'article de Simon Gouin, publié par bastamag.net/article2768.html et relayé par  

SOS-planete, cliquer ICI

 

Le site étrange qui dérange même les anges !

 

      

 

Auteur : Simon Gouin

Source : www.bastamag.net

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