La thèse de l'erreur humaine relancée pour expliquer l'éruption du volcan Lusi à Java - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 13/02/2010 à 18h46 par Tanka.


LA THÈSE DE L'ERREUR HUMAINE RELANCÉE POUR EXPLIQUER L'ÉRUPTION DU VOLCAN LUSI À JAVA

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La thèse de l'erreur humaine relancée pour expliquer l'éruption du volcan Lusi à Java

Une erreur humaine est-elle à l'origine de l'éruption de boue du volcan Lusi qui, depuis le 29 mai 2006, ravage une région industrielle de la province est de l'île de Java, en Indonésie ?

Une étude scientifique, présentée vendredi 12 février, accrédite cette thèse. Selon une équipe de chercheurs internationaux, un forage exploratoire, mené à 3 km de profondeur, a pu provoquer des fractures dans une roche instable et conduire à la formation d'un immense geyser de boue, d'eau et de gaz. "C'est au moment de retirer la tige de forage qu'il s'est produit un afflux de liquide dans le puits. La pression y a été si forte que les parois se sont fissurées, libérant à la surface une grande quantité de matières", a déclaré Richard Davies, géologue à l'université de Durham au Royaume-Uni, et coauteur du rapport.
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A l'origine du forage, la compagnie d'énergie indonésienne Lapindo-Brantas a toujours contredit cette version. Jusqu'à présent la justice indonésienne lui a donné raison en l'acquittant lors du procès achevé en septembre 2009. Sa responsabilité dans le drame n'a pu être établie. A l'époque, la compagnie prospectait le sous-sol de la ville de Sidoarjo à la recherche de nouveaux gisements de gaz. Elle comptait au total une quinzaine de puits. Mais, selon elle, c'est un séisme qui, deux jours plus tôt, avait secoué la région de Yogyakarta, à 250 km plus au sud-ouest (d'une magnitude de 6,2 sur l'échelle de Richter), qui a provoqué l'éruption.

60 000 m3 par jour

Pour les auteurs de l'étude, l'hypothèse du séisme convainc peu. Epicentre trop éloigné, magnitude faible, "la probabilité qu'une telle secousse tellurique ait pu réveiller un volcan est mince", estime Michael Manga, professeur de sciences de la terre à l'université de Berkeley en Californie. "Nos recherches ont montré que la zone a été secouée par au moins vingt-deux tremblements de terre ces trente dernières années. Il n'y a pas eu d'éruption pour autant", insiste-t-il. Autre preuve avancée dans le rapport : le pompage de la boue, à l'intérieur de la cavité, a ralenti le flux, "ce qui démontre que le puits était connecté au volcan au moment de l'éruption", poursuit M. Davies.

Quatre ans après le forage, le volcan, baptisé Lusi, continue de vomir chaque jour près de 60 000 m3 d'eau et de boue. Les coulées ont causé la mort de quatorze personnes et noyé douze villages sous un lac visqueux d'un millier d'hectares. Plus de 50 000 habitants ont été évacués dans des camps de fortune. Derrière des digues de terre qu'il faut sans cesse surélever, quelque 3 000 sinistrés vivent sur une autoroute condamnée, dans des abris de tôle et de bambou. Tous attendent le remboursement de leurs maisons. Le gouvernement est déjà venu en aide à 9 000 déplacés, et l'entreprise Lapindo a néanmoins été tenue d'indemniser les autres. Mais le solde des remboursements - entre 20 % et 50 % de la valeur des biens a déjà été payée - arrive au compte-gouttes, ce qui provoque la colère de certaines victimes. Plusieurs d'entre elles ont manifesté, jeudi 11 février, sur les ruines de leur village. "Un mètre de boue a recouvert ma maison l'an dernier. Mais je ne vais pas reconstruire ici, j'ai trop peur des glissements de terrain, je vais partir faire ma vie ailleurs", se lamente Tony.

Le district est-il menacé de disparition ? Ni les opérations de pompage ni les barrages construits autour du cratère n'ont pour le moment stoppé la marée de boue, qui met en péril une dizaine d'autres villages. Certains sont déjà fantômes, comme un mauvais présage. "L'éruption du volcan ralentira dans quelques décennies, mais Lusi peut encore rester en activité durant des centaines d'années", alerte M. Davies.

Par Arnaud Guiguitant - Source : lemonde.fr


Information recueillie par Tanka

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