La surmortalité des abeilles : alerte rouge pour la pollinisation et l'agriculture - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 30/09/2009 à 07h32 par Tanka.


LA SURMORTALITÉ DES ABEILLES : ALERTE ROUGE POUR LA POLLINISATION ET L'AGRICULTURE

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La surmortalité des abeilles : alerte rouge pour la pollinisation et l'agriculture

Information recueillie par Tanka.

En résumé par Alain Rérat

La population mondiale d'abeilles a sensiblement diminué au cours des deux dernières décennies, en raison du brusque accroissement des pertes de colonies dans les ruchers, dont le pourcentage de mortalité est devenu beaucoup plus élevé que celui considéré comme normal (10 à 15 %). Parmi les causes de cette surmortalité, la malnutrition des colonies est provoquée par un appauvrissement des ressources en miel et en pollen – mellifères et pollinifères – en relation avec diverses modifications du milieu liées aux activités humaines.

Les abeilles, fragilisées par la discontinuité des apports nutritifs, sont sensibilisées à différents autres facteurs, parmi lesquels certains insecticides chimiques, soupçonnés, sans cependant que leur responsabilité soit avérée, et dont néanmoins l'emploi est restreint dans des conditions draconiennes. Mais il serait possible de s'en affranchir par l'utilisation de plantes rendues génétiquement résistantes aux insectes par l'insertion d'un gène Bt (Bacillus thuringiensis) dont l'innocuité pour les abeilles est démontrée. Par ailleurs, outre les nombreuses pathologies infectieuses et parasitaires qui ont toujours existé chez les abeilles, de nouveaux pathogènes ont émergé, parmi lesquels un acarien, le varroa, facteur majeur de mortalité, mais aussi une microsporidie, Nosema ceranae, et divers virus.

Cette surmortalité a des conséquences économiques marquées pour la production de miel (-20 % en France), mais encore plus graves pour les productions vivrières dont le rendement et la qualité dépendent de la pollinisation, qui est effectuée à prés de 80 % par les insectes pollinisateurs. Sachant que la pollinisation des productions végétales offre un bénéfice financier estimé à 117 milliards de dollars pour l'ensemble du Monde, son déclin peut entraîner des pertes considérables. Pour prévenir la surmortalité des abeilles et ses conséquences agricoles, le groupe de travail « Abeilles et pollinisation » de l'Académie d'Agriculture de France a souligné la nécessaire collaboration entre l'apiculture et l'agriculture et préconisé dans ce but la création d'un Centre technique apicole.

Au cours des deux dernières décennies, ont été décrites, dans diverses zones géographiques, des pertes inhabituelles d'abeilles se traduisant par l'affaiblissement marqué et la disparition d'un pourcentage élevé des colonies d'abeilles dans les ruchers (1), dépassant très largement le pourcentage de mortalité considéré comme normal (10 à 15 %). Ce phénomène n'est pas sans provoquer de profondes inquiétudes chez les professionnels apicoles et dans le monde rural, en raison des fortes implications économiques qui peuvent en résulter, non seulement pour les produits apicoles, mais aussi pour les récoltes vivrières, dont, pour la plupart, le niveau et la qualité sont extrêmement dépendantes de la pollinisation [1], assurée de façon déterminante par ces hyménoptères.

Parmi les insectes pollinisateurs, les abeilles, par leur grand nombre d'espèces (20 000 dans le monde) et le volume de leurs populations, occupent une place de choix, qu'il s'agisse des espèces sociales pérennes, ou d'espèces solitaires annuelles, place beaucoup plus importante que celle des autres mellifères : lépidoptères (papillons), diptères (mouches) et coléoptères (2). Certaines des espèces d'abeilles sociales ont été « domestiquées » par l'homme auquel elles fournissent bon nombre de produits délectables ou réputés favorables à la santé. Ces abeilles « domestiquées » ne sont cependant pas seules à intervenir dans la pollinisation et il faut souligner le rôle complémentaire d'un grand nombre d'autres hyménoptères mellifères, particulièrement les diverses espèces de bourdons (3,4).
La production mellifère et ses aléas

Les facultés mellifères des abeilles ont été exploitées depuis la plus haute Antiquité, comme le rapportent les écrits d'auteurs comme Aristote ou Pline l'Ancien. L'apiculteur moderne ne se contente pas de prélever le surplus de miel dans les réserves de chaque colonie – ce qui est bien illustré par la géniale formule de Virgile « Sic vos, non vobis, mellificatis, Apes » [2] – mais aussi divers produits annexes tels que le pollen, la propolis et la gelée royale, qui possèdent tous, peu ou prou, des vertus thérapeutiques, cosmétiques ou aromatiques. La France est ainsi, en Europe, un des plus forts producteurs de miel (actuellement 20 000 tonnes par an), grâce à son grand nombre de ruches (1 300 000) servies par environ 70 000 apiculteurs, dont 1 800 professionnels de haut niveau (5). On comprend donc les inquiétudes soulevées par le constat, bien établi, de ce dépérissement des abeilles à l'échelle mondiale, qui envahit aussi notre pays depuis près de vingt ans.

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