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Cette actualité a été publiée le 28/08/2009 à 00h52 par Michel Walter.


LA SÉCHERESSE MENACE LE PUITS DE CARBONE AMAZONIEN

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La sécheresse menace le puits de carbone amazonien

Information récoltée par colibri Michel

Une vaste étude internationale étalée sur un quart de siècle et concernant 44 régions de la forêt amazonienne démontre que la sécheresse de 2005 a momentanément transformé ce puits de carbone en producteur de CO2. Bilan : la quantité équivaut aux déforestations annuelles. Conclusion : les forêts tropicales humides sont très sensibles aux sécheresses.

En 2005, l'Amazonie a connu une période de sécheresse. La rétention de gaz carbonique (CO2) dans cette vaste forêt humide a logiquement diminué. Mais l'effet a été bien plus intense que ce que l'on pensait, essentiellement à cause de la mort d'une grande quantité d'arbres. C'est ce que révèle une étude venant de paraître dans la revue Science et appuyée sur un suivi très long.

Pendant trente ans, une vaste région a été surveillée. L'étude concerne actuellement 68 scientifiques de 13 nationalités réunis dans le programme Rainfor (pour rain forests, forêts humides). Ces équipes ont suivi 136 parcelles sur 44 sites différents dans plusieurs pays (Brésil, Equateur, Guyane française...) totalisant plus de 100.000 arbres.

D'après cette étude patiente, la forêt amazonienne absorbe et retient en moyenne chaque année deux milliards de tonnes de gaz carbonique. Cette vaste région d'environ six millions de kilomètres carrés se comporte donc comme un puits de carbone, comme l'ensemble des forêts tropicales humides du monde, dont on estime qu'elles captent un cinquième des émissions dues aux activités humaines.

Un puits fragile

Mais l'étude révèle que lors de l'épisode de sécheresse de 2005, l'Amazonie a été bien plus affectée qu'il n'y paraissait. En comptabilisant méthodiquement les jeunes arbres et ceux qui venaient de mourir, les chercheurs ont découvert une mortalité élevée. Dans cette jungle dense à la végétation si riche, une légère augmentation du nombre d'arbres morts passe facilement inaperçue mais à l'échelle de l'Amazonie la perte est d'importance. Ce bois mort est immédiatement envahi par des bactéries, des champignons et des animaux qui en font un festin et libèrent rapidement du CO2.

Dans la publication parue dans Science, l'équipe affirme que ce n'est pas une absorption de deux milliards de tonnes de gaz carbonique qui figure au bilan amazonien de 2005 mais une émission de trois milliards de tonnes. Cette année-là, ce sont donc cinq milliards de tonnes de CO2 qui ont été ajoutées à l'atmosphère. Cette quantité « dépasse la production annuelle du Japon et de l'Europe réunis », expliquent les chercheurs. Elle serait selon eux du même ordre que la quantité de gaz carbonique supplémentaire due à la déforestation mondiale constatée chaque année au profit des activités agricoles.

Au-delà de l'anecdote d'une année particulière, l'étude met en évidence la fragilité du puits à carbone que constituent les forêts tropicales humides.