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Cette actualité a été publiée le 26/05/2010 à 20h49 par Tanka.


LA SÉCHERESSE EN AUSTRALIE MENACE LES COUTUMES ABORIGÈNES

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La sécheresse en Australie menace les coutumes aborigènes

La sécheresse qui a sévi durant plusieurs années dans le bassin de Murray Darling au sud-est de l'Australie n'a pas seulement eu des effets néfastes sur l'agriculture. Les communautés autochtones ont pu observer, au quotidien, des transformations de l'environnement propres à mettre en péril leurs coutumes ancestrales. Et même si la pluie est revenue, la crainte de l'avenir s'est installée.

Dans un documentaire tourné par de jeunes Aborigènes, formés à la caméra par le réalisateur Carl Kudell, les aînés de la communauté autochtone de Ngarrindjeri expliquent leurs craintes pour la survie de leurs traditions, profondément liées à la terre et aux rivières. Le film, tourné en 2009 et intitulé Nukkan, Kungun, Yunnan, a été sélectionné pour le Festival du film des droits de l'homme de New York, où il sera présenté en juin.

Pour cette communauté qui se définit comme "un peuple d'eau douce" et vit au bord du lac Alexandrina, le documentaire est une façon de se faire entendre. "Un peuple d'eau douce, cela veut dire que nous tirons traditionnellement notre alimentation des lacs. Cela fait toujours partie de notre culture. Mais, peu à peu, ces habitudes sont bouleversées par le manque d'eau", explique Edie Carter, éducatrice pour jeunes à Meningie, qui a participé au documentaire.

Les anciens de la communauté n'avaient jamais rien vu de tel. "Enfant, j'ai été élevé dans un mode de vie semi-traditionnel. On pouvait toujours aller chercher de la nourriture, car le fleuve était vivant. Je n'ai jamais connu une telle sécheresse", explique ainsi dans le film le vieux Tom Trevorrow.

Depuis 2006, la faiblesse des précipitations a réduit le débit des rivières et causé la salinisation de l'embouchure du fleuve Murray. Les arbres à baies se font plus rares. "Avant, on allait cueillir des baies, mais c'est de moins en moins possible", commente Edie Carter. Les pratiques culturelles comme le tissage de paniers sont touchées. "Le tissage nécessite de pouvoir récolter des joncs. Jusqu'il y a peu, il suffisait de sortir de Meningie pour les trouver, maintenant cela prend deux à trois heures", se plaint Mme Carter.

Pour les anciens, la vision des rives asséchées est une source d'angoisse. "Que va-t-on laisser aux enfants ? Les terres et les eaux sont un corps vivant. Nous croyons que tout est lié. Si la terre et le fleuve meurent, nous mourons avec eux", explique encore Tom Trevorrow.

Pour les Ngarrindjeri, la terre et les fleuves ont été créés au temps du "Dreaming". La naissance de chaque montagne, de chaque cours d'eau, est expliquée par un mythe, une histoire particulière. Des fleuves ou des animaux qui disparaissent et c'est la mémoire du temps qui s'envole aussi.

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

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Auteur : Marie-Morgane Le Moël (Sydney, correspondance)

Source : www.lemonde.fr