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Cette actualité a été publiée le 20/11/2009 à 17h54 par Isa Hanser.


LA SANTÉ AU COEUR DU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE

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La santé au coeur du réchauffement climatique

Information recueillie par Tanka.

Plusieurs études scientifiques l'attestent : le changement climatique a des effets néfastes sur la santé. Les variations météorologiques extrêmes et les modifications dans les équilibres des écosystèmes génèrent une nouvelle dynamique des maladies infectieuses. L'OMS et le Giec estiment donc que ce dossier doit être ouvert lors des négociations de Copenhague en décembre prochain.

« Les risques pour la santé liés au changement climatique sont différents, mondiaux et difficiles à inverser sur une échelle de temps humaine », estime l'Organisation Mondiale de la Santé. Dans cette perspective l'organisation a établit un rapport (mars 2009) en trois points qu'elle souhaite placer au coeur des préoccupations de la prochaine Conférence des Nations Unies sur le climat, baptisée Conférence des Parties (COP-15) de Copenhague, en décembre prochain. Un accord post-Kyoto devant permettre à tous de « profiter des avantages sanitaires et économiques liés à la lutte contre le changement climatique » doit être mis en place.

« Plus de carbone, moins de santé (...) moins de carbone, plus de santé »

En mars 2009, l'OMS estimait à quelque 150 000 le nombre de décès dans les pays à faible revenu, en raison du changement climatique. Quatre effets liés au climat sont les principales causes de ces décès: mauvaises récoltes et malnutrition, maladies diarrhéiques, paludisme et inondations. Près de 85% de cette surmortalité touche le jeune enfant.

En améliorant et protégeant l'environnement il est possible de réduire la charge de morbidité mondiale (nombre de personnes souffrant d'une maladie donnée pendant un temps donné), de plus de 25%. Une grande partie de la charge actuelle est liée à la consommation d'énergie et aux systèmes de transport. En modifiant certains modes de vie on aurait un effet positif sur des problèmes majeurs de santé publique, notamment la pollution atmosphérique (800 000 décès annuels), les accidents de la circulation (1,2 million), le manque d'exercice physique (1,9 million) et la pollution de l'air à l'intérieur des habitations (1,5 million).

« Pour être efficace, l'action doit être mondiale »

La canicule de 2003 a causé 70 000 décès; en 2005 l'Ouragan Katrina a fait 1800 morts; le paludisme a causé de nouveaux décès sur les plateaux d'Afrique centrale, etc : les plus exposés à la morbidité et à la mortalité liées aux perturbations climatiques sont les pauvres. D'un point de vue géographique les populations les plus vulnérables se trouvent dans les pays en développement, les régions montagneuses, les zones où il y a la pénurie d'eau; sont également impactées celles qui vivent dans de très grandes agglomérations et des zones côtières (en particulier les grandes agglomérations urbaines des deltas asiatiques) -et, tout particulièrement -souligne l'OMS-, les jeunes, les femmes et les personnes âgées ainsi que les malades pauvres n'ayant pas accès aux services de santé.

RFI: Est-il vital que l'impact du réchauffement climatique sur la santé humaine soit au coeur des débats de Copenhague ? Réponse du Docteur Sandrine Segovia-Kueny :

S.S-K: J'en suis intimement persuadée. Tant que le problème des effets du changement climatique ne sera pas considéré comme une urgence de santé publique, il n'y aura pas de mise en place de moyens de lutte efficaces. Dans les années 1970, les scientifiques se sont alarmés de la découverte du trou de la couche d'ozone, pointant aussitôt les conséquences sur la santé, liées au passage des rayons ultraviolets (maladie de peau, maladies occulaires). L'ensemble des pays des Nations Unies a pris conscience qu'il fallait alors agir sur les causes ayant contribué à créer ce trou.

RFI: Quelles mesures ont donc été appliquées pour réduire le trou de la couche d'ozone ?

S.S-K: Ils ont décidé de réduire les émissions de chlorofluorocarbones (CFC) principalement responsables du trou dans la couche d'ozone. Ils sont parvenus, après le protocole de Montréal -signé le 16 sptembre 1987-, à faire disparaitre 97% de ces substances et comptent, d'ici 2050, avoir réparé le trou. Cela signifie que ce qui paraissait impossible s'est révélé possible. Il a été décrété une urgence de santé publique et dès lors l'ensemble des mesures préconisées a été appliqué. Je pense que pour la lutte contre le réchauffement climatique c'est la même chose.

Par Anne Lobjoie

Pour en savoir plus sur la situation planétaire