GENTECH-NEWS 446/20 - Luttes biologiques: échecs et réussites (1ère partie)

La Réunion : la forêt tropicale revit - Demain l'Homme

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Cette actualité a été publiée le 31/08/2012 à 22h02 par geof.

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La Réunion : la forêt tropicale revit

 
Menacées par les espèces exotiques envahissantes, les forêts de La Réunion retrouvent par endroits leur aspect originel grâce à la main de l'homme.

Coiffés de leur casque de chantier, ils ont quitté à l'aube leur village de Hell-Bourg, dans le cirque de Salazie, pour escalader le rempart de Bélouve. Les 500 mètres de dénivelé sont une formalité pour ces Créoles des Hauts, payés par le conseil général le temps d'un contrat aidé pour prêter main-forte à l'Office national des forêts (ONF).

Comme chaque matin, ils retrouvent les agents forestiers venus par la piste de la plaine des Palmistes, de l'autre côté de la montagne. Le petit groupe n'a pas de question à poser sur sa mission du jour : il va continuer, inlassablement, à arracher la vigne marronne, par buissons entiers. Cette ronce originaire de Malaisie est une calamité pour la forêt tropicale réunionnaise. Elle monte dans les arbres et les étouffe, plongeant dans l'ombre une riche flore endémique. Dans le secteur de Bélouve, plateau suspendu à 1.500 mètres d'altitude, elle s'attaque aussi au tamarin des Hauts, essence unique au monde exploitée pour son superbe bois d'ébénisterie.

« Pour l'éradiquer, il nous faudrait dix fois plus de monde », se lamente Stéphane Arhel, conducteur de travaux à l'ONF, qui ne voit pas encore les effets, à Bélouve, de la lutte biologique expérimentée depuis quelques années par le Cirad, centre de recherche français qui produit des connaissances en lien avec les pays du Sud.

Une guêpe tenthrède de Sumatra a été introduite à La Réunion, pour sa capacité à faire mourir la vigne marronne en consommant ses feuilles. Par endroits, elle y parvient, mais la main de l'homme reste indispensable pour contenir la peste végétale.

Les hommes n'ont pas épargné la forêt tropicale depuis leur arrivée sur l'île déserte, au milieu du XVII e siècle. Le couvert forestier des origines a quasiment disparu sur le littoral. Seul le relief tourmenté de l'intérieur a permis de le sauvegarder.

Mais certaines plantes exotiques apportées dans les cales des bateaux se sont révélées de dangereuses concurrentes pour la flore insulaire, qui évoluait en vase clos depuis des centaines de milliers d'années.
 


 

Contresens paysager

L'intérêt de cette biodiversité n'a été admis que récemment. Ainsi, dans les années 1950, c'est sur un résineux japonais, le cryptoméria, que l'ONF a misé pour reboiser les zones défrichées, y compris à Bélouve.

Le contresens paysager est apparu progressivement : ces conifères parfaitement alignés font tache au milieu des décors sauvages des montagnes réunionnaises. De plus, leur bois n'a pas tenu toutes ses promesses et leur plantation a été abandonnée il y a dix ans. Plusieurs décennies seront toutefois nécessaires, au rythme de l'exploitation sylvicole, pour éliminer l'intrus.

Et un patient travail d'assistance à la nature doit commencer, après le passage des tronçonneuses, pour empêcher les pestes végétales de prospérer. A Bélouve, et dans la forêt voisine de Bébour, c'est le bringellier marron qu'il faut combattre là où le cryptoméria a été coupé. L'ONF s'y emploie.

Sur deux secteurs de Bébour, la forêt primaire réapparaît, aidée en cela par des plants issus de pépinières. Les mahots, les ambavilles, les bois maigres renaissent. « Quand ils arrivent à cette hauteur, c'est gagné », se réjouit Stéphane Arhel, en montrant une exubérance végétale de plusieurs mètres, après quatre ans d'efforts.

La lutte contre les plantes exotiques trop vivaces est également la priorité du parc national, créé en 2007 et couvrant la majeure partie du centre de l'île. L'établissement pilote ainsi un projet ambitieux, visant à restaurer un habitat encore plus rare que celui de Bélouve : la forêt semi-sèche du littoral, dont seuls quelques lambeaux subsistent.

A la Grande-Chaloupe, sur la côte nord-ouest, 9 hectares devraient être reconstitués de toutes pièces. Le parc a également fort à faire sur les hautes pentes de l'Ouest, ravagées par des incendies en 2010, puis 2011.

Une autre peste, l'ajonc d'Europe, y repousse beaucoup plus vite que les espèces endémiques : un nouveau front à ouvrir, dans le combat sans fin contre les invasions végétales.

 

Un article de Bernard Grollier, publié par lesechos

 

 

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Auteur : Bernard Grollier

Source : www.lesechos.fr

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