La réciprocité et la causalité - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 06/08/2013 à 06h12 par kannie.


LA RÉCIPROCITÉ ET LA CAUSALITÉ

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La réciprocité et la causalité

 

Par John Scales Avery* :

Le principe de réciprocité est très ancien dans l'histoire humaine, et il est ancré dans nos émotions. C'est un élément important de la nature humaine. La réciprocité est la base des économies non marchandes, et également la base des interactions sociales entre membres d'une même famille, entre amis et entre collègues.

Dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs, il est habituel de partager la nourriture avec tous les membres du groupe. «Aujourd'hui tu me donnes de la nourriture, et demain ce sera à mon tour de t'en donner.»

Dans les sociétés modernes, entre amis, aucun paiement n'est exigé en échange de l'hospitalité. Mais il est sous-entendu qu'un jour ou l'autre la pareille pourra être rendue.

 

 

Selon Wikipedia, «la réciprocité en psychologie signifie répondre à un acte positif par un autre acte positif, récompensant des actes agréables. En tant qu'élément social, la réciprocité signifie que les gens sont beaucoup plus agréables et beaucoup plus coopératifs dans le cadre d'actes amicaux que ce qui est annoncé par le modèle de l'intérêt personnel. Au contraire, face à une action hostile, ils sont plus méchants, voire brutaux».

La réciprocité peut également être négative

Comme le souligne Wikipedia, la réciprocité peut également se révéler négative. C'est le cas de cycles de revanche et de contre-revanche en escalade.

Le concept bouddhiste de Karma est d'une grande valeur dans les relations humaines. Le mot “karma” veut tout simplement dire “action”. L'une des croyances du Bouddhisme est que les actes repartent vers l'envoyeur. Les bonnes actions ainsi que les mauvaises repartiront vers leur auteur.

 

 

C'est tout à fait vrai dans les relations sociales. Un comportement gentil et généreux envers son voisin entraînera en retour gentillesse et générosité.

Au contraire, un acte de méchanceté peut entraîner des cycles de revanche et contre-revanche, comme ceux que l'on peut observer aujourd'hui au Moyen-Orient et ailleurs. Ces cercles vicieux peuvent seulement être interrompus en retournant un bien contre un mal.

 

 

Le concept de Karma, cependant, a une validité plus large et plus abstraite que le simple retour des actes vers leur auteur. Lorsque nous rendons le bien, le bon karma dans le monde augmente.

Si tout le monde se comportait bien, le monde deviendrait plus plaisant et plus sûr. La nature humaine semble avoir une reconnaissance innée de ce fait et nous sommes récompensés par de la joie intérieure lorsque nous accomplissons des actes bons et gentils.

« Sagesse ancienne, monde moderne »

Dans son merveilleux livre, « Sagesse ancienne, monde moderne », le Dalai Lama indique que les actes bons mènent au bonheur et que les mauvais mènent au malheur, et que nos voisins n'ont pas à nous retourner ces actions. La paix intérieure, dit-il, est incompatible avec un mauvais karma et peut seulement être atteinte avec un bon karma, c'est à dire de bonnes actions.

 

 

Dans la philosophie bouddhiste, le concept de Karma, action et réaction, s'étend également à nos relations avec la nature. Les bouddhistes comme les indous mettent en avant l'unité de toute forme de vie sur terre. Pour les indous, tuer un animal est un pêché, et beaucoup essaient d'éviter de marcher sur des insectes lorsqu'ils se déplacent.

L'image indoue et bouddhiste de la parenté de toute vie sur terre a été confirmée par la science biologique moderne. Nous savons maintenant que tout organisme vivant a la même biochimie fondamentale, basée sur l'ADN, l'ARN, les protéines et les polysaccharides. Nous savons également que nos propres génomes humains sont plus similaires que différents des génomes de nos proches relations du monde animal.

 

 

Les peuples des pays industrialisés doivent urgemment acquérir un élément non-anthropocentrique dans leur éthique, qui serait similaire à la vénération de toute forme de vie observée dans les traditions indoue et bouddhiste et dans les enseignements de Albert Schweitzer et Saint François d'Assise.

 

 

« Nous devons apprendre à valoriser les autres espèces dans leur propre intérêt »

Nous devons apprendre à valoriser les autres espèces dans leur propre intérêt, et non parce que nous voulons les utiliser pour nos propres intérêts économiques.

Aujourd'hui, il reste quelques sociétés qui suivent un mode de vie similaire à celui de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Les anthropologistes sont capables d'obtenir une image vivace du passé en étudiant ces sociétés.

Souvent, l'éthique religieuse des chasseurs-cueilleurs souligne l'importance de l'harmonie avec la nature. Par exemple, le respect pour la nature est observé dans les traditions tribales des indiens d'Amérique. L'attitude des sioux envers la nature se retrouve dans les citations suivantes de “Land of the Spotted Eagle” par le chef sioux Lakota Standing Bear (environ 1834-1908) :

« Les Lakota étaient de vrais amoureux de la Nature. Ils aimaient la terre et toutes les choses de la Terre... Une grande force de vie unifiante venait de Waken Tanka (le Grand Esprit) et fleurissait toutes les choses : les fleurs de la plaine, les vents, les pierres, les arbres, les oiseaux, les animaux. C'était la même force qui avait été insufflée au premier homme. Ainsi toutes les choses ont été apparentées et ont été rassemblées par le même grand mystère. »

 

 

« La parenté avec toutes les créatures sur Terre »

« La parenté avec toutes les créatures sur Terre, dans le ciel et dans l'eau était un principe réel et actif. Dans le monde animal et aviaire, un sentiment de fraternité existait et permettait aux Lakota de se sentir en sécurité avec eux. Certains Lakota se sont tellement rapprochés de leurs amis à plume et à fourrure qu'ils se sont mis à parler une langue commune. »

« L'animal a des droits, le droit d'être protégé par l'homme, le droit de vivre, le droit de se reproduire, le droit à la liberté, le droit à la dette de l'homme. En reconnaissance de ces droits, les Lakota n'ont jamais rendu un animal esclave et ont épargné toute vie qui n'était pas nécessaire pour se nourrir et se vêtir ».

 

 

« Ce concept de vie était humanisant et donnait aux Lakota un amour durable qui remplissait son être de bonheur et de mystère de la vie. Il lui a donné la vénération pour toute forme de vie. Il a permis de laisser une place à toutes les choses composant le schéma de l'existence, avec une importance égale pour toutes. Les Lakota ne pouvaient mépriser aucune créature puisqu'elles étaient toutes du même sang, façonnées des mêmes mains et remplies de cette essence du grand mystère. »

Une attitude similaire envers la nature est observée dans les cultures inuit traditionnelles et dans certaines régions d'Afrique. Un homme qui va abattre un arbre lui adresse une prière d'excuse et lui explique pour quelle nécessité il doit lui faire du mal.

 

 

Sociétés préindustrielles et industrielles

Cette attitude préindustrielle est quelque chose dont le Nord industrialisé pourrait tirer des leçons. Dans les sociétés industrialisées, la terre “appartient” à quelqu'un qui a le “droit” de détruire la terre ou de tuer des communautés de créatures qui y vivent si cela permet d'obtenir un avantage économique. A peu près comme un possesseur d'esclave romain avait le “droit” de mort sur ses esclaves.

Les sociétés préindustrielles ont une attitude beaucoup moins rapace et beaucoup plus conservatrice envers la terre et envers ses habitants non humains. Nous avons reçu beaucoup de cadeaux de la technologie moderne, mais si nous voulons bâtir un monde heureux, durable et sans guerre, nous devons combiner nos nouvelles techniques scientifiques et la sagesse ancienne de l'humanité.

 

* Le Docteur John Scales Avery est un membre du réseau TRANSCEND et professeur honoraire associé à l'institut H.C. Ørsted de l'Université de Copenhague au Danemark. Il est président à la fois du Groupe National Danois Pugwash et de l'Académie Danoise de la Paix. Il a été formé en physique théorique et chimie théorique au M.I.T., à l'Université de Chicago et l'Université de Londres. Il est l'auteur de plusieurs livres et articles sur des sujets à la fois scientifiques et contenant des questions sociales plus larges. Son ouvrage le plus récent est "Crise 21 : La crise de civilisation au 21ème siècle".

 

Un article de John Scales Avery, publié par pressenza.com et relayé par SOS-planete

 

 

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Auteur : John Scales Avery (traduction de l'anglais : Frédérique Drouet)

Source : www.pressenza.com