La recherche sur les risques des OGM peut-elle être indépendante aujourd'hui? - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 09/03/2010 à 21h54 par Jacques.


LA RECHERCHE SUR LES RISQUES DES OGM PEUT-ELLE ÊTRE INDÉPENDANTE AUJOURD'HUI?

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La recherche sur les risques des OGM peut-elle être indépendante aujourd'hui?

SCIENCE - Après la polémique autour de la pomme de terre Amflora, la question est soulevée par plusieurs défenseurs de l'environnement...

Au niveau européen, c'est l'EFSA, l'agence européenne de sécurité alimentaire qui est chargée de rendre un avis sur les OGM notamment, avant validation par la Commission européenne et mise en vente.

Depuis la polémique autour de la pomme de terre Amflora, de nombreuses voix s'élèvent pour critiquer cet organisme.

Lire les explications sur le fonctionnement de l'EFSA ici

Arnaud Apotecker, responsable de la campagne OGM à Greenpeace, reproche à l'EFSA le «manque d'indépendance des experts». «Ils ne sont pas forcément liés financièrement à une entreprise de biotechnologie, mais ce sont tous des scientifiques en faveur des OGM et qui pensent qu'ils ne présentent pas de risques», déplore le militant.

A cela s'ajoute des critiques sur le travail de l'organisme. «Qu'a fait l'EFSA?», interroge Gilles-Eric Séralini, président du Conseil scientifique du CRIIGEN, comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique, «ils ont pris une analyse de Monsanto, avec des évaluations sur trois mois.

Ce sont des expériences biaisées, on ne peut pas en conclure grand chose». Selon lui, ces études nécessitent d'aller plus loin, car certaines, sur le maïs, indiquent des conséquences sur le foie ou les reins observées chez les rats.

Mais alors, en dehors de l'ESFA, comment contrôler les OGM?

Les ONG et les associations de protection de l'environnement, avec des chercheurs-militants, sont-elles mieux placées?

Pas pour Guy Riba, vice-président de l'INRA: «le fait qu'un chercheur militant, notoirement anti-OGM, soit refusé à l'EFSA me semble logique».

«Pourquoi un chercheur militant serait plus objectif?», poursuit-il, avant de souligner néanmoins que si des liens existent effectivement entre chercheurs de l'EFSA et industriels, «ça pose des questions».

Des instituts publics alors?

«On admet communément que les bons scientifiques sont ceux du sérail, ceux qui ont fait de la recherche sur les OGM. Mais les recherches sur les OGM se font dans les industries privées», note Arnaud Apotecker.

Autre problème, personne n'a accès aux semences OGM des grandes firmes comme Monsanto ou BASF, estime Arnaud Apotecker.

Gilles-Eric Séralini estime nécessaire aujourd'hui «d'organiser la transparence». Si les laboratoires doivent continuer à financer les études, le chercheur propose d'obliger «les industriels à donner cet argent aux états-membres, qui ensuite feront effectuer les recherches par des laboratoires publics».

Le contrôle des données

Valérie Pécresse, contactée par 20minutes.fr, estime de son côté qu'il est nécessaire «d'avoir une procédure de contrôle des données» fournies par les industriels.

Par ailleurs, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, veut mettre en place une charte de la déontologie de l'expert, et a pour objectif de «valoriser les missions d'expertise, avec un vrai statut pour l'expert».

Dans le cas de la pomme de terre Amflora de BASF, l'Etat français a réagi. «La France et l'ensemble des pays européens, à l'unanimité, avaient demandé en décembre 2008 à la Commission de changer de procédure.

Elle ne l'a pas fait. Sur le fond, on ne reconnaît pas cette expertise», a déclaré Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat chargée de l'écologie, interrogée en marge du Salon de l'Agriculture. Un deuxième avis sera donc pris.

Les ministères français de l'Agriculture et du Développement durable ont annoncé la saisie du Haut Conseil des biotechnologies (HCB), collège d'experts créé en 2008, précisant que «la France attendra l'avis du HCB pour arrêter sa position».

Oriane Raffin

Source : 20minutes.fr

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