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Cette actualité a été publiée le 23/11/2010 à 20h40 par Mich.


LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE SE BAT POUR SON INDÉPENDANCE

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La recherche scientifique se bat pour son indépendance

SCIENCES - Gilles-Eric Séralini, chercheur spécialisé dans l'étude des effets des OGM et des pesticides sur la santé, dénonce la recherche «scienti'fric »...

Etudier les organismes génétiquement modifiés sans faire l'objet de pressions voire de menaces, est-ce encore possible? Gilles-Eric Séralini, professeur à l'université de Caen spécialisé dans l'étude des OGM, a fait les frais, après d'autres chercheurs, de l'influence des lobbys industriels sur la recherche scientifique.

S'estimant attaqué par une partie de la communauté scientifique, il intente un procès en diffamation contre Marc Fellous, président de l'AFBV (Association française des biotechnologies végétales), organisme soupçonné d'être un groupe de pression pro-OGM. Une journée de soutien au chercheur était organisée mardi à l'occasion de l'ouverture du procès.

Des chercheurs sur écoute

Un «marchand de peur» ou un lanceur d'alerte ? Gilles-Eric Séralini mène depuis plusieurs années des contre-expertises sur les données fournies par la firme Monsanto sur ses trois maïs OGM commercialisés.

Ces études remettent en question l'innocuité des maïs génétiquement modifiés, avancée par Monsanto et soutenue par quelques études scientifiques, le plus souvent financées par les groupes industriels.

Pierre Meneton, chercheur à l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), témoigne de l'influence des financeurs sur les résultats des études scientifiques: «90% des études sur le bisphénol A financées par des fonds publics démontrent un effet sur la santé.

Mais aucune des études financées par des fonds privés n'en fait état».

Les OGM ne sont en effet pas le seul sujet sur lequel les scientifiques ont une marge d'investigation réduite. Gilles-Eric Séralini évoque les quelque 100.000 substances qui ont été autorisées à la consommation en Europe depuis 1950, tandis que Pierre Meneton témoigne des menaces dont il a été l'objet lorsqu'il a dénoncé la présence excessive de sel dans les aliments et son impact sur les maladies cardio-vasculaires: «J'ai été mis sur écoute pour atteinte à la sûreté de l'Etat!

Le président du Comité des salines de France, qui est aussi chercheur à l'Inserm, a voulu faire reconnaître que je portais atteinte à l'Inserm en publiant mes recherches».

«La planète n'est pas une paillasse de laboratoire»

Pour l'eurodéputée et ex-présidente du Criigen (Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique) Corinne Lepage, l'indépendance de la recherche scientifique est un «problème démocratique majeur»: «En tant que députée, je me rends compte du rôle central de l'expertise dans la prise de décisions politiques. Or, nous n'avons pas les études dont nous aurions réellement besoin».

Quelques députés européens, dont Michèle Rivasi et Corinne Lepage, militent pour une expertise européenne indépendante, mais se heurtent à « l'hostilité» de la majorité parlementaire.

Ce sont donc des associations, comme Sciences citoyennes, Mieux prescrire, ou encore Greenpeace et le WWF qui militent pour la protection des «lanceurs d'alerte», ces citoyens, le plus souvent scientifiques, qui prennent conscience d'un danger pour l'homme ou l'environnement et le font savoir.

Christian Vélot, membre du Criigen et de la fondation Sciences citoyennes, est convaincu que les lanceurs d'alerte doivent être défendus, «pour que les technologies clés en main qu'on nous vend ne deviennent pas les plus grands scandales sanitaires. La planète n'est pas une paillasse de laboratoire».

«Ce procès a une importance historique»

Gilles-Eric Séralini a lancé l'alerte sur les OGM, mais s'il a décidé d'agir en justice, «ce n'est pas pour la commercialisation d'un produit, mais sur le fait que nous admettions qu'il n'y ait pas de recherche indépendante depuis cinquante ans.

Au-delà de ma propre histoire, il y a un problème de santé publique». Le procès intenté par Gilles-Eric Séralini, soutenu par près de 1.300 scientifiques, est une première: plutôt que de se défendre, il a choisi d'attaquer.

« C'est la première fois qu'un scientifique se rebelle et décide de ne pas laisser libre cours à la diffamation, commente Corinne Lepage, qui sera entendue comme témoin. Ce procès a une importance historique».

Lien source corrompu

Deviens lanceur d'alertes

Dossier OGM des lanceurs d'alerte





Auteur : Audrey Chauvet

Source : www.20minutes.fr