La pollution par le sel routier menace les ressources en eau du Canada - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 11/03/2010 à 10h25 par Tanka.


LA POLLUTION PAR LE SEL ROUTIER MENACE LES RESSOURCES EN EAU DU CANADA

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
La pollution par le sel routier menace les ressources en eau du Canada

Neige et verglas sont de dangereux invités sur les routes. Pour lutter contre eux, des tonnes de sels sont déversées sur les voies de circulation. Si ce sel fait son office, il est aussi un polluant pour l'environnement et menace les ressources en eau. Des chercheurs canadiens ont ainsi démontré qu'une baie de la région des Grands Lacs était très gravement polluée.

En cas de chute de neige, les routes peuvent devenir des pièges mortels. Pour assurer la sécurité de ces ouvrages, et plus particulièrement s'ils sont stratégiques, les services techniques procèdent à un salage. Le sel épandu, appelé aussi fondant routier, fait fondre neige et glace et restaure l'adhérence des routes.

Mais que devient ce sel ensuite ? Il est évacué dans les eaux de fontes et se perd dans l'environnement. « Se perd » ? Non, ce sel s'accumule dans les sols et les eaux, modifie les caractéristiques chimiques du milieu et entraîne une véritable pollution nuisible aux écosystèmes.

Dans leurs travaux parus dans la revue Sedimentary Geology, les chercheurs de l'Université de Toronto (Canada) mettent en lumière la pollution de la baie de Frenchman, en aval de l'autoroute 401. Cette baie qui alimente la lac Ontario affiche parfois des concentrations de chlorures deux fois supérieures à celle des Grands Lacs. Or les eaux de ces lacs sont utilisées pour produire l'eau potable des grandes agglomérations de cette région.

« Nos découvertes sont plutôt dramatiques, et les effets se font sentir tout au long de l'année, souligne Nick Eyles de l'Université de Toronto. Ce sont de vraiment mauvaises nouvelles sur les assauts sans fin des produits chimiques dans le bassin versant, avec de sinistres implications bien au-delà de la lagune elle-même. Nous savons maintenant que 3.600 tonnes de sel routier finissent dans cette petite lagune tous les hivers, directement par le biais des ruisseaux, et l'empoisonnent le reste de l'année. L'avenir de la baie de Frenchman n'est pas brillant, mais il pourrait aussi affecter les Grands Lacs. »

les différents éléments d'une épandeuse à sel

Outre le sel, de nombreux polluants automobiles et urbains sont emportés par les eaux de pluie sur les surfaces imperméabilisées par l'autoroute et par l'urbanisation. Métaux lourds, bactéries fécales et autres polluants rejoignent le sel et s'accumulent dans les eaux et sédiments. Les taux de contaminants de la baie sont ainsi bien supérieurs aux standards de qualité canadiens, parfois de 250%.

Les écosystèmes aquatiques sont affectés par cette pollution avec la disparition des poissons dans certains ruisseaux, la modification de leur structure de population et la baisse de leur diversité spécifique.

Passez-moi le sable, s'il vous plaît

Quelles pourraient être les alternatives au salage ? Pour l'instant, il n'y en a pas beaucoup. Rien qu'en France, au climat plus clément que le Canada, un million de tonnes de sel sont employés en moyenne par an. Le sel représente 98% des fondants routiers et parmi les 2% restants, on trouve des éthers de glycols (qui peuvent être toxiques à fortes concentrations) ou des mélanges plus coûteux de sel et de dérivés de la production du sucre (en test en Suède et en Suisse).

Le sablage est une autre possibilité pour sécuriser les routes. L'épandage de sable ou de pouzzolane (roche volcanique) ne fait pas fondre la neige mais augmente l'adhérence à la route. Cependant, des études d'impact ont montré qu'il faut trois fois plus d'énergie pour le sablage que le salage. Le procédé est donc plus cher et affecte l'environnement autrement (dépôts de sédiments, émissions de CO2...).

Une autre solution pourrait être d'installer un système de dégivrage sous les routes. Dans ce système, l'énergie géothermique ou hydrothermique fait fondre neige et verglas, mais le coût d'un tel procédé le réserve à des cas bien particuliers (aéroports).

Actuellement, la démarche est surtout de mieux saler pour moins saler et de mieux traiter les eaux pluviales. Les services techniques se reposent ainsi sur la finesse des prévisions météo pour mieux déterminer les besoins en salage préventif (avant la chute de neige), se concentrent sur les zones stratégiques (autoroute, lieux accidentogènes) et utilise de la saumure. En effet, le sel en grain est inefficace, il faut qu'il se dissolve dans la neige. La saumure ou bouillie de sel assure une meilleure efficacité.

Par Grégoire Macqueron - Source : futura-sciences.com


Pour lire la suite de cet article, cliquer sur "Lien utile"

Information recueillie par Tanka

Pour en savoir plus sur la situation planétaire