La pollution issue des sables bitumineux au Canada est bien pire qu'annoncée - L'atelier

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 10/12/2009 à 21h50 par Jacques.


LA POLLUTION ISSUE DES SABLES BITUMINEUX AU CANADA EST BIEN PIRE QU'ANNONCÉE

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • Linked in
  • Tumblr
  • Google+  FaceBook   Twitter
  • LinkedIn  Tumblr
SOMMAIRE de Demain l'Homme - Accès aux derniers articles quotidiens du module principal WikiSurTerre
La pollution issue des sables bitumineux au Canada est bien pire qu'annoncée

Info sélectionnée par Jacques

Une nouvelle étude sur l'impact de l'exploitation des sables bitumineux au Canada montre que les pollutions issues de l'extraction de ce pétrole lourd sont beaucoup plus importantes qu'annoncées par les industriels et le gouvernement.

Des recherches menées par le professeur David Schindler et son équipe de l'Université de l'Alberta sur la qualité de l'air et de l'eau le long de la rivière Athabasca montre que les niveaux de pollution ont fortement augmenté depuis que les sables bitumineux voisins sont exploités.

Les sables bitumineux

Avec l'épuisement des réserves de pétrole, l'exploitation de l'or noir devient financièrement intéressante même dans des conditions considérées jusqu'alors difficiles. Il en est ainsi des sables bitumineux ou pétrolifères qui sont un mélange de sable, d'eau, d'argile et de bitume brut et que l'on trouve notamment au Canada.

Les sables bitumineux sont exploités dans des mines à ciel ouvert ou dans des gisements souterrains. Ils peuvent être extraits à l'aide de pelles mécaniques et de camions géants. Mais souvent il faut forer, chauffer le bitume en injectant de la vapeur et des solvants en profondeur, puis mélanger le sable extrait avec de l'eau chaude pour le rendre moins visqueux . Enfin, il faut le faire décanter pour en extraire le pétrole. Ce processus complexe est aussi très polluant.

Actuellement, les plus vastes réserves de sables bitumineux exploitables se trouvent en Alberta (au Canada), au Venezuela et à Madagascar.

Des concentrations toxiques d'élements cancérigènes et mutagènes ont été mesurées

Le professeur David Schindler, réputé en matière de protection de l'eau, et son équipe ont détecté des teneurs élevées en hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), un groupe de contaminants organiques contenant plusieurs substances cancérigènes connus, des agents cancérogènes, mutagènes, qui peuvent modifier la composition génétique d'un matériau, et des tératogènes : des produits chimiques qui peuvent perturber le développement d'un embryon ou du foetus.

"Nous avons trouvé des concentrations qui peuvent causer la mort, des mutations et des malformations chez les embryons de poisson", a indiqué David Schindler. Or, quand les humains consomment ces poissons, ils ingèrent en même temps les substances chimiques que ceux-ci ont consommées...

Les niveaux les plus élevés de HAP ont été trouvés à moins de 50 kilomètres de deux grandes installations de valorisation des sables bitumineux et représentent l'équivalent d'un déversement majeur de pétrole... chaque année !

"Nous avons échantillonné chaque affluent de la rivière Athabasca qui est concerné par l'exploitation des sables bitumineux. La qualité de l'air a été mesurée en prélevant des échantillons de neige." a précisé le professeur. Ainsi, les chercheurs ont pu étudier quatre mois d'enregistrement de la qualité de l'air.

Pour les échantillons d'eau, ils se sont appuyés sur une technique éprouvée, utilisée pendant 20 ans pour analyser la qualité des eaux de l'Alaska suite au naufrage de l'Exxon Valdez.

Pour Schindler, la surveillance de la qualité de l'eau et de l'air dans cette région est insuffisante et décevante : "Environnement Canada s'est désengagé en réduisant son échantillonnage à un unique site en aval de l'exploitation des sables bitumineux" a souligné Schindler qui espère que ses conclusions seront comparées aux études du ministère canadien par les industriels et le gouvernement. Il conclut : "nous avons alerté la population quant aux concentrations en HAP, maintenant il faut agir".

Des conclusions qui soulèvent la controverse

Ces résultats contredisent les affirmations des industriels et du gouvernement albertain qui met en doute les conclusions de cette étude. Selon les exploitants et le gouvernement, le niveau plus élevé de pollution qui est relevé est imputable à des causes naturelles. Un alibi assez coutumier chez les pollueurs lorsqu'ils sont confrontés aux conséquences de leurs activités.

"Selon Preston McEachern, scientifique environnemental de l'Alberta, les sources de contamination sont plus importantes près des installations de sables bitumineux parce que c'est là que les dépôts de bitume sont les plus concentrés. Quant au programme de contrôle, M. McEachern soutient qu'il a d'abord pour objectif de fournir une information à l'échelle régionale.

La province de l'Alberta se fie à des informations spécifiques issues de l'industrie, revue par des inspecteurs provinciaux, pour obtenir des données plus détaillées", rapporte La Presse Canadienne.
L'exploitation des sables bitumineux : une catastrophe écologique

Selon Greenpeace, au Canada, plus de 3 000 km2 de forêts ont déjà été détruits pour produire ce pétrole.

Pour lire la suite, cliquez sur "lien utile"

Pour en savoir plus sur la situation planétaire