La pollinisation : un service écologique gratuit - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 28/05/2010 à 18h23 par Frederic.


LA POLLINISATION : UN SERVICE ÉCOLOGIQUE GRATUIT

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La pollinisation : un service écologique gratuit

L'autofécondation consiste en la fécondation d'un ovule par du pollen issu de la même plante.

La plupart des plantes à fleurs étant hermaphrodites, l'on pourrait croire que l'autofécondation serait pour elles le moyen le plus simple pour assurer leur reproduction.

Mais ce type de pollinisation, même s'il parvient à assurer la continuité de l'espèce, n'est pas prisé par les plantes, car il appauvrit leur patrimoine génétique au même titre que l'endogamie chez les humains.

S'ils ne se satisfaisaient que de cette méthode, les végétaux seraient dans l'incapacité de s'adapter à de nouvelles conditions de vie telles que la modification de la constitution du sol ou lors de changements climatiques par exemple.

L'adaptation est une condition essentielle à la survie des espèces, tant végétales qu'animales, et le brassage génétique constitue l'élément essentiel de cette capacité.

Le déclin des pollinisateurs

A la lecture de ce qui précède, on l'aura compris, de toutes les méthodes mises en oeuvre par les plantes pour se reproduire, la pollinisation par zoogamie est la plus répandue, et l'entomophilie la plus efficace, alors même que les animaux n'ont absolument pas conscience de leur rôle dans la dispersion du pollen ou des graines.

La richesse de la biodiversité est due à l'interaction de ces divers acteurs, et le déclin des uns et des autres, voire leur disparition, pourrait rapidement provoquer un déséquilibre irréversible des écosystèmes.

La perte de nombreuses espèces végétales et animales provoquée par la déforestation dans les zones tropicales ou subtropicales, l'arrachage des haies et les cultures intensives dans les zones tempérées, la pollution ou encore l'urbanisation, ont provoqué une prise de conscience chez l'homme qui a réalisé que son devenir est étroitement lié à la bonne santé de la nature.

Fort de ce constat, il multiplie les actions pour tenter d'enrayer le phénomène de déclin. L'une d'entre elles consiste dans nos régions, à développer les jachères floricoles pour attirer les pollinisateurs et faire en sorte qu'ils se reproduisent. Procurer des fleurs mellifères aux abeilles part d'un bon sentiment, mais la méthode n'est pas forcément bien adaptée.

En effet, lorsque l'on parle "abeille", on pense surtout aux abeilles sociales, celles qui vivent dans des ruches et qui produisent du miel.

En fonction de ce postulat, les jachères apicoles sont donc majoritairement constituées de fleurs mellifères parfois exotiques, ce qui n'est pas fait pour arranger la situation.

Or, la grande famille des hyménoptères n'est pas constituée exclusivement d'abeilles coloniales.

Elle regroupe au contraire près d'un millier d'espèces sauvages, solitaires ou sociales, rien qu'en France, et qui ne sont pas forcément attirées ou équipées pour accéder au nectar produit par ces fleurs.

Elles sont généralement inféodées à une poignée d'espèces végétales, parfois très discrètes, qui ne sont pas retenues dans la problématique. (...)

Ces jachères sont donc trop sélectives car elles ne tiennent pas compte des spécificités de chaque espèce d'abeille. (...)

Si l'on prend le risque de saturer les champs d'abeilles domestiques, les populations d'abeilles solitaires déclineront.

En favorisant l'abeille domestique, on court donc le risque de déprimer les espèces solitaires, et par là de mettre en danger la survie de certaines plantes.

L'aspect artificiel de cette démarche est parfois accru par l'implantation de ruches à proximité immédiate des champs fleuris.

En effet, une forte concentration d'abeilles domestiques peut se révéler dissuasif pour les autres pollinisateurs vivant sur le site.(...)

Malgré tout, l'abeille domestique est une sorte de baromètre des populations sauvages.

En effet, si les colonies d'abeilles sociales déclinent pour toutes sortes de raison, il en est de même pour les autres espèces pollinisatrices.

Mais pour ces dernières, il est impossible de quantifier les pertes.

La disparition des habitats est très certainement l'une des premières causes de leur raréfaction car, quand l'homme dispose des terrains occupés par les insectes, il contribue tout d'abord à la disparition de leur moyen de subsistance : les fleurs (tonte à ras des pelouses fleuries, gyrobroyage des bas-côtés,...). (...)

Un nouveau projet initié par le Museum National d'Histoire Naturel auquel participe l'Opie, la Fondation Nicolas Hulot et Nature & Découverte, dont le nom provisoire est Spipoll (Suivi Photographique des Insectes Pollinisateurs) verra le jour au printemps 2010.

Pour lire la suite de cet article, cliquer sur "Lien utile"

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

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Auteur : Patrick Straub

Source : www.futura-sciences.com