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Cette actualité a été publiée le 12/09/2009 à 23h29 par Phil.


LA PÊCHE AUX DAUPHINS ÉPINGLÉE PAR UN DOCUMENTAIRE CHOC

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La pêche aux dauphins épinglée par un documentaire choc

Information reccueillie par Phil'

L'affrontement des pêcheurs avec les protecteurs des animaux a redoublé dans la baie japonaise de Taiji depuis qu'un documentaire, "The Cove", a levé le voile sur la chasse aux dauphins. VIDEO

La saison de la pêche aux cétacés s'est ouverte le 1er septembre dans ce port des rives de l'Océan Pacifique.

Comme chaque année, les pêcheurs attirent des milliers de dauphins dans une crique pour les capturer.

Les plus beaux spécimens seront vendus à des delphinariums du monde entier pour y être montrés en spectacle.

La plupart des autres sont d'habitude tués et vendus à des supermarchés pour la consommation locale, et quelques-uns sont relâchés.

Mais cette année, la pêche s'est ouverte dans une ambiance particulière à Taiji, devenue symbole de la cruauté pour les défenseurs des dauphins après la sortie du film "The Cove, la baie de la honte".

Vainqueur du prix du public au festival du film indépendant de Sundance 2009 (ouest des Etats-Unis), ce documentaire montre de façon crue le massacre de cétacés perpétré chaque année.

Ces images-chocs ont poussé la ville australienne de Broome à suspendre ses liens de jumelage avec Taiji.

La narration insiste par ailleurs sur les risques encourus par les mangeurs de dauphins, dont la viande contient une importante dose de mercure.

Lors du tournage, le réalisateur Louie Psihoyos a recouru à des techniques "commando": les cadreurs se sont cachés tandis que des plongeurs expérimentés jouaient au chat et à la souris avec les pêcheurs.

Le coach de Flipper

Le personnage principal du documentaire, Richard O'Barry, entraîneur de dauphins pour la célèbre série "Flipper", défend leur cause aux quatre coins du globe.

Il vient de revenir à Taiji pour l'ouverture de la saison de la pêche et y a reçu un accueil plus que mitigé, se voyant interdire l'accès à un supermarché vendant de la viande de mammifère marin.

"Les dauphins sont des créatures très intelligentes, elles ont conscience d'elles-mêmes, comme les gorilles et les humains", explique-t-il. "Je ne vois pas l'intérêt" de les tuer.

Mais sur place, son message ne passe pas.

Incompréhension

"Je ne comprends pas l'argument de ces Occidentaux", critique Hiromitsu Taniguchi, un peintre en bâtiment de Taiji.

"Ils mangent du boeuf, du porc et du poulet. Nous, on mange du dauphin et de la baleine, c'est comme ça".

La municipalité de Taiji organise chaque année une cérémonie rituelle pour rendre hommage aux esprits des dauphins et baleines défunts.
Les pêcheurs éconduisent les journalistes, s'estimant victimes d'une couverture biaisée.

La plupart des Japonais apparaissant dans "The Cove" se sentent quant à eux trahis par le film.

Hisato Ryono, un membre du Conseil municipal de Taiji qui a publiquement évoqué les risques sanitaires de la consommation de dauphin, explique avoir répondu à l'équipe en pensant qu'il s'agissait d'un film sur la pollution maritime, pas d'un pamphlet anti-pêche.

"Montrer des scènes de massacre n'est pas honnête", estime M. Ryono, qui ne mange pas de cétacé mais n'est pas opposé à sa pêche.

"Vous êtes forcément tristes pour les animaux qui se font tuer, quels qu'ils soient".

Tetsuya Endo, chercheur à l'Université des sciences sanitaires de Hokkaido, déplore que son interview ait été diffusée sans son autorisation.

"Le ton général du film est une insulte au peuple japonais et au peuple de Taiji en particulier", dénonce-t-il.

Interrogé à ce propos, le réalisateur a assuré à l'AFP que le film n'était "pas une attaque contre les Japonais, qui ignorent pour la plupart ce qui se passe à Taiji".