La mondialisation favorise-t-elle l'ascension des femmes ? - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 07/07/2011 à 02h05 par Kannie.


LA MONDIALISATION FAVORISE-T-ELLE L'ASCENSION DES FEMMES ?

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La mondialisation favorise-t-elle l'ascension des femmes ?

 

Dans les sphères politique et économique, le pouvoir a beaucoup plus souvent qu'autrefois un visage féminin. Mais les femmes constituent encore les trois cinquièmes des humains les plus pauvres et les deux tiers des analphabètes de la planète.

Tout ce qui était établi et communément admis part en fumée, le sacré est profané, des structures qui étaient solides et verrouillées s'effondrent et les croyances anciennes se délitent.

Les femmes sauvent les banques islandaises de la crise, les ouvrières des usines bangladaises se mettent en grève pour protester contre les salaires de misère et, au Nigeria, les filles apprennent la mécanique automobile pour ne pas avoir à se prostituer.

Un spectre parcourt la planète. Il a pour nom mondialisation et semble suivre à la lettre un scénario écrit par Karl Marx il y a plus de cent cinquante ans. A ceci près que Karl Marx ne parle à aucun moment des femmes. C'est pourtant précisément parce que nous sommes au beau milieu d'une crise que certains ont déjà qualifiée de "crise d'hommes" que nous devons nous interroger sur cette nouvelle révolution : comment la mondialisation est-elle en train de transformer les femmes ? Comment les femmes sont-elles en train de transformer le monde ?

La mondialisation signifie l'abolition du temps et de l'espace. Avec elle, les personnes, les produits et l'argent se propagent dans le monde, ainsi que les connaissances et les valeurs.

La mondialisation traverse les frontières culturelles et transmet des images et des idées via la télévision et Internet, en se heurtant souvent à des schémas sociaux archaïques profondément enracinés qui cimentent depuis de nombreux siècles une inégalité extrême entre les sexes. Le capitalisme –qui règne partout sur la planète– affecte toutes les classes sociales et modifie les rôles des sexes.

Le pouvoir a beaucoup plus souvent qu'autrefois un visage de femme : celui d'Angela Merkel en Allemagne, de Julia Gillard en Australie ou de Hillary Clinton dans le monde entier. Les multinationales américaines Pepsi et Xerox sont dirigées par des femmes et, en France, c'est une femme, Anne Lauvergnon, qui présidait encore récemment aux destinées de la grande entreprise nucléaire Areva.

Ces images, symboliques et exemplaires, font le tour du monde. Reste à savoir si ces femmes sont le signe que le monde est en train de changer, si ce sont elles qui veulent changer le monde ou si elles ne sont rien de plus qu'une minorité symbolique.

Les chiffres aussi font le tour du monde, et on ne peut pas dire qu'ils soient très enthousiasmants. Trois cinquièmes des plus pauvres de la planète et deux tiers des analphabètes sont des femmes. Le travail non rémunéré est accompli aux deux tiers par les femmes, qui perçoivent 10 % de la masse salariale mondiale et possèdent 1 % de la richesse de tous les pays.

Il est difficile de mesurer en chiffres le progrès réel. L'indice sexospécifique de développement humain (ISDH) qu'établit l'ONU chaque année depuis plus de dix ans [cet indice a été abandonné en 2010 au profit de l'indice d'inégalité de genre] peut nous donner quelques pistes, puisqu'il indique le niveau d'égalité des chances dans un pays. Il n'évalue pas la répartition du pouvoir politique, mais compare le taux de scolarisation, les revenus et l'espérance de vie des hommes et des femmes.

En tête de liste, on retrouve presque toujours les pays scandinaves, le Canada, l'Australie et la Suisse. La France également est généralement bien placée.

Dans le classement de 2009, l'Allemagne est 20e sur 155 et l'Espagne est 9e. Le Mexique, le Chili et l'Argentine sont dans le premier tiers de la liste, et la Chine en 75e position. Le Niger et l'Afghanistan sont en bas, et le Bangladesh, le pays des ouvrières du textile en grève, est 123e, ce qui indique que les choses se sont améliorées par rapport au siècle dernier : il était alors 140e.

En prenant le train de la mondialisation, des pays comme la Chine, le Mexique et le Bangladesh ont fait l'expérience d'une version plus dure de "ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelles" que prédisait Marx dans le Manifeste communiste, en 1848.

Le changement est particulièrement important dans un pays comme le Bangladesh, qui est l'un des plus pauvres du monde et où la domination de l'homme sur la femme reste largement considérée comme une volonté de Dieu. Le marché mondial l'a transformé en un atelier de production, surtout pour l'industrie textile, parce que la main-d'oeuvre y est beaucoup moins chère que dans les pays industrialisés.

Pour les femmes, cela a signifié sortir de chez elles, en finir avec leur vie de recluses ; mais, souvent aussi, un salaire extrêmement modique et des risques pour leur santé, avec de très longues journées de travail dans des usines mal aérées et sujettes aux incendies : bref, un progrès avec danger de mort.
 

Un article de Barbara Supp, publié par le Courrier International

 

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Auteur : Barbara Supp

Source : www.courrierinternational.com