La marée noire menace la "pouponnière animale" de l'Amérique du Nord - #WikiSurTerre

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Cette actualité a été publiée le 05/05/2010 à 20h33 par Tanka.


LA MARÉE NOIRE MENACE LA "POUPONNIÈRE ANIMALE" DE L'AMÉRIQUE DU NORD

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La marée noire menace la "pouponnière animale" de l'Amérique du Nord

LA NOUVELLE-ORLÉANS, Etats-Unis - La marée noire qui menace de toucher le sud des Etats-Unis met en péril l'existence des marais que les experts qualifient de "pouponnière animale", à une époque de l'année durant laquelle oiseaux, tortues et mammifères donnent naissance à leurs petits.

"La pouponnière animale de l'Amérique du Nord est en danger", lance Mark Floegel de Greenpeace lors d'un entretien avec l'AFP.

Le printemps est, pour la faune, la période durant laquelle les petits voient le jour. Chez les tortues de mer, cela se traduit par la migration puis la ponte. C'est également à ce moment que les oiseaux nidifient. Pour eux, les marais de Louisiane, du Mississippi et d'Alabama constituent un sanctuaire.

Selon M. Floegel, le dauphin à gros nez et les tortues de mer seraient parmi les premières victimes de la marée noire engendrée par le pétrole échappé de la plateforme Deepwater Horizon.

Un constat que Mandy Tumlin, biologiste au département de la Faune de l'Etat de Louisiane, reprend à son compte. "Les dauphins sont particulièrement menacés parce qu'ils n'ont aucune fourrure pour les protéger du pétrole. Le pétrole s'infiltre dans leurs yeux, leur peau et les autres muqueuses".

Son collègue, l'ornithologue Michael Carloss renchérit: "Les oiseaux profitent du printemps pour migrer. En ce moment, les pélicans bruns nidifient et leurs oeufs ne devraient pas tarder à éclore." Leur population est estimée à 30.000 en Louisiane.

S'il entamait une progression dans les marais, le pétrole s'inviterait dans la chaîne alimentaire de toute la région. Le "bayou" regorge de poissons et de crustacés dont les oiseaux, alligators et autres ratons laveurs sont friands.

"Dès lors, les poissons seraient souillés. Lorsque les pélicans ou d'autres oiseaux mangent ces poissons, c'est à leur tour d'être contaminés, puis à celui de leurs petits", explique M. Carloss.

Lorsqu'il est ingéré, le pétrole provoque des inflammations et des lésions internes à l'issue parfois fatale, rappelle Mandy Tumlin.

A cela s'ajoute le stress induit par la nappe de pétrole. "Un oiseau englué dans une nappe de pétrole va tenter de toutes ses forces de s'en extraire. S'il s'en sort, il sera totalement désorienté. Et puis, il y a les petits qui, si leurs parents meurent, se retrouvent seuls dans le nid sans rien à manger", poursuit Michael Carloss.

Les experts interrogés par l'AFP font unanimement part de leur inquiétude quant au sort de la tortue de Kemp, fortement menacée de disparition.

Ces tortues de mer, qui vivent exclusivement sur le continent américain, "sont en train de migrer vers les côtes du Mexique pour aller pondre sur les plages", explique Sarah Burnette de l'Institut Audubon.

Or, "la nappe de pétrole se trouve en plein milieu de leur trajectoire", soupire-t-elle.

Pour le moment, "une vingtaine de tortues ont été retrouvées mortes sur les plages de l'Etat du Mississippi, mais on ne sait pas si le pétrole est en cause", souligne Mme Burnette.

Pour Larry Schweiger, président de la Fédération nationale pour la protection de la faune, "la question n'est pas de savoir si la faune va être en danger, mais plutôt quand elle va l'être".

"Je ne vois pas comment autant de pétrole peut se déverser dans l'écosystème sans qu'il y ait d'énormes répercussions", dit-il à l'AFP.

BP, qui exploitait la plateforme qui a sombré le 22 avril, estime que 800.000 litres de pétrole s'échappent chaque jour du puits situé par 1.500 mètres de fond.

Source : lexpress.fr

Information recueillie par Tanka

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