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Cette actualité a été publiée le 24/11/2009 à 20h27 par Tanka.


LA LUTTE CONTRE LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE NUIT AUX PEUPLES INDIGÈNES

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La lutte contre le réchauffement climatique nuit aux peuples indigènes

Information recueillie par Tanka.

Pour lutter contre le réchauffement climatique, les solutions sont nombreuses : stopper la déforestation, développer les agrocarburants ou les barrages fournissant de l'hydroélectricité, mettre en place une compensation carbone... Autant de mesures qui menacent les peuples indigènes, selon les conclusions d'un rapport de l'association Survival International.

Le réchauffement climatique est un problème complexe. Et les solutions mises en place par les pays pour y remédier ne sont pas aussi parfaites qu'elles en ont l'air ! Selon le rapport publié le 23 novembre par Survival International, les mesures prises pour faire face au réchauffement de la planète risquent d'être aussi dangereuses que le changement climatique lui-même pour les peuples indigènes ! Voilà une conclusion qui risque de déranger bien plus d'un dirigeant à la veille de l'ouverture du sommet de Copenhague. « La plus dérangeante des vérités », c'est d'ailleurs le titre du rapport qui souligne les effets pervers de quatre mesures censées atténuer le réchauffement climatique.

Des populations entières chassées de leurs territoires...

Ainsi, le développement des agrocarburants, envisagé comme une alternative aux énergies fossiles, a pour conséquence de chasser des populations entières de leurs terres. C'est le cas par exemple du peuple Guarani au Brésil : le président Lula a incité au développement des cultures de canne à sucre destinées à la production d'éthanol, au détriment de la survie même de ce peuple installé sur ces terres ancestrales. Si cette production s'intensifie, de nombreux autres peuples indigènes seront menacés, et risqueront de voir leur culture et leur mode de vie disparaître...

Le même problème se pose quant au développement des barrages : s'ils permettent de développer les ressources en hydroélectricité, ils perturbent aussi de nombreuses implantations de peuples indigènes.

Autre solution avancée pour lutter contre le réchauffement climatique : la compensation des émissions de carbone, qui a pour effet de décupler la valeur des forêts dans lesquelles sont installés ces peuples. Et donc de développer les enjeux de pouvoir...

Quant aux mesures prises pour protéger les forêts et lutter contre la déforestation, elles aboutissent dans certains cas à l'expulsion pure et simple de tribus entières.

Des droits violés au nom de la lutte contre le réchauffement climatique

Certes, les impacts du réchauffement climatique sur les peuples indigènes sont ressentis aux quatre coins du monde, tant par les Yamomami de la forêt brésilienne que par les peuples éleveurs de rennes en Finlande ou en Russie. « Parce qu'ils vivent dans des endroits du monde où son impact est le plus fort, où leurs modes de vie, leurs cultures, leurs vies dépendent largement ou exclusivement de l'environnement naturel, ils sont plus vulnérables que n'importe qui d'autre sur Terre », souligne l'Association. Mais, le plus souvent, les solutions mises en place « permettent plus facilement aux gouvernements, aux compagnies et autres de s'approprier, d'exploiter et, dans certains cas, de détruire leur territoire ».

Pour éviter ces effets pervers, Survival International émet quelques recommandations : les mesures prises pour limiter les effets du réchauffement climatique doivent impliquer les peuples autochtones et s'appuyer sur leurs connaissances de l'environnement. L'asssociation va même plus loin en réclamant que les droits de ces peuples soient respectés : ils doivent pouvoir donner leur avis sur toutes les décisions liées à leurs terres. Espérons que cette voix sera entendue à Copenhague.

Pour en savoir plus sur la situation planétaire