La gestion de la marée noire fragilise Barack Obama - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 26/05/2010 à 20h28 par Tanka.


LA GESTION DE LA MARÉE NOIRE FRAGILISE BARACK OBAMA

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
La gestion de la marée noire fragilise Barack Obama

C'était déjà un casse-tête technique. La marée noire du golfe du Mexique est en outre devenue un problème politique pour Barack Obama. Son administration offre un spectacle d'impuissance de plus en plus impopulaire. Au 36e jour de la catastrophe, les appels se sont multipliés pour demander au gouvernement de prendre totalement en charge l'organisation des opérations au lieu de la laisser à British Petroleum (BP), le pollueur.

Tous les espoirs de l'administration étaient suspendus, mercredi 26 mai, à l'"assaut" qui doit être donné contre le puits dont continuent à s'écouler des milliers de barils de pétrole à 1 500 mètres sous le niveau de la mer : une procédure – appelée le "top kill" – qui n'a jamais été tentée à pareille profondeur. De l'aveu du PDG de BP, Tony Hayward, les chances de succès étaient de 60 à 70 %.

Dans un premier temps, BP a décidé d'interrompre la transmission des images vidéo du puits endommagé, qu'elle a été obligée de mettre à la disposition du public, à la requête du Congrès. Devant les protestations, la compagnie a dû se raviser. Le "top kill" sera télévisé. "Les espoirs de millions d'Américains reposent sur cet effort, a déclaré le représentant démocrate Ed Markey. Et le monde mérite d'être aux premières loges."

La nappe de pétrole est maintenant évaluée à une superficie équivalente à celle "du Delaware et du Rhode Island". La tension est montée au point que certains réclament une "solution militaire" faisant intervenir des explosifs. Les Américains ont du mal à accepter l'idée que la solution technologique n'a pas encore été trouvée. "En tant que pays le plus puissant du monde, nous devrions être capables d'arrêter cette fuite !", a plaidé le représentant républicain Joseph Cao.

Barack Obama a beau avoir déployé une armada (22 000 personnes sont maintenant mobilisées dans le golfe du Mexique) et un Prix Nobel de physique, le ministre de l'énergie Stephen Chu, beaucoup estiment qu'il a lâché trop de lest à BP.

La compagnie est critiquée pour avoir minimisé le volume de pétrole s'écoulant de la fuite – limitant de fait ses responsabilités – et pour avoir continué à utiliser un dispersant jugé toxique, malgré une injonction du gouvernement. Et l'enquête menée par deux parlementaires américains met en évidence de nombreuses erreurs commises sur la plate-forme avant l'explosion.

"PRENDRE LES CHOSES EN MAINS"

Dans l'avion qui l'emmenait mardi 25 mai à San Francisco pour participer à une soirée de collecte de fonds pour Barbara Boxer, la sénatrice démocrate qui préside la commission de l'environnement, Barack Obama a téléphoné à Stephen Chu pour s'informer des perspectives de succès du "top kill", et montrer à quel point il s'occupe de la marée noire.

Pour un pays en proie à un débat animé sur le rôle du gouvernement, il semble clair que le président doit enfin "prendre les choses en mains".

Actuellement, BP exécute sous la supervision du gouvernement, en vertu d'un arrangement compliqué : "Nous sommes activement impliqués dans les consultations concernant les stratégies techniques proposées par BP", a résumé l'amiral Thad Allen.

Selon un sondage réalisé pour CBS, 35 % seulement des Américains approuvent la manière dont le président gère la situation (mais deux fois plus que pour BP). Un sondage CNN, publié la veille, indiquait que 51 % des Américains la désapprouvaient alors qu'ils n'étaient qu'un tiers il y a deux semaines, selon une enquête Associated Press.

La Maison Blanche s'est aperçue que ses explications passaient mal et que l'impuissance des ingénieurs rejaillissait sur elle, même si BP est "la partie responsable". A la hâte, elle a mis en place une communication tous azimuts, pour tenter de convaincre que la "fédéralisation" des opérations ne changerait rien : le Pentagone ne dispose pas des petits robots sous marins dotés de bras qui peuvent travailler sous l'eau.

Alors que le ministre de l'intérieur Ken Salazar, disait dimanche que BP devrait éventuellement être "poussé sur le côté" si la compagnie ne se conformait pas aux directives présidentielles, l'amiral Allen a privilégié la poursuite du mariage forcé actuel. Remplacer BP mais "par quoi ?" a-t-il demandé. Il a quand même indiqué s'être adressé à d'autres compagnies pétrolières, y compris étrangères pour demander conseil. Et, ce qui prélude peut-être à des changements, pour s'informer de la régulation des plates-formes dans le reste du monde.

Le président Obama devait recevoir jeudi les conclusions d'un premier rapport scientifique, émanant de l'Académie nationale des ingénieurs, sur l'explosion de la plateforme DeepWater Horizon, le 20 avril à 70 km des côtes de la Louisiane. Il a prévu de se rendre dans le golfe vendredi, pour une deuxième visite, après celle, brève, de début mai.

Pour lire la suite de cet article, cliquer sur "Lien utile"

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

.





Auteur : Corine Lesnes

Source : www.lemonde.fr