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Cette actualité a été publiée le 06/05/2011 à 20h00 par Tanka.


LA FRANCE RESTITUE SA PREMIÈRE TÊTE MAORIE

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La France restitue sa première tête maorie

 
Le 9 mai, la tête maorie conservée au musée d'Histoire naturelle de Rouen depuis 1875 regagnera la Nouvelle-Zélande. L'issue d'un combat de cinq ans pour la sénatrice de Seine-Maritime, ex-adjointe à la culture au conseil municipal de Rouen, Catherine Morin-Desailly.

Engagée dans l'affaire depuis 2007, elle se dit ravie d'avoir “contribué à ce que la France, pays des droits de l'homme, se mette enfin au diapason des pays et institutions qui ont déjà restitué 300 têtes sur les 500 réparties à travers le monde”.

Après Genève, Londres, Copenhague, Buenos Aires et Sydney, Rouen répond au devoir symbolique et mémoriel de cette restitution, devenant la première ville française à rendre un reste humain à la Nouvelle-Zélande - 14 crânes peuplant encore nos musées. Les cérémonies prévues le 12 mai à Wellington signeront “l'épilogue heureux d'une formidable aventure humaine”.

Inaliénabilité. Si l'affaire a traîné, c'est qu'elle posait des questions épineuses, à la croisée du droit, de l'art et de l'éthique. Plus largement, elle relève de la problématique des restitutions de biens culturels d'Etat à Etat, véritable casse-tête pour les juristes. La France s'y était déjà frottée à propos de la tristement célèbre Vénus hottentote, finalement rendue à l'Afrique du Sud en 2002.

Concernant les têtes maories, le maire de Rouen, Pierre Albertini, et Catherine Morin-Desailly, à l'époque son adjointe à la culture, ont signifié dès 2006 leur souhait de restituer la tête conservée au musée depuis 1875.

En jeu, à chaque fois, le statut des objets : restes humains ou oeuvres d'art ? Un litige aux conséquences juridiques décapantes. Car si la décision prise à l'unanimité par le conseil municipal, le 19 octobre 2007, de restituer la tête a été contredite par le tribunal administratif, saisi à l'époque par le ministère de la Culture, c'est bien en considérant que la tête, “objet de collection” appartenant à ce titre au domaine public de l'art, était inaliénable.

Or, c'est contre cette interprétation stricte du code du patrimoine que Catherine Morin-Desailly a fait valoir toutes les implications éthiques et symboliques de ces détentions de restes humains, présentant au nom du groupe Union centriste une proposition de loi visant à lever l'inaliénabilité du domaine public pour l'ensemble des têtes maories conservées en France. Votée à l'unanimité au Sénat le 29 juin 2009, approuvée par l'Assemblée le 4 mai 2010, la loi permet enfin aux têtes ainsi déclassées de retrouver leur pays d'origine.

Ethique. Fin de l'histoire ? Non, le “début d'une nouvelle” pour la sénatrice, qui rappelle que l'arsenal juridique en cours est lui aussi de plus en plus favorable à une éthique des collections.

 

Un article de Clémentine Boulard, publié par icrainternational

 

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Auteur : Clémentine Boulard

Source : www.icrainternational.org

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