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Cette actualité a été publiée le 02/05/2011 à 18h30 par Tanka.


LA FRANCE, LANTERNE ROUGE DE L'AGRICULTURE BIO EUROPÉENNE

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La France, lanterne rouge de l'agriculture bio européenne

 
Les médias ne cessent d'en parler : tout le monde « se met au vert ». Alors que le Salon de l'agriculture s'ouvre ce samedi, Rue89 a cartographié les terres bio en Europe et s'est rendu compte que la France est en retard dans ce domaine.

Tous nos grands voisins sont devant nous en terme de taille des terres bio : l'Italie est championne d'Europe (elle totalise le cinquième des surfaces), suivie de l'Espagne, de l'Allemagne et du Royaume-Uni. La France est cinquième pays pour l'importance des terres, mais le 21e si l'on compte la part de la production biologique dans le total de l'agriculture (2%).

Ridicule si l'on nous compare par exemple à l'Autriche dont 13% des surfaces cultivées le sont en bio, l'Italie, la Lettonie et l'Estonie (9% pour les trois) ou encore la Grèce (8%). Et si l'on considère que la moyenne européenne est de 4 à 5% des terres cultivées en bio, on voit que la France, avec ses 2% est très loin du compte. (Voir la carte)

En résumé : en vert les bons élèves, en bleu « peut mieux faire », en jaune les cancres

Certes, le dernier baromètre d'opinion sur le sujet dit que « malgré la crise 44% des Français ont consommé bio au moins une fois par mois en 2008 ». 22% déclarent qu'ils augmenteront leur consommation de produits bio dans les six prochains mois. Et, oh surprise, 76% de personnes interrogées déclarent que « l'agriculture bio est une solution d'avenir ».

La France importe, l'Espagne exporte

Si la consommation ne cesse de progresser, c'est la production qui est insuffisante. La France doit importer une grande partie des produits bio qu'elle consomme tandis que l'Espagne en exporte l'essentiel.

La directrice de l'Agence bio, Elisabeth Mercier veut relativiser le retard français :

»L'histoire du bio en France est ancienne à travers des initiatives privées comme la mise au point du pain au naturel par Raoul Lemaire 1929, la création du réseau de magasins La Vie claire 1946 et la première reconnaissance en 1980 de la bio avec l'intégration dans la loi d'une agriculture sans produits de synthèses. On a été en pointe en Europe, y compris avec la création du label AB en 1985. Ce label a a facilité la vie des consommateurs, les Allemands ont créé BIO au début des années 2000 et les Italiens sont toujours en train de courir après le leur. »

Œufs, huiles, vins, beaucoup de produits

Ce désordre européen doit cesser l'an prochain avec la naissance d'un logo européen qui deviendra obligatoire (et s'ajoutera en France à AB). En attendant, il rend difficile toute comparaison entre les niveaux de consommation bio des uns et des autres.

Elisabeth Mercier dresse un tableau de la consommation de produits bio :

« On est en position médiane. L'Allemagne représente à elle seule 30% de l'ensemble de la consommation bio en Europe, devant le Royaume Uni, l'Italie et la France. Les Danois et Autrichiens consomment beaucoup bio mais ce sont de petits pays donc cela pèse peu. La France a une grande diversité de produits avec le pain, les huiles, les pâtes, les vins, fromages... nous avons des savoir-faire. La part de marché du bio est significative pour les oeufs (11% du marché), le lait (8%), les huiles, les fruits et légumes (2 à 3%), les compléments alimentaires... et certains produits ne se trouvent qu'en bio comme le quinoa ! ».

Le défi principal, estime cette représentante du groupement d'intérêt public rassemblant producteurs, distributeurs, transformateurs et financée par les pouvoirs publics (4,8 millions d'euros de budgets en 2008) c« est “de développer la production dans tous les produits et toutes les régions”.

Pourquoi les agriculteurs français ont-ils tant de mal à se mettre au bio alors qu'ils savent qu'ils écouleront leur production sans problème ? Il n'y a qu'à voir ceux qui ont adhéré au réseau des Amap (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne) : ils vendent des paniers bio à des citadins et frustrent leurs clients faute de pouvoir satisfaire la demande.

Quelques pistes de réflexion :

* les lobbies de la chimie sont bien plus présents et actifs en France qu'ailleurs, ils savent convaincre, via la FNSEA, les agriculteurs de la nécessité d'utiliser engrais et pesticides.
* la conversion vers l'agriculture biologique est lourde : elle nécessite un investissement en temps et argent, une prise de risque qui n'est pas assez soutenue estiment certains. Le “Plan agriculture biologique : horizon 2012” qui visait à tripler les surfaces en cinq ans a fait sauter le plafond de 7500 euros d'aide par exploitation depuis le 1er janvier dernier.
* un problème culturel : la France, vieille nation paysanne, aurait-elle du mal à s'adapter ? Qu'en pensez vous ?

Un riverain géographe nous a envoyé cette jolie carte, réalisée à partir des infos recueillies par Rue89 et plus explicite que la Google map et ses “gouttes”. Merci à lui et dommage que nous ne l'ayons pas rencontré avant.
 

 
Un article de Sophie Verney-Caillat, publié par rue89

 

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Auteur : Sophie Verney-Caillat

Source : www.rue89.com