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Cette actualité a été publiée le 20/12/2010 à 10h26 par Tanka.


LA FRANCE EN PROIE AU FROID AUSSI EN 1709 !

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La France en proie au froid aussi en 1709 !

L'hiver 1709 est un des plus rigoureux dont on ait gardé le souvenir. Le froid sévit très fortement en France, en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Angleterre et dans tous les pays du nord. Les fleuves les plus rapides de France, même ceux du Midi, furent entièrement pris. Les mers et les golfes qui baignent les côtes méridionales de l'Italie et de la France furent gelés. Vers la fin de janvier, on traversait sur la glace les lacs de Constance et de Zurich avec des voitures chargées

Le secours du potage, à Paris, pendant la famine de 1709Selon les Notices sur l'état thermométrique du globe terrestre du célèbre astronome François Arago publiées de façon posthume en 1858, à l'Observatoire de Paris, on eut, d'après La Hire : le 4 janvier -7°.5 ; le 6 janvier-1°.4 ; le 7 janvier -7°.6 ; le 10 janvier -18° ; le 13 janvier -23°.1 ; le 14 janvier -21°.3 ; le 20 janvier -20°.4 ; le 21 janvier -20°.6. Les effets de ce froid extraordinaire sur les hommes, les animaux, les végétaux et les récoltes en terre sont décrits dans divers Mémoires de l'époque.

Plusieurs espèces de petits oiseaux et d'insectes furent presque anéantis en Angleterre et dans le nord du continent ; Derham compte jusqu'à vingt espèces d'oiseaux de la zone glaciale qui furent vus et tués sur les côtes d'Angleterre. Un grand nombre de voyageurs succombèrent aux atteintes de la gelée, et le bétail périt dans plusieurs provinces.

Beaucoup d'arbres forestiers furent gelés jusqu'à l'aubier, et, vingt ou trente ans plus tard, on retrouvait dans la coupe d'un vieux tronc la marque de la cicatrice de 1709 (faux aubier). Les lauriers, les cyprès, les chênes verts, les oliviers, les châtaigniers, les noyers les plus vieux et les plus forts moururent en grand nombre (Buffon, Duhamel du Monceau).

Ce qui mit le comble aux désastres, c'est le dégel de sept ou huit jours qui intervint : la sève se mit en mouvement dans les plantes, et lorsque la gelée reprit avec intensité, tout fut anéanti. La Provence perdit ses orangers et ses oliviers. Du 9 au 11 janvier, on eut à Montpellier un froid de -16°.1.

Le 12 le dégel arriva subitement : les feuilles des oliviers se flétrirent, le bois des branches sécha, l'écorce sphacélée se détacha du tronc (De Gasparin). La vigne disparut dans plusieurs parties de la France ; les jardins et les vergers furent dépouillés de leurs arbres fruitiers. Beaucoup de pommiers parurent n'être pas morts ; ils poussèrent des feuilles et des fleurs et moururent ensuite ; d'autres succombèrent l'année suivante.

Les blés eux-mêmes souffrirent tellement qu'une famine et une mortalité inouïes succédèrent bientôt à ces calamités.

Voici ce que consigna à ce sujet, dans le registre de sa paroisse, le curé de Feings, près de Mortagne : « Le lundi 7 janvier commença une gelée qui fut ce jour-là, la plus rude journée et la plus difficile à souffrir ; elle dura jusqu'au 3 ou 4 février.

Pendant ce temps-là, il vint de la neige d'environ demi-pied de haut : cette neige était fort fine ; elle se fondait difficilement. Quelques jours après qu'elle fût tombée, il fit un vent fort froid entre bise et galerne (vent du nord ouest) qui la ramassa dans les lieux bas ; il découvrit les blés, qui gelèrent presque tous ; peu de personnes connurent qu'ils étaient morts au premier dégel ».

Par bonheur, quelques agriculteurs avisés promenèrent la charrue sur leurs champs ensemencés en blé pour y mettre, malgré les prescriptions de la police, l'orge qui servit à faire le pain nommé de disette. On fit aussi du pain d'avoine. Enfin, on mangea la racine d'arum, le chiendent, l'asphodèle.

La famine fut si grande qu'au mois d'avril il parut un arrêt du conseil qui ordonnait à tous les citoyens sans distinction, ainsi qu'aux communautés, de déclarer exactement leurs approvisionnements en grains et denrées sous peine de galères et même de mort.

Des inondations considérables furent également la suite d'un dégel sans exemple : la Loire rompit ses levées, monta à une hauteur telle qu'on ne l'avait pas vue depuis deux siècles, et ensevelit tout sur son parcours.

(D'après Notices sur l'état thermométrique du globe terrestre paru en 1858)

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Source : www.france-pittoresque.com