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Cette actualité a été publiée le 12/12/2011 à 20h31 par Tanka.


LA FOURRURE : COMMENT LA VENDRE... SANS EN PARLER !

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La fourrure  : comment la vendre... sans en parler  !

 
La fourrure c'est comme la corrida : pas politiquement correct. Et pourtant, les femmes aiment ça. Après la longue éclipse des années 1990, le poil animal est redevenu tendance. N'en déplaise aux associations « anti », très puissantes dans les pays anglo-saxons et sur le Net. Difficile de communiquer sur le sujet. Au point de susciter un comportement schizophrène chez certaines marques qui, chaque hiver, en ont dans leur collection mais ne tiennent pas à ce que cela se sache !

Gabriella Cortese, la créatrice d'Antik Batik, ne tombe pas dans ces faux-semblants. La fourrure, elle en porte, elle en vend et elle en parle. « Outre le côté pratique qui fait que même par grand froid, on peut se contenter d'un petit tee-shirt en dessous, la fourrure vous donne un look et un mental de guerrière », dit-elle. Fidèle à son inspiration neo hippy, elle propose cet hiver de longs gilets et manteaux brodés en agneau de Mongolie, très route de la soie.

Le discours est rodé pour déculpabiliser celles qui hésiteraient encore. Yves Salomon, le grand professionnel qui a révolutionné le métier, rappelle ces quelques règles. « Toutes les peaux tachetées, ocelots, panthères, sont interdites, les lynx et castors font partie des fourrures soumises à des quotas fixés par les ministères américain et canadien de l'Environnement. Pour les autres, c'est-à-dire pour 95 % du marché, les peaux sont d' élevage, contrôlées et traçables. » Donc, à moins d'être végétarienne...
 

 
Démocratisation

Responsable des achats mode féminine des Galeries Lafayette, Pascale Camart le confirme. « La fourrure est devenue un objet de mode. Plus seulement un signe statutaire ou le moyen de se protéger du froid. » La preuve ? les femmes n'ont plus peur de jouer avec. En témoigne la manière dont sont très vite partis, lors des derniers « 3 J » du grand magasin, les petits boléros en vison... vert !

De tous les défilés de couture (à l'exception notable de Stella Mc Cartney qui s'interdit les matières animales, cuir compris), la fourrure s'est surtout largement démocratisée. Pas besoin de gagner au Loto pour s'offrir ragondin, lapin ni même orylag. Exclusivité des élevages français, ce croisement de rongeurs à longues oreilles se caractérise par la douceur de sa fourrure, comparable au chinchilla, lui hors de prix !

Les marques de mode rivalisent d'idées pour ajouter de la fourrure aux vêtement : sur les cols ou les manches et aussi en accessoires (protège-oreilles) ou par touches sur le sac. Exemple chez Maje, Sandro ou Hartford qui proposent des gilets en lapin ou des petites vestes à capuches bordées en renard.

Issus d'une lignée de fourreurs venus de Russie et installés en France en 1920, Yves Salomon et son fils Thomas incarnent le renouveau du métier. Il doit beaucoup aux progrès des techniques de fabrication et le mot d'ordre est priorité à la légèreté et à la souplesse. Débarrassé de leur entoilage, les manteaux perdent du poids, surtout quand le poil est éjarré (raccourci), voire rasé, ce qui donne un aspect velours au vison.

Comme le lapin, ce dernier se tricote et se marie au cuir ou au cachemire pour encore plus de moelleux. Installé à Paris rue de Paradis, l'atelier Salomon emploie quelque 60 personnes, sans compter la sous-traitance, en France et ailleurs.
 

 
Profession mondialisée

Depuis longtemps, la profession s'est mondialisée et pas seulement au niveau du négoce des peaux. Le tricotage ? Une spécialité mise au point par Salomon mais exécutée à la perfection par la « main » chinoise tandis que les Indiens ont une maîtrise inégalée de la broderie. Mais la conception et le style demeurent européen avec Fendi et Salomon en porte-drapeaux.

Depuis 1997 et le premier défilé Gaultier couture qui a relancé la fourrure auprès des créateurs, Yves Salomon est devenu le grand fournisseur des marques de luxe. Ce qui ne l'empêche pas d'ouvrir des boutiques à son nom (6 à ce jour dont 2 à Paris) où il décline ses marques : 245 Saint Honoré pour les produits les plus créatifs et haut de gamme ou Army Fur, dont les parkas militaires doublés lapin ont fait mouche auprès des jeunes.
 

 

Un article de VALÉRIE LEBOUCQ, publié par Les Echos
 

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Auteur : VALÉRIE LEBOUCQ

Source : www.lesechos.fr

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