La disparition des mammouths a refroidi les températures - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 27/05/2010 à 21h48 par Jacques.


LA DISPARITION DES MAMMOUTHS A REFROIDI LES TEMPÉRATURES

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La disparition des mammouths a refroidi les températures

Il y a 12 800 ans, la fin des mammouths en Amérique aurait réduit les émissions de méthane.

Il y a près de 15 000 ans, les grands herbivores ont commencé à disparaître du continent américain. Parmi la centaine d'espèces éteintes, on trouvait des mammouths, des paresseux terrestres, des camélidés, des chevaux, tous de beaucoup plus grande taille que ceux qui leur sont aujourd'hui étroitement apparentés.

Le pourquoi de cette disparition reste controversé. Les mammouths ont-ils été éliminés par l'homme ou par des modifications climatiques consécutives à la chute d'une météorite?

Aucune preuve irréfutable n'a encore été trouvée. Du coup, certains scientifiques pensent que le phénomène pourrait être dû à la combinaison de ces deux facteurs, voire de plusieurs autres qui restent à identifier.

Les conséquences de la disparition de la mégafaune herbivore sur la végétation semblent, en revanche, désormais bien documentées.

Une étude récente a montré que les pollens et les spores déposés au fond des sédiments d'un lac nord-américain ont changé du tout au tout au cours de cette période (Science, 19 novembre 2009). Cette semaine, une nouvelle pièce est apportée à ce dossier aux multiples ramifications.

Une équipe de chercheurs américains avance, en effet, l'hypothèse que l'extinction de tous ces gros animaux a contribué à refroidir le climat planétaire (Nature Geoscience, 25 mai 2010).

«Première catastrophe liée à l'homme»

Taux de méthane dans les carottes de glaces groenlandaises et modèles mathématiques à l'appui, l'équipe pilotée par Felisa Smith, de l'université du Nouveau-Mexique, estime que le refroidissement du Dryas récent, il y a 12 800 ans, pourrait s'expliquer par la diminution des émissions de méthane produites jusqu'alors par les grands herbivores.

La température moyenne avait alors chuté d'environ 7°C pendant près d'un millier d'années.

L'hypothèse paraît d'autant plus vraisemblable que cette période a été caractérisée par une diminution du méthane dans l'atmosphère sans équivalent au cours des 500 000 dernières années. Une diminution dont l'origine reste d'ailleurs encore inexpliquée.

Les chercheurs sont prudents. «Nous avons calculé que la disparition de la mégafaune pourrait expliquer de 12,5% à 100% de la réduction du méthane observée», écrivent-ils.

Certes, le méthane est un gaz à effet de serre trente fois plus puissant que le dioxyde de carbone (CO2), mais les émissions de ce gaz par la mégafaune ne suffisaient sans doute pas à entraîner un réchauffement global du climat, en dépit de leur masse corporelle et de leur abondance dont on ne sait pas grand-chose.

Premier événement catastrophique lié à l'homme

Aujourd'hui, les rejets de méthane des animaux d'élevage sont conséquents. Selon la FAO, les fermentations digestives et les déjections représentent 18% des émissions totales de gaz à effet de serre à l'échelle mondiale.

Les chercheurs notent que les modèles du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) laissent de côté la production de la faune sauvage.

«L'extinction de la mégafaune est le premier événement catastrophique lié à l'activité humaine, concluent les chercheurs.

En conséquence, l'Anthropocène (époque où l'homme a commencé à avoir des effets majeurs sur la planète, NDLR), ne devrait pas commencer avec la révolution industrielle au XIXe siècle, mais avec la migration massive des hommes en Amérique, il y a 13 400 ans.»

Pour en savoir plus sur la situation planétaire
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Auteur : Yves Miserey

Source : www.lefigaro.fr

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