La disparition des espèces végétales et la pharmacopée en Afrique - L'atelier

Accueil

Cette actualité a été publiée le 23/07/2011 à 13h53 par Kannie.


LA DISPARITION DES ESPÈCES VÉGÉTALES ET LA PHARMACOPÉE EN AFRIQUE

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • Linked in
  • Tumblr
  • Google+  FaceBook   Twitter
  • LinkedIn  Tumblr
SOMMAIRE de Demain l'Homme - Accès aux derniers articles quotidiens du module principal WikiSurTerre
La disparition des espèces végétales et la pharmacopée en Afrique

 

Titre initial :

LA DISPARITION DES ESPECES VEGETALES ET LA PHARMACOPEE TRADITIONNELLE EN AFRIQUE TROPICALE
 

INTRODUCTION

Dans les régions tropicales, l'homme est encore tributaire pour une grande part,
de son milieu naturel. Il y tire tout ce qui lui est nécessaire pour sa survie quotidienne. Il est en permanence menacé par l'industrialisation, l'urbanisation, la recherche de bois de feu et d'oeuvre, les cultures vivrières, industrielles et semi-industrielles de caféiers, de cacaoyers, d'hévéa, de palmiers à huile, etc.

L'impact de telles activités sur la couverture végétale et sur la survie des espèces végétales en particulier ont été montrées par plusieurs auteurs dont de Ravigan (1993) et WWF (1994).

Par ailleurs, il est actuellement établi que, dans presque tous les pays africains au Sud du Sahara, les politiques de conservation "in situ" et "ex situ" manquent de rigueur dans leur conception et leur mise en oeuvre et ont échoué. C'est ainsi que la gestion des forêts classées, Parcs Nationaux et Réserves naturelles est négligée. Ceux-ci sont presque tous abandonnés et sont généralement transformés en champs en plantations.

Contrairement à ce qui se passe ailleurs dans ce domaine (notamment dans les pays développés), force est de constater le manque préjudiciable de structures de
conservation "ex situ" (jardins botaniques, parcs arborés et espaces verts) dans les pays d'Afrique tropicale.

Tous ces manquements à la survie de nos écosystèmes naturels aboutissent à la
destruction massive du couvert végétal. Cette situation entraîne une disparition des espèces végétales et constituent la cause de ce qui est dénommé érosion génétique de la biodiversité".

RÉSULTATS : LE POINT SUR LA SITUATION ET SES CAUSES

En Côte d'Ivoire, Aké Assi cite 66 espèces qu'il considère en voie
d'extinction. Anoma et Aké Assi montrent qu'un certain nombre d'entre elles
ont des propriétés médicinales dont Monanthotaxis capea.

Akpagana constate qu'il existe au Togo deux zones soumises à une forte emprise anthropique.

Il s'agit des zones côtière et montagneuse de l'Atakora. Au total 69 taxons y sont observés comme menacés dont certains ont déjà complètement disparu de la flore.

Plusieurs des espèces qui disparaissent possèdent des propriétés thérapeutiques diverses, comme par exemple Dodonaea viscosa (Sapindaceae), Pluchea ovalis (Asteraceae). Les causes de la disparition de la plupart des espèces sont
très diversifiées. Il s'agit de l'exploitation inconsidérée et abusive de la végétation naturelle.

La destruction du milieu naturel d'une espèce entraîne la disparition de celle-ci.

Sur le littoral togolais, la disparition des espèces végétales est aussi due à l'érosion côtière. Ce phénomène entraîne une avancée de la côte et aussi un anéantissement de certains biotopes ainsi que de leurs espèces constitutives.

Des espèces disparaissent sous l'effet d'une exploitation inconsidérée de tout
leur appareil végétatif ou d'une partie seulement de celui-ci. C'est le cas actuellement de Cataranthus rosea (Apocynaceae).

 


 

Cette espèce d'origine néotropicale et devenue pantropicale en Afrique a connu,
à une certaine époque, une exploitation exagérée qui a entraîné sa raréfaction. Elle ne se retrouve que dans la cour et parterres de certaines habitations. Il en est de même de Rauvolfia vomitoria et des diverses espèces du genre Strophanthus.

Enfin, il est à souligner que les espèces rares sont encore plus menacées et leur
disparition serait dommageable à l'écosystème mais aussi à l'homme.

DISCUSSIONS ET CONCLUSION

En ces moments où l'on parle de "santé pour tous", les conséquences de cette
situation sur l'approvisionnement des populations en plantes médicinales, risquent d'être catastrophiques. Le problème de la protection de milieux naturels est donc d'actualité.

Il paraît hautement souhaitable que l'attention des populations et des décideurs soit attirée sur ce danger qui menace le développement de nos pays.

La crise économique et l'impact de la dévaluation des monnaies africaines sut le coût des médicaments importés nous réconforte dans cette idée.

Des mesures adéquates doivent être prises pour une gestion durable de nos ressources naturelles. Il faut :

- une prise de conscience collective beaucoup plus accrue et générale du
problème de la disparition des espèces végétales ;

- la poursuite du recensement de ces espèces à travers des structures plus
spécialisées ;

- la mise au point d'une stratégie de conservation de la biodiversité telle que
retenue par la Conférence de Rio ;

- la mise au point d'un programme d'études chimiques et pharmacologiques de
ces plantes ;

- la culture de certaines de ces espèces médicinales doit être fortement
recommandée et conseillée afin de réduire l'impact de la cueillette sur la flore naturelle.
 

Un article de Koffi AKPAGANA* et Philippe BOUCHER**, publié par Greenstone

 
* Département de Botanique et Biologie végétale - Université du Bénin (Lomé - TOGO)
** Laboratoire de Biologie végétale et Cryptogarnie, UFR Pharmacie, Université de Reims (FRANCE)

 

Vous aimez notre travail ? Alors merci de nous soutenir

Lance-toi ! Deviens vite lanceur d'alerte. Rejoins ceux qui ont la rage !

Le site étrange qui dérange même les anges !

 

........

 

 





Auteur : Koffi AKPAGANA et Philippe BOUCHER

Source : greenstone.lecames.org