La disparition des abeilles aux États-Unis élucidée - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 12/10/2010 à 22h19 par Fred.


LA DISPARITION DES ABEILLES AUX ÉTATS-UNIS ÉLUCIDÉE

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La disparition des abeilles aux États-Unis élucidée

Des chercheurs affirment avoir trouvé les coupables de la pathologie appelée CCD.

Les abeilles domestiques se portent toujours aussi mal aux États-Unis et dans le monde.

Une nouvelle pathologie est apparue là-bas en 2006: le syndrome d'effondrement des colonies ou CCD (colony collapse disorder).

Les symptômes sont caractéristiques: les ouvrières chargées de collecter le nectar et le pollen sur les fleurs ne reviennent pas et il n'y a pratiquement pas d'abeilles mortes ou à l'intérieur de la ruche.

En dépit des financements importants alloués aux recherches, le CCD reste un mystère.

Une étude publiée jeudi affirme toutefois que le phénomène pourrait s'expliquer par l'association d'un virus et d'un champignon.

L'équipe est pilotée par Jeremy Bromenschek, un chercheur qui a longtemps travaillé avec l'armée américaine pour apprendre aux abeilles à détecter les explosifs.

La démarche est simple. Recenser d'abord les protéines présentes à l'intérieur des corps des abeilles mortes de CCD à l'aide d'un spectromètre de masse.

Rechercher ensuite à quels micro-organismes ces éléments appartiennent en utilisant une banque de données de l'armée américaine répertoriant toutes les caractéristiques génétiques d'une énorme quantité de virus, bactéries et champignons.

«C'est le même procédé que Google, on rentre un mot et on trouve ensuite tous les sites où ce dernier est employé», explique Michael DuBow, professeur à l'université Paris-Sud.

Les chercheurs ont pu ainsi identifier près de 3.000 peptides appartenant à pas moins de 900 espèces différentes de micro-organismes.

Une quarantaine de causes possibles

À partir de là, ils se sont intéressés à tous les parasites pathogènes des abeilles, en éliminant tous ceux qui ne se retrouvaient pas dans tous les échantillons.

Au bout du compte, ils ont trouvé deux suspects: un virus appartenant à la famille des Iridoviridae et un champignon microscopique unicellulaire Nosema ceranae, déjà montré du doigt par certains chercheurs comme un des principaux pathogènes des colonies en Europe.

Après avoir contaminé des abeilles en laboratoire avec ces deux pathogènes, ils ont constaté des taux de mortalité de 100%. «Cela ouvre beaucoup de pistes», estime Michael DuBow.

C'est donc l'association du virus et du champignon qui pourrait être à l'origine du CCD.

«Pourquoi pas, admet Yves Le Conte, de l'Inra. C'est peut-être un pas en avant pour le CCD, mais ça n'explique pas tout.

D'une part, cette pathologie n'est à l'origine que d'un tiers des mortalités constatées chez les abeilles américaines.

D'autre part, on ne sait pas pourquoi les abeilles ont attrapé ces deux parasites.
C'est peut-être un pesticide qui a déclenché une baisse d'immunité...»

Un avis partagé par Bernard Vaissière, de l'Inra.
«Est-ce que l'association du virus et du champignon est la cause ou la conséquence de la maladie?

On n'en sait rien. Il nous manque le scénario.

En Europe de l'Ouest, on se focalise en ce moment sur Nosema ceranae qui serait à l'origine de tous les problèmes sanitaires.

Or, une étude publiée en ligne dans Apidologie, montre que ce champignon est présent dans les ruches dans les Balkans sans que les abeilles en pâtissent.»

En 2009, un rapport de l'Afssa dénombrait une quarantaine de causes possibles à l'origine des mortalités et des affaiblissements de colonies d'abeilles.


 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

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Auteur : Par Yves Miserey

Source : www.lefigaro.fr