La direction de Nestlé forcée de s'expliquer sur l'huile de Palme - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 19/04/2010 à 22h48 par Tanka.


LA DIRECTION DE NESTLÉ FORCÉE DE S'EXPLIQUER SUR L'HUILE DE PALME

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
La direction de Nestlé forcée de s'expliquer sur l'huile de Palme

Accusé de détruire l'habitat des orangs-outangs d'Indonésie en utilisant de l'huile de palme, Nestlé, par la voix de son directeur général des opérations, José Lopez, rétorque par sa volonté d'améliorer la traçabilité de ce produit aux utilisations si multiples.

«En fait, je suis d'accord avec Greenpeace.» Ce constat, c'est José Lopez qui le pose. Ce qui ne veut pas dire que le directeur général en charge des opérations de Nestlé soutient l'opération menée jeudi dernier lors de l'Assemblée générale de la multinationale veveysanne – accusée de détruire l'habitat des orangs-outangs d'Indonésie en utilisant de l'huile de palme – par des membres de l'organisation non gouvernementale. Loin de là. Il est simplement d'accord sur le fait que tout doit être entrepris pour empêcher la poursuite de la déforestation en Indonésie, mais aussi ailleurs.

Contrairement aux revendications de Greenpeace, pas question cependant, selon lui, de renoncer totalement à l'utilisation d'huile de palme. La demande pour cette matière première oléagineuse, au rendement très favorable et à usage multiple, croît, entraînant l'abattage accéléré des forêts primaires et portant gravement atteinte à la biodiversité. Une matière première aux vertus contestées, qui catalyse actuellement le malaise croissant autour de la satisfaction des besoins alimentaires de la planète et de l'utilisation toujours plus importante de produits agricoles à des fins énergétiques.

Non au biocarburants

Le géant de Vevey s'oppose en fait fermement aux biocarburants issus des matières premières agricoles. «Déjà sous pression en raison de la croissance démographique, le système d'approvisionnement mondial subit en outre une forte demande liée à la spéculation sur le pétrole», lance celui qui supervise 449 usines dans le monde, employant quelque 150 000 personnes.

«L'affaire est complexe», poursuit José Lopez, en alignant les éléments d'une équation à plusieurs inconnues. Il évoque ainsi les conséquences d'un report de la demande sur d'autres oléagineux «au rendement inférieur, puisque, par exemple, pour obtenir une tonne d'huile de soja 2 hectares sont nécessaires, contre 0,2 ha pour l'huile de palme». Il évoque encore le fait que sur les 137 millions de tonnes produites annuellement dans le monde, une grande partie prend le chemin des friteuses chinoises ou des réservoirs de voitures européennes tournant au diesel. Il évoque aussi les 13 millions de familles qui vivent de cette activité. Et la multinationale de répéter qu'elle n'emploie que 320 000 tonnes de cette huile chaque année, en diminution régulière. Elle qui vient de rompre un contrat avec un fournisseur indonésien contesté, mais qui fournit à son tour d'autres... fournisseurs de Nestlé.

Pas de traçabilité

Le groupe peut-il suivre la trace de l'huile qu'il utilise? Non, avoue José Lopez. Qui aimerait, dans le cadre du moratoire proposé par Nestlé, que tous les intervenants de la chaîne de production s'asseyent à la même table, pour discuter notamment des efforts à faire en matière de traçabilité.

A commencer par les autorités indonésiennes. Comme cela s'est passé, explique-t-il, dans le Mato Grosso brésilien, à propos du soja. Il existe bien un label signé de la RSPO (round table on sustainable palm oil), une organisation dont Nestlé fait partie, mais il est fortement contesté par plusieurs ONG. «La RSPO doit être renforcée», convient José Lopez, en soulignant la nécessité d'un audit indépendant sur l'ensemble de la chaîne de production, des plantations aux consommateurs, en passant par le transport. «Un système de contrôle qui doit être supporté et accepté par toutes les parties prenantes et qui permettra de donner davantage de crédibilité à l'huile de palme.» Une huile «pas si mauvaise que souvent dénoncé», conteste-t-il, en citant notamment sa capacité à rendre plus onctueux certains produits.

Outre l'amélioration de la durabilité et de la traçabilité de la chaîne de production, l'autre piste sur laquelle avance Nestlé revient à améliorer la productivité des plantes, à mettre sur pied un centre de recherche et développement sur l'huile de palme. Comme elle l'a fait à Abidjan pour le cacao. Au message «stoppons l'utilisation de cette matière», José Lopez oppose donc: améliorons son processus de production. Et de conclure: «Arrêtons de parler d'huile de palme, parlons déforestation.» Le poids de la multinationale permettra-t-il d'accélérer la concrétisation de ces bonnes intentions face à l'urgence de la situation? «En tant que leader mondial, nous devons prendre nos responsabilités, mais notre poids reste limité.»

Source : 24heures.ch


Information recueillie par Tanka

Pour en savoir plus sur la situation planétaire