LA DEMOCRATIE CONTEMPORAINE : Réalité ou illusion ? - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 08/04/2010 à 22h14 par Jacques.


LA DEMOCRATIE CONTEMPORAINE : RÉALITÉ OU ILLUSION ?

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LA DEMOCRATIE CONTEMPORAINE : Réalité ou illusion ?

Lassane Ouédraogo, un de nos leaders s'interroge à travers les lignes qui suivent sur le contenu de la démocratie. Il estime que cette dernière est devenue trop assujettie aux pouvoirs financiers.

Généralement comprise comme le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple, la démocratie est idéalement un système de gouvernement capable de respecter les personnes dans l'expression la plus haute de leur liberté.

Dans une démocratie véritable, le pouvoir appartient au peuple qui décide des grandes orientations politiques nationales à travers le suffrage universel. Aujourd'hui, nous assistons à un revirement radical quant à cette vision de la démocratie avec l'avènement d'un nouveau pouvoir, celui des réseaux économiques et financiers.

En effet, qui décide aujourd'hui ? Est-ce que ce sont les citoyens qui décident des politiques nationales ? N'est-ce pas les réalités d'un pouvoir économique qui, dans l'heure qui passe, voit des milliards d'argent circuler par les moyens des autoroutes de l'information et qui ont pratiquement laminé le pouvoir de l'Etat ?

Les véritables maîtres dans les différents pays du monde ne sont plus les gouvernements, mais les dirigeants de groupes multinationaux financiers ou industriels et d'institutions internationales opaques (FMI, Banque mondiale, OCDE, OMC, Banques centrales...).

Les dirigeants de ces groupes ne sont pas démocratiquement élus, malgré l'impact de leurs décisions sur la vie des populations. Aujourd'hui, par exemple, un certain nombre d'acteurs politiques qui se trouvent dans les parlements et qui sont députés, représentant du peuple, sont en même temps dans les conseils d'administration des plus grandes entreprises.

En d'autres termes, on supposerait qu'ils sont autonomes sur le plan politique alors qu'ils sont totalement impliqués sur le plan économique ; c'est une équation qui ne peut pas se résoudre de la sorte.

Au Burkina Faso, la situation est palpable. En effet, les hommes politiques au pouvoir ont en même temps des accointances avec le monde économique, ce qui a des répercussions négatives sur les décisions politiques dans l'intérêt du peuple. La dernière crise sur la vie chère le démontre aisément.

Malgré la détaxation d'un certain nombre de produits de consommation (huile, riz, ...), cela n'a pas été suivi d'effet. L'intérêt du peuple n'est plus une préoccupation pour les gouvernements. Nous assistons donc, de façon générale, à un glissement du pouvoir des mains du peuple vers les multinationales industrielles et les grands groupes financiers.

Le pouvoir de ces organisations s'exerce sur une dimension planétaire, alors que le pouvoir des Etats est limité à une dimension nationale. Par ailleurs, le poids des sociétés multinationales dans les flux financiers a depuis longtemps dépassé celui des Etats.

A dimension transnationale, plus riches que les Etats, mais aussi principales sources de financement des partis politiques de toutes tendances et dans la plupart des pays, ces organisations sont de fait au-dessus de la démocratie. De mon point de vue, la démocratie a déjà cessé d'être une réalité. Les responsables des organisations qui exercent le pouvoir réel ne sont pas élus et le public n'est pas informé de leurs décisions.

La marge d'action des Etats est de plus en plus réduite par des accords économiques internationaux pour lesquels les citoyens n'ont été ni consultés ni informés. La plupart de nos gouvernements sont piégés par ces accords qui ne visent qu'un seul but : le transfert du pouvoir des Etats vers des organisations non élues, au moyen d'un processus appelé « mondialisation ».

Il est évident qu'une suspension brutale et proclamée de la démocratie n'aurait pas manqué de provoquer une révolution ; c'est pourquoi, il a été décidé de maintenir une démocratie de façade et de déplacer le pouvoir réel vers de nouveaux centres de décisions.

Les citoyens que nous sommes, continuons à voter, mais notre vote a été vidé de son contenu. Nous votons pour des responsables qui n'ont plus de pouvoir réel, mais des pantins à la solde des multinationales et des grands groupes financiers. Et c'est bien parce qu'il n'y a plus rien à décider que les programmes politiques des partis au pouvoir et la plupart des partis de l'opposition sont venus à temps se ressembler.

Pour résumer, nous n'avons pas le choix du plat, mais nous avons le choix de la sauce. Le plat s'appelle « nouvel esclavage » avec sauce du pouvoir pimentée ou sauce de l'opposition aigre-douce.

A vous de juger.

Lassane OUEDRAOGO

Source : lefaso.net

Réflexion sélectionnée par Jacques

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

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