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Cette actualité a été publiée le 27/07/2009 à 16h20 par Tanka.


LA DÉFORESTATION MENACE LE SINGE MAGOT

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La déforestation menace le singe magot

Les Eaux et Forêts maintiennent le silence sur ce sujet

D'après l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le singe magot qui est le seul parmi les 20 espèces différentes de macaques à être présents en Afrique, plus précisément au Maroc et en Algérie, est menacé par la dégradation des forêts dans cette région.

La pression humaine dans le Moyen-Atlas ainsi que le surpâturage et la coupe de bois illégale menacent donc l'habitat naturel de ce mammifère. «La conservation des forêts dans la région est essentielle, non seulement pour assurer la survie des espèces fortement menacées, mais également pour garantir l'approvisionnement en eau douce et réduire les risques de désertification et d'autres impacts causés par le changement climatique», a expliqué la directrice générale de l'UICN, Julia Marton-Lefèvre, qui était dernièrement en visite au Maroc pour discuter avec les responsables marocains de plusieurs sujets dont notamment les solutions pour sauver cet animal. Ce dernier est enregistré sur la «Liste rouge» des espèces menacées de l'UICN. «Récemment, des singes magots ont été observés dans le Moyen-Atlas en train de défaire l'écorce des arbres et de sucer des fleurs pour en obtenir le suc, un comportement rare jusqu'à ces dernières années.

Le gouvernement marocain a collaboré avec l'UICN pour découvrir la raison de ce changement de comportement. Des experts ont visité la région et ont constaté que la dégradation des forêts de cèdres et l'accès réduit aux ressources d'eau, en raison de l'installation d'une nouvelle mine, étaient la raison de ce changement de comportement», indique l'UICN. Plus que cela, la disparition du singe magot peut avoir des conséquences négatives sur l'écosystème. Les macaques sont essentiels pour la dispersion des graines dans la forêt. Sans eux, la composition même de la forêt changerait de manière nette. Leur disparition pourrait également affecter la situation économique de cette région puisqu'ils attirent un grand nombre de touristes chaque année. Sur ce dernier point, il faut souligner que les singes magots, exposés sur la place El-Fna à Marrakech, risquent d'altérer l'image de notre pays face à la pression des mouvements écologistes. «Pour ce qui est de la détention des singes à Jamaa El-Fna, il faut souligner que cela fait partie du patrimoine culturel de la cité ocre. Les conditions de cette détention sont inadmissibles. Elles doivent être strictement définies par une réglementation adéquate et contrôlée pour assurer le bien-être de ces pauvres bêtes.

Notre association est disposée à collaborer avec les autorités concernées pour le suivi de ces animaux comme elle le fait pour d'autres animaux dans cette ville, notamment pour les chevaux de calèches dans le cadre d'un arrêté municipal», souligne Abdelhamid Belemlih, président de la Société protectrice des animaux et de la nature (SPANA) Maroc. Autre menace qui pèse sur le singe magot, le trafic illégal dont il fait l'objet en Europe. Pour créer une mobilisation contre ce phénomène, l'UICN a entamé une campagne de sensibilisation dont la création aux Pays-Bas d'un sanctuaire pour les animaux exotiques. D'autre part, une des solutions envisagées par l'UICN pour sauver cette espèce serait la gestion durable des forêts du cèdre du Maroc en partenariat avec toutes les parties concernées par cette question. Nous avons contacté le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la Désertification (HCEFLCD) pour connaître sa politique pour la sauvegarde du singe magot. Malheureusement, ce dernier s'est retranché derrière son silence. La même attitude nous a été opposée par le HCEFLCD, lorsque nous avons demandé des informations détaillées sur les dégâts des derniers incendies de forêts.

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Gouvernance

Après la Tunisie et l'Algérie, la directrice générale de l'UICN, Julia Marton-Lefèvre, a effectué une visite au Maroc du 15 au 17 juillet. Ce haut responsable du Congrès mondial pour la nature s'est entretenu avec les membres du comité UICN-Maroc pour discuter de la gouvernance. Car cette structure nationale n'est toujours pas institutionnalisée. Mme. Marton-Lefèvre a eu, ensuite, une réunion avec Lahoucine Tijani, président-délégué de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l'environnement avant de rencontrer des responsables du cimentier Holcim à Fès. Un rendez-vous qui devait servir à appeler le secteur privé à investir dans la protection de l'environnement.


Par Rachid Tarik | LE MATIN