La conférence de Copenhague sur le climat est un échec catastrophique - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 19/12/2009 à 17h32 par Tanka.


LA CONFÉRENCE DE COPENHAGUE SUR LE CLIMAT EST UN ÉCHEC CATASTROPHIQUE

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
La conférence de Copenhague sur le climat est un échec catastrophique

Information recueillie par Tanka

Résultat de la conférence sur le climat, les animaux ont réagi !

Il faut bien l'avouer : c'était inattendu après tant d'agitation et de mobilisation. Mais, la Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique qui s'est tenue à Copenhague du 7 au 18 décembre 2009 reste un échec quasi complet.

Hier, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a lancé un ultime appel au bon sens, estimant que « le moment est maintenant à nouveau celui du bon sens, du compromis et du courage. Le courage politique, la sagesse politique et le leadership politique doivent prévaloir.(...) Ce sera l'héritage de tous les temps. Ce sera l'héritage. Scellons l'accord aujourd'hui pour le bien commun ». Cet appel n'a pas eu beaucoup de poids face aux intérêts des grandes puissances, y compris émergentes.

Après 10 jours de confusion, les deux derniers jours ont été décisifs pour parvenir enfin à un "Accord de Copenhague", mais celui-ci demeure flou et très insuffisant. Si il affirme bien la nécessité de contenir le réchauffement à + 2 °C par rapport au début de l'ère industrielle, le texte final ne comporte aucun engagement chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2020 ou 2050 et aucune obligation sur l'aide à l'adaptation pour les pays les plus pauvres et donc les plus exposés.

Si l'Europe avait affichée les objectifs les plus ambitieux, les deux premiers pollueurs de la planète, les Etats-Unis et la Chine ont déçu en restant sur des positions qui défendent un système de société à court terme et irresponsable. Pour Nnimmo Bassey, président des Amis de la Terre international : "Copenhague est un échec misérable. La justice climatique a été oubliée et la déclaration finale condamne des millions de personnes, parmi les plus pauvres, à la faim, la souffrance et la mort avec l'accélération des changements climatiques. Nous sommes écoeurés par le refus des pays riches à assumer leurs responsabilités, notamment les États-Unis qui sont les plus grands pollueurs historiques. Ils sacrifient des nations entières pour perpétuer leur gabegie. Pour M. Obama, c'est le sommet de la honte ».

De plus, aucun calendrier n'a été prévu pour la signature d'un traité l'année prochaine : Copenhague représente une régression par rapport à Kyoto et une fin de non recevoir pour la feuille de route conclue à Bali. Rappelons qu'en 2007, les Etats s'étaient mis d'accord pour et négocier pendant deux ans puis conclure à Copenhague un nouvel accord devant entrer en vigueur après l'expiration en 2012 de la première période d'engagement du Protocole de Kyoto.

Déjà le Protocole de Kyoto est critiqué dans son application comme en témoignent les propos de Rajendra Pachauri, Président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) : "Le monde développé n'a vraiment rien fait. Le Protocole de Kyoto est reconnu plutôt par sa violation que par l'adhésion aux limites qui ont été fixées."

Pourtant, même le Protocole de Kyoto, bien léger en terme d'engagement face aux efforts colossaux qui doivent maintenant être fournis, n'est mentionné qu'accessoirement et sans que soit envisagée sa prorogation au-delà de 2012. La contrainte juridique et l'engagement chiffré sont balayés à un moment où le système climatique entame son basculement et va durablement affecter l'humanité.

La conférence des Nations unies "prend note" de l'accord de Copenhague, sans l'entériner. Une liste mentionnera les pays favorables et les pays opposés à cet accord.

Finalement, chaque pays fera ce qu'il veut, avec toutefois un accord sur une communication (uniquement basée sur le volontariat), tous les deux ans, des actions menées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Seul point positif : la mobilisation sans précédent de la société civile et du grand public, même si le sujet paraît bien abstrait et compliqué.

Toujours est-il que les émissions de gaz à effet de serre continuent d'augmenter, chaque décennie est plus chaude que la précédente, tandis que les pays les plus démunis et les plus pauvres peinent à survivre dans un monde où la soif de consommation en biens futiles et une croissance démographique galopante s'épandent comme une peste.

Pour en savoir plus sur la situation planétaire