La chair de pomme OGM - #WikiSurTerre

Retour : Accueil

Cette actualité a été publiée le 25/12/2010 à 15h46 par Tanka.


LA CHAIR DE POMME OGM

  • Google+
  • FaceBook
  • Twitter
  • LinkedIn
La chair de pomme OGM

À une époque de l'année où le vrai, l'authentique et le chaleureux sont de mise — du moins, on l'espère —, la nouvelle fait forcément tache. Dans la région de l'Okanagan, là-bas, si loin, mais près de l'océan Pacifique, un producteur de pommes, également propriétaire d'une boîte de biotechnologie, cherche à faire approuver par les autorités sanitaires américaines une pomme génétiquement modifiée pour ne pas s'oxyder une fois coupée en morceaux.

Une idée contre-nature qui, en flattant dans le sens du poil la superficialité du consommateur, cherche à relancer l'industrie canadienne de la pomme.

C'est The Globe & Mail qui, il y a quelques semaines, a secoué l'arbre pour faire tomber la nouvelle. Neil Carter — le bonhomme en question —, président d'Okanagan Speciality Fruits, une entreprise de Summerland en Colombie-Britannique, rêve de voir sa pomme baptisée l'Arctic se multiplier dans les épiceries américaines. Pour commencer. Particularité du fruit? Un gène a été modifié afin d'empêcher l'oxydation de la chair qui lui donne cette couleur brunâtre une fois entamée et exposée à l'air.

Le processus naturel — que l'on évite facilement avec un peu de jus de citron, entre autres — a le don de refroidir les ardeurs des consommateurs de plus en plus éloignés de la nature et surtout dépourvus face aux techniques séculaires de conservation, celles exploitées par leurs grands-mères pour confectionner ces belles tartes déposées sur le rebord d'une fenêtre, dans un torchon carreauté rouge et blanc.

Et, bien sûr, le bon monsieur Carter a l'intention de tirer profit de cet obscurantisme culinaire avec sa pomme OGM (organisme génétiquement modifié). Il l'envisage même comme une innovation capable de placer la pomme au sommet du marché de la collation, en tranches, dans un sachet à forte valeur ajoutée.

«Si les gens arrêtent de consommer des pommes [à cause de l'oxydation], raconte l'homme dans les pages du quotidien du ROC, les producteurs ne vont pas survivre. Si l'on peut toutefois faire en sorte que les consommateurs en mangent une livre de plus par année, cela va se transformer en gros bénéfices pour l'industrie de la pomme.»

Cupidité et déconnexion

Difficile d'être aussi clair que débranché du monde très complexe de la consommation. Avec sa pomme génétiquement modifiée, le producteur de l'Ouest a de belles ambitions, mais il tend à oublier au passage que cette pomme qui ne brunit pas au contact de l'oxygène contenu dans l'air pourrait éventuellement ne pas intéresser les consommateurs. Et rendre frileux plusieurs producteurs.

Un survol des OGM, dans leur développement historique, aurait d'ailleurs suffi à le convaincre. Un doute? En 1992, la Grande-Bretagne a mis sur le marché une tomate génétiquement modifiée qui avait la capacité de mûrir moins vite que les autres.

Mis en boîte avec la prétention d'être le premier fruit issu du génie génétique au monde, ce précurseur n'a jamais connu le succès commercial escompté, un peu en raison de la réticence des consommateurs à se frotter à des aliments ainsi «trafiqués» et beaucoup à cause du goût détestable du produit.

Cette tomate est devenue une anecdote dans le grand secteur de la biotech, tout comme d'ailleurs la pomme de terre génétiquement modifiée qui a été repoussée du revers de la main par les planteurs de patates. Motif: les grands transformateurs, ceux qui fabriquent des frites congelées et des croustilles aux saveurs toujours très originales — «cheeseburger», «hot-dog» et «ailes de poulet» arrivent certainement au sommet de la liste —, ont préféré contourner le tubercule modifié pour ne pas effrayer et s'aliéner les consommateurs.

Le blé OGM a connu le même sort au début de la décennie 2000, pour les mêmes raisons, les boulangers et autres fabricants de miches refusant de faire entrer la transgenèse dans la bouche des Canadiens avec un aliment de première nécessité.

Pour M. Carter, qui planche depuis plus de 10 ans sur l'éradication de l'oxydation — il a participé à un projet de recherche sur la patate avec des fonds australiens —, les choses auraient donc changé. Il est vrai que, malgré les signaux d'alarme lancés dans les dernières années par les groupes écologistes, les peurs sanitaires liées aux OGM sont encore et toujours théoriques.

Oui, les doutes persistent, mais les certitudes sont rares et, dans ce contexte, quelques producteurs se montrent même curieux, surtout dans une période de désespoir marquée par une baisse de leurs ventes et une concurrence accrue des pomiculteurs étrangers: «Nous traversons une mauvaise passe, confirme Brian Gilroy, l'homme à la tête de l'Association des producteurs de l'Ontario, qui contrôlent 45 % du marché canadien.

Pour lire la suite de l'article, cliquer sur « Source ».

Devenez lanceur d'alertes

Combat pacifique pour la Vie