La bataille pour les biens communs naturels - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 19/08/2011 à 13h08 par Kannie.


LA BATAILLE POUR LES BIENS COMMUNS NATURELS

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La bataille pour les biens communs naturels

 

Titre initial :
La bataille pour les biens communs naturels : portée, expériences de lutte, et stratégies de neutralisation politique

 
Intervention réalisée lors de la 1ère rencontre contre le pillage et la contamination des biens communs, par le pouvoir populaire et le changement social. COMPA Ecología Popular (Ecologie Populaire). Coordinateur d'Organisations et Mouvements Populaires en Argentine :

Je voudrais commencer en remerciant l'invitation à ouvrir cette rencontre. Non seulement pour l'importance qu'elle a, selon moi, dans son intention d'approfondir et de consolider l'articulation de différentes expériences et organisations ; mais aussi pour le challenge qu'elle nous lance, de par son appel à participation lui-même, à débattre des défis que suppose la construction des liens nécessaires entre les luttes de défense des biens communs de la nature.

Ainsi, mon intervention d'aujourd'hui a pour objectif d'apporter quelques éclaircissements à ce sujet. Je vais commencer en partageant certains exemples actuels qui montrent l'importance et le rayonnement de ces luttes et du projet qui soutient et oriente nos actions.

Ensuite, je ferai l'ébauche de quelques unes des raisons structurelles qui permettent d'expliquer et de montrer l'importance des batailles sociopolitiques auxquelles nous nous référons ; et que beaucoup appellent –parfois avec un certain mépris– des conflits environnementaux ou socio environnementaux mais qui, pour des raisons que je vais tenter d'expliquer, ont une projection sociopolitique centrale qui pointe du doigt le coeur des contradictions du capitalisme contemporain et de la forme que ce dernier prend dans ce que l'on appelle le Tiers Monde.

Enfin, je proposerai une conceptualisation provisoire des principales stratégies qui influencent l'exercice des pouvoirs dominants vers la neutralisation du potentiel sociopolitique qui structure ces résistances et conflits. Mais allons-y une partie après l'autre.

Présent et avenir de la portée des luttes pour les biens communs : des exemples actuels et le projet de changement social pour lequel nous luttons

Cela vaut la peine de rappeler que nous parlons de «biens communs» naturels et non plus du concept économique traditionnel de « ressources naturelles ». Et, bien que l'utilisation de l'expression «biens communs» ait une longue histoire, elle est aujourd'hui remise au goût du jour par les récentes luttes sociales en Amérique Latine.

Revenons donc sur la signification politique atteinte par ces luttes sur notre continent et sur la manière dont ces dernières orientent notre projet de changement social. Voyons.

1) Clairement, si on analyse l'histoire récente de l'Amérique Latine et de l'Argentine, ces «biens communs» sont au centre des batailles sociopolitiques dans la majorité de nos pays et cela va crescendo. Non seulement par le nombre croissant de ces luttes mais aussi, et particulièrement, par la capacité d'articulation politique qu'elles ont et par le rôle important qu'elles jouent dans la construction de projets de changement social.

Et tout cela, autant durant la période des résistances au néolibéralisme que durant la crise de légitimité récente de ce dernier et la recherche d'alternatives. On pourrait donner de nombreux exemples de ce fait ; en peu de temps pour cela mais nous pouvons notamment évoquer l'expérience récente de la Bolivie, durant la période allant de la «Guerre de l'Eau» de Cochabamba (2000) à la «Guerre du Gaz» (2003) et «l'Agenda d'Octobre» qui en découle et qui va influencer l'action des mouvements populaires en Bolivie et le premier mandat d'Evo Morales (2006-2009).

Là-bas, clairement, la bataille autour des biens communs est devenu le point d'articulation des résistances au néolibéralisme et le point de départ d'un processus de changement favorisé par un ensemble de forces sociales et politiques qui ont abouti à une proposition pragmatique en ce qui concerne les hydrocarbures, la terre et le territoire.

Pour ajouter quelques références concernant l'Argentine, puisque l'idée est de discuter des mouvements dans notre pays, il suffit simplement de rappeler qu'en 2008, la confrontation sociale a eu tendance à se structurer et à se polariser autour de la question suivante : que faire de la rente extraordinaire des exportations agricoles dans un cadre d'augmentation internationale de leur prix ?

Permettez-moi deux exemples supplémentaires pour bien insister aussi sur les initiatives et les résistances du secteur populaire. Rappelons-nous l'année dernière, la lutte de la communauté de La Primavera du village Qom à Formosa et la répression qu'elle a subi et subit encore –un petit échantillon de ce qu'est le processus d'expulsion des populations paysannes indigènes dans le nord de l'Argentine et le génocide qui a lieu actuellement à l'encontre de ces communautés.

Et, évidemment, l'autre référence majeure qui a eu lieu l'an dernier, est la lutte pour la protection des glaciers menacés par différents projets miniers –en particulier celui de Pascua Lama à San Juan– et l'approbation de la loi nationale avec une bataille toujours ouverte sur une bonne réglementation de la loi et son application effective, bloquée actuellement dans certaines provinces par décision de la justice provinciale.

Quatre exemples –trois concernant l'Argentine, l'autre étant latino-américain– de l'importance politique des luttes pour les biens communs de la nature.

2) Il y a une autre question que je voudrais aborder sur les luttes pour ce que nous appelons les biens communs. J'ai déjà signalé que ce concept nous a été suggéré, promu, par le programme et les pratiques collectives mises en avant essentiellement par les mouvements paysans et indigènes de Notre Amérique. En ce sens, cette référence aux «biens communs» fait partie d'un ensemble de références programmatiques qui ont suivi ces luttes récentes sur notre continent et que nous avons ajoutée à notre vocabulaire et à nos références.

La proposition de souveraineté alimentaire ; la lutte pour le territoire et non seulement pour la terre ; la perspective du «bien vivre» critique des notions de «développement» et de «progrès» ; le respect de la «Pachamama» ou de la «Terre Mère» pour se référer à la nature. En voilà simplement quelques exemples.

En ce sens, parler de biens communs n'est pas neutre ; cela signifie s'installer et installer une perspective de changement social qui guide notre lutte et notre projet et qui suppose une transformation sociale qui, entre autres, remet en question la dualité d'opposition entre société et nature façonnée par le capitalisme.

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Le site étrange qui dérange même les anges !

 

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Auteur : José Seoane

Source : www.rinoceros.org