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Cette actualité a été publiée le 06/03/2010 à 22h52 par Tanka.


LA BARRIÈRE ARCTIQUE REJETTE 8 MILLIONS DE TONNES DE MÉTHANE PAR AN

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La Barrière Arctique rejette 8 millions de tonnes de méthane par an

D'après de récentes découvertes, la Barrière Arctique de l'est sibérien et plus particulièrement le fond marin de cette région, rejette près de 8 millions de tonnes de méthane par an, faisant craindre une accélération du réchauffement climatique.

De grandes quantités de gaz à effet de serre puissants sont rejetés par un fond marin gelé en Sibérie, faisant craindre des fuites encore plus importantes pouvant aviver le réchauffement climatique, d'après ce que des scientifiques ont déclaré.

Les scientifiques ne savent pas encore cependant, si ces émissions Arctique de méthane sont récentes ou si elles existent depuis des siècles –dans la mesure où la Révolution Industrielle du 18ème siècle a conduit à une utilisation massive de carburants fossiles responsables du changement climatique.

L'étude indique qu'environ 8 millions de tonnes de méthane par an, soit l'équivalent du montant total annuel auparavant estimé pour tous les océans du monde, s'échappent de vastes réserves piégées sous le pergélisol qui se trouve dans le fond marin au nord de la Russie.

« Le pergélisol sous-marin perd sa capacité à être imperméable » a déclaré Natalia Shakhova, une scientifique de l'Université de Fairbanks en Alaska. Cette dernière a codirigé l'étude publiée dans l'édition de vendredi du journal Science.

Les experts ont mesuré les taux de méthane, un gaz qui peut être rejeté par la végétation pourrissante, dans l'eau et dans l'air dans 5000 sites de la Barrière Arctique de l'Est Sibérien entre 2003 et 2008. A certains endroits, le méthane était émis depuis le fond marin.

Auparavant, le fond marin était considéré comme une barrière imperméable bloquant le méthane, d'après Natalia Shakhova. Les concentrations actuelles de méthane dans l'Arctique sont les plus élevées en 400 000 ans.

« Personne ne peut répondre à cette question » a-t-elle déclaré en faisant référence aux interrogations concernant l'origine de cette évacuation de méthane (causée par le réchauffement climatique ou par des facteurs naturels ?). Cependant, une augmentation prévue des températures pourrait accélérer la fonte.

« C'est bien que ces émissions soient enregistrées. Mais on ne peut pas réellement dire qu'elles ont augmenté » a déclaré Martin Heimann, un expert de l'Institut Max Planck de Bio-géochimie en Allemagne. Martin Heimann a écrit un article distinct sur le méthane dans le journal Science.

« Ces fuites peuvent avoir eu lieu à tout moment » depuis le dernier Age Glaciaire il y a 10 000 ans, d'après lui. Il a également écrit que le rejet de 8 millions de tonnes de méthane par an était « négligeable » comparé aux émissions mondiales qui représentent 440 millions de tonnes.

L'étude de Natalia Shakhova indique qu'il y a « un besoin urgent » de surveiller la région pour observer des changements potentiels futurs dans la mesure où le pergélisol bloque de grandes quantités de méthane, le deuxième gaz à effet de serre le plus communément rejeté par les activités humaines derrière le dioxyde de carbone.

L'observation et le monitoring pourraient permettre de savoir si cette évacuation est « un phénomène constant ou signale le début d'une période de rejet plus massif » d'après les scientifiques, venant d'institutions de recherche américaines, russes et suédoises.

Le rejet « d'une petite fraction de méthane retenue dans les sédiments de la Barrière Arctique de l'est sibérien pourrait provoquer un réchauffement climatique soudain » ont-ils ajouté.

La Barrière Arctique a parfois été au-dessus du niveau de la mer au cours de l'histoire de la Terre. Lorsqu'elle est submergée, ses températures augmentent de 12 à 17°C car l'eau est plus chaude que l'air. Pendant des milliers d'années, c'est ce qui a pu faire fondre le pergélisol submergé.

Environ 60% du méthane provient des activités humaines telles que les rizières, ou les élevages de bétail. Les sources naturelles, telles que les zones humides, s'occupent du reste des émissions de méthane dans le monde, ainsi que d'autres sources encore relativement peu connues comme les océans, les feux de forêts ou les termites.

Par Sandra BESSON - Source : actualites-news-environnement.com


Information recueillie par Tanka

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