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Cette actualité a été publiée le 29/01/2010 à 20h48 par Tanka.


LA BANQUISE FOND, LA ROUTE S'OUVRE

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La banquise fond, la route s'ouvre

Information recueillie par Tanka

A bord du NGCC « Amundsen », brise-glace de la Garde côtière canadienne, des scientifiques étudient chaque année l'impact écologique de l'ouverture du passage du Nord-Ouest à la navigation, liée au réchauffement climatique.

En silence, leNGCC Amundsen traverse une longue étendue d'eau libre. Puis son étrave touche la glace. Sur la passerelle, il faut maintenant crier pour se faire entendre. Tout vibre. Le bruit est assourdissant. Lentement, le brise-glace de la Garde côtière canadienne ouvre son chenal. L'acier de sa coque souffre et crisse, puis la banquise cède en libérant une eau sombre qui gicle sur ses flancs. Le fracas de tôle froissée ne quittera pratiquement plus le navire. Ceux qui occupent des cabines sous la ligne de flottaison, près du poste d'écoute, devront en plus supporter l'écho lancinant du sonar, qui envoie ses signaux 24 heures sur 24. Nous sommes le 10 octobre 2009, en mer de Beaufort, dans l'océan Arctique, au nord des côtes de l'Alaska, du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest et à l'ouest des îles arctiques du Canada.

C'est la première fois depuis le départ, le 8 octobre dernier, que les marins et les membres de l'équipe scientifique font face à la banquise annuelle dans le passage du Nord-Ouest.

Depuis 1490, ce passage fait rêver

Hier, deux harfangs, ces grandes chouettes arctiques, se sont posés sur le pont. Un bon présage pour une mission d'exploration polaire d'une très grande complexité. Jusqu'au 7 novembre, en effet, l'Amundsen, va servir de laboratoire flottant à une trentaine de scientifiques français, canadiens et allemands spécialistes en glaciologie, météo rologie, géologie, cartographie, sciences de la mer et biologie. Leur mission ? Evaluer l'impact écologique de l'ouverture progressive du passage du Nord-Ouest à la navigation en raison du réchauffement climatique.

La route mythique du passage du Nord-Ouest... Un songe qui naît en 1490 quand Jean Cabot, navigateur vénitien au service du roi d'Angleterre, émet l'hypothèse d'un passage vers l'Orient par le Grand Nord. Au souverain qui l'écoute il promet que ses navires pourraient ainsi dominer les mers et régner sur le monde. Un rêve de gloire qui, pendant plus de trois siècles, va fracasser des dizaines de navires et d'équipages. Martin Frobisher, Vitus Bering, James Cook, John Franklin... Tous ont rêvé de franchir cet étroit réseau de chenaux qui relie l'Atlantique au Pacifique en passant entre les îles arc tiques. En vain. Il faudra attendre les années 1903 à 1906 pour que le Norvégien Roald Amundsen, dont le brise-glace canadien porte aujourd'hui le nom, parvienne à forcer son chemin. Mais la route qu'il emprunte ne permet pas à des navires de fort tonnage de passer. Le grand passage reste partiellement impraticable.

Aujourd'hui, le changement climatique et la spectaculaire fonte des glaces polaires qui l'accompagne ont tout bouleversé. Le visage de l'Arctique a changé définitivement. Depuis 2007, l'été, le passage du Nord-Ouest est désormais presque ouvert et attire toutes les convoitises. L'enjeu est considérable : l'emprunter permet de raccourcir d'au moins 4 000 kilomètres le trajet maritime actuel entre l'Europe et l'Extrême-Orient passant par le canal de Suez. De plus, la mer de Beaufort renfermerait en son sous-sol jusqu'à un quart des réserves mondiales d'hydrocarbures. Une fantastique richesse qui ne cesse de raviver la querelle entre le Canada et les Etats-Unis sur le tracé de leur frontière maritime - sur le 141e méridien, selon les Canadiens, équidistante des côtes pour les Américains.

Depuis le 9 avril 2006, le Canada a pris les devants et considère le passage du Nord-Ouest comme faisant partie des ses eaux intérieures. L'année suivante, le pays a annoncé la création, prévue pour 2015, d'un port en eaux profondes à Nanisivik, au nord de l'île de Baffin, ainsi qu'un renforcement de sa présence militaire et scientifique. Dans ce contexte diplomatique tendu, être vu dans les parages est aussi l'une des missions de l'Amundsen, dont la coque rouge et les structures blanches sont immanquables, même par mauvais temps.

Entre 2007 et 2009, le navire et son équipage ont effectué plus de 450 jours de mer. Presque un record.

Source : lefigaro.fr


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