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L'Ours. Histoire d'un roi déchu - Michel Pastoureau - Le Vrai d'UFO's ;o)

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Cette actualité a été publiée le 31/01/2011 à 13h47 par geof.

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L'Ours. Histoire d'un roi déchu - Michel Pastoureau

Si l'Afrique avait le lion et l'Asie le tigre, l'Europe occidentale a eu pendant des siècles son fauve bien à elle : l'ours. Le fauve plantigrade, longtemps roi du bestiaire européen, a progressivement perdu son trône et sa couronne.

Depuis le Paléolithique, l'ours est au centre des représentations et de l'imaginaire humain. Les hommes partagent alors les grottes, lieux inquiétants mais aussi sanctuaires, avec les ours.

Les hommes n'y vivent pas mais ils viennent y peindre des images rupestres lourdes de sens, mettant en scène l'humain face à l'animal. Les cultes ursins se sont abondamment développés dans la Rome et la Grèce antiques avec le culte d'Artémis, déesse des animaux sauvages, mais surtout dans les contrées germaniques et scandinaves, où l'ours était l'objet de rituels initiatiques de combat, de mise à mort et d'incarnation.

Les chansons de geste et les romans de chevalerie regorgent de hauts faits d'armes menés contre les ours. Le fauve est alors un présent royal, échangé entre monarques européens, pièce maîtresse des ménageries royales et symbole du pouvoir. L'ours entre dans l'héraldique et l'iconographie comme le symbole de la force et du courage d'une lignée.

De tout temps, des légendes ont consacré l'ours comme l'animal le plus puissant du monde, mais aussi comme un prédateur sexuel amateur de jeunes filles humaines. Les récits de rapts et de viols de jeunes femmes par des ours, les légendes d'accouplements contre-nature et de procréation d'êtres monstrueux foisonnent dans l'imaginaire antique et médiéval.

L'ours n'a qu'un seul prédateur, l'homme. Et ce prédateur, après avoir usé d'armes et de pièges, a réussi le tour de force de réduire cette brute animale à presque rien, uniquement par la force de l'esprit et du verbe.

L'Église chrétienne a très tôt vu d'un mauvais oeil le culte rendu à cet animal surpuissant et a tout fait pour dénier la ressemblance anthropomorphique entre l'ours et l'homme : la bête est aussi habile que l'homme, elle s'assoit, se tient debout et peut descendre une paroi dos au vide.

Au fil des siècles, les théologiens et pères de l'Église se sont appliqués à remplacer toutes les fêtes païennes liées au culte ursin par des fêtes chrétiennes dédiées à des saints dont le nom est en raport avec l'ours, de façon étymologique, légendaire ou historique (Ursule, Valentin, Bernard, Martin, etc.)

Les récits hagiographiques montrent l'ours dompté par le saint: l'homme de Dieu est plus fort que la bête la plus puissante du monde animal. L'ours entre ensuite dans le bestiaire infernal du Diable, en devient son attribut principal voire sa représentation la plus courante. "Il incarne presque tous les vices et toutes les forces du Mal". (p. 154)

L'éradication de l'ours est passée par l'avènement d'un nouveau roi des animaux, le lion. C'est ainsi que, dans le Roman de Renart, le roi des animaux est le lion Noble alors que Brun (ou Bernard) n'est qu'un animal stupide, constamment humilié et victime du goupil.

L'ours passe également de bête royale à bête de cirque et devient un attribut voire un accessoire des forains ambulants et des bateleurs. Enchaîné, affublé d'atours ridicules et d'une muselière, l'ours devient une marionnette pitoyable qui danse et jongle sur les places des marchés. Il finira dans le zoo, derrière des grilles, soumis aux regards des curieux. Dans la vénerie et l'art noble de la chasse royale, l'ours perd sa place au profit d'un autre animal royal, le cerf.

Les naturalistes de toutes les époques, comme Pline l'Ancien ou Buffon, ont toujours été incapables de faire entrer le fauve dans leur classification. Mais si l'ours n'incarne plus la brutalité ni la puissance, il trouve d'autres incarnations.

Au tout début du XX° siècle, il devient le compagnon privilégié des enfants américains puis du reste du monde. Teddy Bear, Baloo, Winnie the Pooh, Paddington et Petit Ours Brun ont rendu à l'ours une place de choix dans le coeur des hommes, une place faite de tendresse et de possessivité.

La composition du nom de l'ours est passionnante. La racine indo-européenne du mot ours [art-] s'est déclinée en de nombreuses autres racines dans les langues issues de ce berceau linguistiques: [arct-], [ars-], [ors-], [urs-] et a donné des noms propres comme Artémis, Arcadie, Arthur, Orson, Ursula, etc. La racine germanique et saxonne [ber-], déclinée en [bern-], [bero-], [beorn-], [per-], [pern-], a donné des noms comme Adalbert, Bernard, Berne, Berlin, etc. Mais l'ours est aussi nommé d'après sa couleur, le brun, ce qui donne Bruno ou Brunehilde.

Cette histoire culturelle de l'ours se lit comme un polar où l'ours passe du statut de héros à celui de coupable et de victime. La

bête superbe a presque disparu des contrées françaises et européennes. Le texte de Michel Pastoureau lui rend comme un dernier hommage.

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Auteur : Lili Galipette

Source : www.biblioblog.fr

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Commentaires des internautes

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Commentaire laissé par DEPLANQUE le 31/01/2011 à 21h33

L'ours emblématique pour les petits qui le cajolent dans leur lit pour faire de beaux rêves qui lui parlent pour être réconfortés, doux et si mignon malgré sa rondeur et sa grosse voix de "bonsoir les petits" accompagné de ce petit air si sympathique.

On lui prête des intentions peu louables, le voyant destructeur, pilleur, et dangereux pour l'homme.

Cet ours a autant peu de l'homme que l'homme par sa taille et son comportement l'un avec son fusil l'autre avec son rugissement, le fusil de l'homme faisant plus de ravage que le rugissement.

L'ours se défend de toutes agressions par n'importe quel moyen et ne trouvant plus de ressource pour apaiser sa faim se rapproche des odeurs appétissantes aux alentours des habitations.

Madame la ministre de l'Ecologie devrait instaurer une loi à ce sujet que cet animal soit respecter comme l'emblème européen et pas un jouet qu'on exhibe dans les foires. C'est une honte un scandale de plus !