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Cette actualité a été publiée le 14/05/2010 à 22h13 par Tanka.


L'ONU ALERTE SUR L'ÉROSION INEXORABLE DE LA BIODIVERSITÉ

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L'ONU alerte sur l'érosion inexorable de la biodiversité

L'objectif de stopper la perte de la biodiversité en 2010 n'ayant pas été atteint, l'ONU appelle les pays à agir vite et de manière efficace. Alors que l'extinction des espèces continue, l'enjeu est de mieux évaluer les services écosystémiques.

Après l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), l'ONU confirme à son tour que l'objectif, fixé en 2002 au Sommet de Johannesburg, de stopper la perte de la diversité biologique en 2010 ''n'a pas été atteint'' ! D'autant que plus de 17.000 espèces restent menacées d'extinction, soit 36% des 47.677 espèces répertoriées, et ce malgré des efforts de conservation, selon la dernière Liste Rouge de l'UICN.

Dans son troisième rapport sur les perspectives mondiales de la biodiversité (Global Biodiversity Outlook 3) rendu public le 10 mai, les conclusions de la Convention de l'ONU sur la Diversité Biologique (CDB) ne sont guère plus rassurantes...''Les nouvelles ne sont pas bonnes. Nous continuons à perdre la biodiversité à un rythme jamais vu dans l'histoire.

Le taux d'extinction étant estimé jusqu'à 1.000 fois plus élevé que le taux historique connu jusqu'à ce jour'', a prévenu Ahmed Djoghlaf, secrétaire exécutif de la CDB, en cette Année internationale de la Biodiversité. Selon l'UICN, 21% de tous les mammifères connus, 30% de tous les amphibiens, 12% des oiseaux, 28% des reptiles, mais aussi 37% des poissons d'eau douce, 70% des plantes et 35% des invertébrés répertoriés à ce jour sont menacés.

''Aucun des 21 objectifs secondaires qui accompagnent l'Objectif biodiversité de 2010 ne peut être confirmés comme ayant été atteints de façon définitive au niveau mondial'' : telle est la conclusion de ce rapport basé sur différentes évaluations scientifiques et 110 bilans nationaux issus des pays signataires de la CDB.

Dix des quinze indicateurs principaux développés par la Convention sur la diversité biologique tels que les changements dans les populations des différentes espèces ou leur risque d'extinction, montrent ''des tendances défavorables pour la biodiversité''. Et surtout, aucun pays n'a réussi à atteindre cet objectif 2010, en cette Année internationale de la Biodiversité !

Une extinction des espèces ''continue voire accélérée''

Le déclin de la diversité biologique se poursuit, indique le bilan quadriennal de l'ONU. Les populations de vertébrés ont chuté de près d'un tiers entre 1970 et 2006. Les amphibiens sont parmi les plus touchés. Le rapport a également identifié trois ''points de basculement'', conduisant les écosystèmes ''vers des états moins productifs''.

Parmi ces ''points'' figurent : les récifs coralliens menacés par le changement climatique et l'acidification des océans; le ''dépérissement'' de la forêt amazonienne dû notamment à la déforestation et les incendies mais aussi l'impact de ''l'eutrophisation et la domination des algues'' sur les lacs d'eau douce. La diversité génétique des cultures et de l'élevage ne cesse par ailleurs de décliner dans les systèmes agricoles : plus de 60 races d'élevage se sont éteintes depuis 2000.

Même si des ''progrès'' ont été accomplis comme ''l'augmentation des zones protégées à la fois sur terre et dans les eaux côtières'', les habitats naturels ''continuent de diminuer'' dans le monde.

L'enjeu des services rendus par les écosystèmes

Les cinq principales pressions à l'origine de la perte de biodiversité restent donc constantes voire gagnent en intensité : la réduction de l'habitat, la surexploitation des espèces, la pollution, la présence d'espèces exotiques envahissantes et le changement climatique.

Tous ces impacts sur la diversité biologique ne sont pas sans conséquences sur les nombreux services écosystémiques rendus aux sociétés humaines : nourriture, fibres, médicaments, eau salubre, pollinisation des cultures, filtration des polluants ou encore protection contre les catastrophes naturelles et intempéries, stockage du carbone et fertilisation des sols, divertissement et support de culture...Tous ces systèmes naturels ''qui sont le support de la vie, de l'économie et des moyens de subsistance sur la planète sont menacés de dégradation rapide et d'effondrement'', alerte le rapport.

La hausse démographique, le développement de nouvelles technologies et activités, la surexploitation des ressources, les pollutions chimiques... pèsent de plus en plus sur les écosystèmes. Les gouvernements n'étant pas parvenus à intégrer la biodiversité et ''ses enjeux'' dans leurs décisions politiques.

Par Rachida Boughriet - Source : www.actu-environnement.com


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