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Cette actualité a été publiée le 24/01/2010 à 16h31 par Michel WALTER.


L'OMS MISE EN EXAMEN POUR SES LIENS AVEC LA PHARMA

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L'OMS mise en examen pour ses liens avec la pharma

Information relayée par Le Mich

GRIPPE A (H1N1) | La pandémie touche à sa fin. L'heure des comptes a sonné. Le Conseil de l'Europe vient d'ouvrir une enquête exceptionnelle sur l'influence qu'aurait exercée l'industrie pharmaceutique sur l'OMS. Grâce aux vaccins, elle engrangera 10 milliards de dollars de bénéfices supplémentaires.

L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) l'a annoncé hier: «La vague pandémique due au virus A (H1N1) touche bientôt à sa fin en Suisse.» La semaine dernière, quelque 7300 personnes ont consulté un médecin pour des symptômes grippaux, contre 10000 lors des sept jours précédents. Au final, l'OFSP estime que 1,5 million de Suisses ont été atteints dans le pays, de manière plus ou moins sévère; 528 patients ont dû être hospitalisés, dont 94 aux soins intensifs. En comptant la Genevoise décédée en décembre dernier, mais dont le cas n'a seulement été révélé que mercredi, le nombre de victimes s'élève à seize.

Voilà. Aujourd'hui, la Suisse dort sur une réserve de 13 millions de doses de vaccin, dont une minime partie a été utilisée. Coût de l'opération: 84 millions de francs pour la Confédération, et cette proportion est totalement identique dans tous les pays développés. France, Allemagne, Pays-Bas, Espagne, Etats-Unis: tous tentent aujourd'hui de revendre les surplus, voire de résilier les contrats passés avec les laboratoires pharmaceutiques.

Novartis, Glaxo & Co auditionnés

C'est peu dire que la colère monte. Justifiée ou non. Les suspicions de collusion entre l'Organisation mondiale de la santé – qui a décrété la pandémie et élevé au plus haut niveau le degré d'alerte – gagne désormais les rangs les plus officiels. Ainsi, le Conseil de l'Europe – dont la Suisse actuellement présidente – va ouvrir une enquête sur «l'influence de l'industrie pharmaceutique au sein de l'OMS». La session plénière du 18 janvier y sera entièrement consacrée.

Le 20 janvier, ces mêmes laboratoires – à savoir Sanofi Pasteur, Novartis, GlaxoSmithKline et Baxter – seront audités par le Sénat français. Enfin, le parlement russe (la Douma) est appelé à ouvrir une enquête «pour corruption». Si le délit est avéré, la Russie envisagerait un retrait de l'OMS...

«Des transferts suspects»

L'incendie a réellement été allumé par un membre de la commission Santé du Conseil de l'Europe, le médecin et épidémiologiste allemand Wolfgang Wodarg, qui n'hésite pas à parler de «l'un des plus grands scandales médicaux du siècle. Les laboratoires pharmaceutiques ont organisé la psychose!» Le parlementaire met directement en cause les liens incestueux entre l'OMS et les pharmas. Selon lui, «un groupe de personnes à l'OMS est associé de manière très étroite à l'industrie pharmaceutique».

Pour preuve, Wolfgang Wodarg relève le cas de Klaus Stöhr, longtemps responsable du département épidémiologique à l'OMS et donc en première ligne sur les pandémies, «devenu entre-temps un haut cadre de Novartis». Le problème de l'ESWI (groupe de travail scientifique européen sur la grippe) est également soulevé, lui qui joue le rôle de pivot central entre l'OMS et les instituts de recherche. L'ESWI est ainsi grandement financé par ces mêmes laboratoires qui seront auditionnés la semaine prochaine en France.

Enfin, le mode de financement même de l'Organisation mondiale de la santé, mi-privé, mi-public, ainsi que l'opacité qui l'entoure sont pointés du doigt. Face à cette pluie de critiques, la directrice générale de l'OMS Margaret Chan vient de promettre un processus d'évaluation sur la façon dont a été gérée la pandémie A (H1N1). Il débutera à Genève 18 janvier prochain.

Les coups pleuvent

Pour l'heure, les deux camps ennemis ne se répondent que par médias interposés. Hier, lors du point de presse mensuel sur l'état de la pandémie, le Dr Keiji Fukuda, conseiller spécial sur la grippe à l'OMS, a rejeté point par point toutes les accusations: «Non, nous n'avons pas surévalué les risques de dangerosité du virus! Non, nous n'avons pas changé de définition de la pandémie uniquement pour plaire aux laboratoires pharmaceutiques! Non! Nous ne sommes pas sous influence. Nous disposons de mesures internes pour éviter les conflits d'intérêt. Ainsi, chaque expert que nous consultons est tenu, sous serment, de préciser ses intérêts professionnels et financiers, susceptibles de compromettre l'impartialité de ses avis.»

(...)

Par : ÉLISABETH ECKERT

La Tribune de Genève


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