L'océan, une pompe à chaleur climatique - L'atelier

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Cette actualité a été publiée le 22/05/2010 à 21h56 par Frederic.

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L'océan, une pompe à chaleur climatique

En dépit d'une «pause» relative dans la hausse de la température moyenne de la Terre de 1999 à 2008, l'océan n'a pas cessé de stocker de la chaleur au cours de la dernière décennie.

C'est ce que relève une équipe internationale (Etats-Unis, Allemagne, Japon) dans les colonnes de la revue Nature (1), qui a repris l'ensemble des données disponibles depuis 1993 pour suivre l'énergie stockée dans l'ensemble des océans de la planète.

Les quantités d'énergie en jeu ont de quoi faire pâlir les producteurs d'énergie.

Rien qu'entre 2000 et 2009, l'énergie stockée dans les océans aurait grimpé de l'équivalent de mille milliards de tonnes-équivalent-pétrole, soit environ cent fois la consommation d'énergie annuelle de l'ensemble de l'humanité.

Et sur la période 1993 et 2009, c'est le double!

Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs se sont appuyés sur deux types de données.

D'abord les mesures de bathythermographes immergés lors de campagne scientifiques.

Des données très fragmentaires —et dépendantes des conditions d'utilisations de ces sondes— que John Lyman et ses collègues ont patiemment corrigées à l'aide de données de calibration disponibles, pour dresser une courbe d'évolution de la chaleur stockée entre la surface et une profondeur de 700 mètres (courbe en noir).

Et si la période 2003-2008 est marquée par une hausse moins marquée, l'évolution de 1993 à 2009 confirme bien que l'océan capte de plus en plus de chaleur dans l'atmosphère.

Avec une puissance de captation moyenne évaluée à 0,64 watt par mètre carré (de surface totale terrestre, courbe en rouge), entre zéro et sept cent mètres de profondeur.

La lecture de ces résultats laisse penser que le rythme de captation d'énergie dans les océans a bien diminué au cours de ces dernières années.

Mais seulement après 2003, tandis que la température de l'atmosphère avait entamé sa pause dès 1999.

Un signe qui confirme l'inertie thermique de l'océan.

Pour être sûr de ce qu'ils avancent, Lyman et ses collègues ont aussi repris la formidable moisson d'informations de température récoltée par les trois mille bouées du programme Argo depuis 2003, et publiée cette année par un autre chercheur, Kevin Trenberth.

Ces bouées plongent régulièrement jusqu'à deux mille mètres de profondeur, mesurant la température, les courants et la salinité de l'eau (2).

Ils relèvent là-aussi une hausse de l'énergie captée par les océans, même si elle est plus faible (0,54 Watts par mètre carré, courbe en bleu) que celle déduite de l'autre jeu de données.

Invité par Nature à commenter les travaux de ses collègues, Kevin Trenberth, relève la similitude des résultats, même s'il souligne que des progrès restent à faire dans l'évaluation de la chaleur stockée dans les océans.

Des progrès indispensables pour que l'océan devienne un indicateur fiable de l'évolution du climat.

(1) Edition du 20 mai.

(2) Lire l'article Trois mille bouées à la dérive lèvent un voile sur le climat.

 

Pour en savoir plus sur la situation planétaire

 

........

 

Auteur : Denis Delbecq

Source : mondedurable.science-et-vie.com

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