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Cette actualité a été publiée le 17/12/2009 à 09h08 par Tanka.


L'OCÉAN, GRAND OUBLIÉ DE COPENHAGUE ?

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L'océan, grand oublié de Copenhague ?

Information recueillie par Tanka.

Interview - Meg Caldwell, directrice du Center for Ocean Solutions de l'Université de Standford, répond à nos questions sur l'acidification des océans, souvent présentée comme un « problème jumeau » du changement climatique.

Les océans absorbe 26% des émissions globales de CO2. Un phénomène naturel mais déréglé par les rejets de gaz carbonique dans l'atmosphère dus à l'homme. En se mélangeant à l'eau, le gaz se transforme en acide carbonique et nuit particulièrement à la formation des coquillages et au développement des ptéropodes, des escargots planctoniques à la base de la chaîne alimentaire.

Terra eco : a-t-on aujourd'hui une idée du coût de l'acidification des océans sur les activités humaines ?

Meg Caldwell : « Scott Doney [1] avance le chiffre de 4 milliards de dollars par an, sur le seul secteur de la pêche aux États-Unis. Un océan trop acide devient aussi une menace sérieuse pour les coraux. L'université du Queensland a mené une étude [2] sur l'impact du changement climatique sur le Triangle des corail. Plus de 150 millions de personnes vivent dans cette région [3] et dépendent totalement des ressources de la mer. Si rien n'est fait d'ici la fin du siècle estime cette étude, 90% des ces ressources auront disparu, entrainant des millions de réfugiés climatiques. Il est certain qu'à court terme les océans vont souffrir, et les populations qui en dépendent avec, il nous faut donc trouver des moyens d'atténuer l'acidification et de s'adapter à moyen et long terme.

Existe-t-il des moyens artificiels de rendre les océans moins acide ?

« Il y a bien des expériences d'enrichissement des océans en fer ou en urée (une forme d'azote) menées à grande échelle [4] pour essayer de stimuler la croissance du phytoplancton et l'absorption du carbone par ce dernier, mais aucune d'entre elles ne peut être jugée sérieuse. Personne à ce jour n'a prouvé quoi que ce soit dans le domaine de la géo-ingénierie des océans. Et on ne connait pas les effets sur l'écosystème de tels enrichissements artificiels, qui peuvent se montrer toxiques ou participer à la prolifération de micro-algues avec un risque d'étouffement (hypoxie) de certaines zones, par manque d'oxygène. »

La conférence de Copenhague a-t-elle permis des avancées sur la prise en considération du phénomène , dont on dit souvent qu'il est un « problème jumeau » du climat ?

« Lundi était le jour des océans. Nous en avons parlé toute la journée, du matin au soir. Mais je n'ai pas senti une véritable prise de conscience sur ce problème, peut-être que nos interlocuteurs commençaient à fatiguer après 7 jours de conférence... Pour prendre une comparaison, il y a aujourd'hui de la part des décideurs une compréhension beaucoup plus aiguë du problème de la déforestation, dont les conséquences sont immédiatement visibles, et pourtant les négociations sont particulièrement ardue autour de REDD [5]. Alors imaginez pour les océans, où les choses sont plus difficiles à appréhender...

D'une part on a l'impression que l'océan, immense, et qui absorbe déjà plus d'un quart des émissions mondiale des CO2, a une capacité d'adaptation infinie, d'autre part il est beaucoup plus complexe d'évaluer la fertilité des océans que la productivité des terres agricoles. Nous avons maintenant besoin d'organiser un grand sommet scientifique sur le sujet. Il faut que les chercheurs américains ou européens reviennent vers les responsables de leur pays pour les convaincre de renforcer les travaux sur un phénomène sur lequel on a encore beaucoup de choses à apprendre, car il n'est étudié que depuis le milieu des année 90. »

Évolution des océans : ce qui était prévu, et ce qui ne l'était pas...

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